LES DOUZE ETOILES
Ce sont saint Bernard, saint Anselme, saint Pierre Damien (i) et saint Bonaventure.
Saint Bernard présente le texte : « La première des douze étoiles de cette couronne virginale est la génération royale de Marie. La seconde, la salutation angélique. La troisième, l'intervention du Saint-Esprit. La quatrième, la conception du Fils de Dieu. La cinquième, l'offrande première de la virginité. La sixième, la fécondité sans souillure. La septième, une grossesse sans travail. La huitième, un enfantement sans douleur. La neuvième, la paix de la pudeur. La dixième, la tendresse de l'humilité. La onzième, la grandeur de la foi. La douzième, le martyre du cœur (2). »
Saint Anselme : « Il était convenable que cette pureté qu'on ne peut comprendre plus grande, après celle de Dieu, brillât dans la Vierge, à laquelle Dieu le Père donnait son Fils unique de telle sorte, que, par sa naissance, il devenait le Fils commun et unique de Dieu le Père et de la Vierge. Cette pureté est la couronne de douze étoiles (3). »
Saint Pierre Damien : « Il y a une autre explication des douze étoiles. La première est la communication de Dieu. La seconde, la dignité de mère. La troisième, la pureté des anges. La quatrième, la foi des patriarches.
(1) Nous avons mis le nom de S. Pierre Damien, d'après l'abbé Cazalès. Dom Guépin préfère S. Hildefonse.
(2) Prima duodecim stellarum in hoc virgineœ puritatis corona est regalis Marice generatio. Secunda, angelica salutatio. Tertia,SpiritusSancti superventio. Quarta,ftlii Dei conceptio. Quinta, virginitatis oblatio prima. Sexta, sine corruptione fœcunditas. Septima, utérus sine labore. Octava, sine dolore partus. Nona, mansuetudo verecundiœ. Décima, humilitatis devotio. Undecima, magnanimisfides. Duodecima, cordis martyrium.
(3) Decens erat ut ea puritate, qua major sub Deo nequit intelligi, virgo niteret, cui Deus pater unicum fllium ita daret, ut unus naturaliter esset, ideoque communis Dei Patris et Virginis filius. Hœc est puritas duodecim stellarum corona.
La cinquième, rillumination des prophètes. La sixième, le magistère des apôtres. La septième, la vérité des évangélistes. La huitième, la constance des martyrs. La neuvième, l'abstinence des confesseurs. La dixième, la candeur des vierges. La onzième, la chasteté de Pépouse (i). » L'explication de la douzième étoile manque.
Enfin saint Bonaventure, en quelques mots, surpasse dans sa louange les autres docteurs : « Si vous voulez résumer la signification mystique des douze étoiles de la Vierge que toutes les générations appelent bienheureuse, prenez, si vous le pouvez, dans toutes les créatures, en dehors de l'humanité du Christ, tout ce qui est parfait, tout ce qu'il vaut mieux être ou avoir que ne pas avoir, et ornez-en cette couronne virginale (2). »
La femme, revêtue de lumière, couverte du Christ, du soleil de justice, la femme couronnée de douze étoiles, la femme qui crie avec les Patriarches, et qui souffre avec les Saints pour enfanter, c'est-à-dire, l'Eglise, la Vierge et l'âme fidèle, doit combattre et vaincre le grand dragon roux qui a sept têtes, dix cornes et sur ces têtes, sept diadèmes. Elle en triomphe au moyen des vertus. Aussi entre elle et le peuple chrétien qu'elle enfante, se lit cette inscription : « O vertus, qui du sein de ma mère, avez grandi avec moi en brisant les têtes du
(1) A lia duodecim stellarum ratio. Prima, participatio Dei. Secunda, materna dignitas. Tertia, angelica puritas. Quarta, patriarcharum fides. Quinta, prophetarum illustratio. Sexta, apostoîorum magisterium. Septima, evangelistarum veritas. Octava, martyrum constantia. Nona, confessorum abstinentia. Décima virginum candor. Undecima, nuptiarum castitas.
(2) Ut mysticam duodecim (id est omnium) stellarum coronam virginis per omnes generationes beatœ via compendii considerari valeas, ex omnibus creaturis, citra humanitatem Christi, collige (si liceat) quidquid perfectionis est quod esse vel habere prœstantius est quam non habere, virgina coronœ tribue.