TRILOGIE DE L'APOCALYPSE
l'église, marie et l'ame, ou la maternité divine. la femme couronnée de douze étoiles, son enfantement, ses vertus.
la prostituée de babylone.
le dragon aux sept têtes. le massacre des innocents.
L'artiste a représenté Marie couronnée par son Fils et louée par toutes les générations dans sa gloire. Jean Bougler va lui inspirer une œuvre plus grande encore, un cantique nouveau qui célébrera sa puissance dans l'Église et dans les âmes. L'Ancien Testament'nous offre un admirable épithalame de l'amour divin. L'Époux et l'Épouse se préparent à des noces éternelles, et leurs paroles mystérieuses conviennent également à l'union du Christ avec l'Église, avec Marie ou avec l'âme. Le Nouveau Testament offre dans l'Apocalypse une trilogie semblable. Après le mariage divin s'accomplit la maternité divine dans l'Église et dans les âmes, et la sainte Vierge en a tout l'honneur. Comme elle a été l'Épouse préférée, elle sera aussi la Mère glorieuse du Sauveur; elle donnera à l'Église l'Enfant mâle qui doit gouverner toutes les nations, et elle enfantera, par son union avec son Fils, le peuple chrétien sur le Calvaire.
C'est dans cette composition que Jean Bougler a le plus
montré sa science théologique. Les textes abondent et c'est faute de place qu'il n'en a pas mis davantage. On retrouve des fragments d'inscriptions explicatives de l'Apocalypse, gravées derrière d'autres inscriptions. Les caractères sont plus grands, et on a été obligé d'y renoncer. Outre les textes qui accompagnent les figures de l'Apocalypse, nous voyons au-dessous et des deux côtés de l'Assomption, six personnages présentant des commentaires sur la scène que nous avons à étudier. Nous les citerons selon l'ordre du sujet.
Le personnage le plus éloigné regarde la figure principale et l'explique : « Un grand signe apparaît dans le ciel; une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, criant et enfantant. Cette femme mystique est l'Eglise, qui, par la Vierge, enfanta le fils promis à Abraham et aux Patriarches; le fils qu'elle avait conçu par la foi (i). »
L'Eglise, la cité de Dieu qui doit enfanter le Désiré des nations, est personnifiée dans tytarie, et représentée selon le texte de saint Jean. Elle n'a d'autre vêtement que le soleil qu'elle porte. Sa chevelure tombe sur son sein, où elle est retenue par une bandelette d'or. Elle a les ailes du grand aigle pour s'envoler au désert, au lieu de sa retraite. Deux anges soutiennent au-dessus de sa tête une couronne de douze étoiles. Au-dessous d'elle se voit l'enfant, le peuple chrétien qu'elle porte dans ses entrailles.
Entre l'ensevelissement de la Vierge et son Assomption, quatre docteurs contemplent la femme de l'Apocalypse et expliquent le mystère des douze étoiles qui la couronnent.
(i) Signum magnum appariât in cœlo, mulier amicta sole, luna sub pedibus ejus et in capite ejus corona stellarum duodecim, in utero habens, damans et parturiens. Hœc mystica mulier Ecclesia est quœ per virginem filium peperit quem A brahœ etpatribus promissum flde conceperat. (Ap. xii.)