ACTE III
se mêle toujours ou de reprendre ou de diriger lesautres, quinelrouvejamaisriendebon à ce que Ton fait et qui, depuis qu'il s'adonne aux bonnes œuvres, ne nous marque aucune considération, parce qu'on n'a ni le visage lamentable, ni le vêtement en guenille, ni la main tendue à son aumône.
ANGÉLIQUE
Tu es injuste, Dorine. Mon oncle Anselme est pieux, bienfaisant et charitable, et les œuvres qu'il accomplit sont méritoires.
DORINE
Oui, oui, j'en conviens. Il a même convaincu Léandre de le seconder en ses charités. Ainsi le voit-on avec une gravité et un sérieux qui ne sont pas de son âge.
ANGÉLIQUE
Léandre, pourtant, n'est point mal, mais il me semble qu'il y a du vrai en ce que tu dis. Il a quelque chose de sévère qui m'intimide et j'aurais, Dorine, quelque peine à l'aimer.
l68 LES SCRUPULES DE SGANARELLE
DORINE, moqueuse.
Vous êtes difficile, Mademoiselle. Léandre est g-entilhomme et je n'ai rien dit de lui que vous puissiez me reprocher, si vous veniez à vous mariei" ensemble.
ANGÉLIQUE
Hélas ! Dorine, quand je songe au mariag-e, ce n'est pas à Léandre que je pense.
DORINE
Et à qui donc? -^
ANGÉLIQUE, vivement.
A personne, Dorine. Tout cela n'est que des propos en l'air.
DORINE
Eh bien ! puisque nous badinons^ dites-moi un peu comment devrait être un fiancé à votre souhait.
ANGÉLIQUE, avec feu.
Il faudrait, Dorine, qu'il ait le visage ovale et le teint brun, des yeux sombres et ardents, le nez hardi et la bouche vermeille, la taille bien prise et l'œil audacieux. Il vous saurait