SCULPTURES SUR BOIS
(Palais de Justice. — Salle des Pas-Perdus et stalle de l'église du Bourg-Achard.)
architectural n'appartient plus au sacerdoce, à la religion, à Rome; il est à Timagination, à la poésie, au peuple.
(( Le génie et l'originalité populaires font la besogne que fesaient les évêques... c'est tout au plus si Ton voit encore le dogme percer çà et là sous le nouveau symbole qu'on y dépose.
(( On ne saurait se faire une idée des licences que prennent alors les architectes envers l'Eglise.
c( C'est un moine bachique à oreilles d'âne et le verre en main, riant au nez de toute une communauté, comme sur le lavabo de l'abbaye de Boscherville. »
Interrompons ici le poète, cette figure bachique, que cette citation sauvera désormais de l'oubli, provient de l'abbaye de Saint- Wandrille et est reproduite d'après une gravure au trait de E.-H. Langlois. C'est par cette figure grotesque que nous terminons notre recueil, car cet éclat de rire, s'étalant en plein cloître, justifie bien, selon nous, cette idée que la pensée écrite en pierre, au moyen-àge, avait un privilège tout à fait corn-
parable à notre liberté actuelle de la presse, et qui était la liberté de Tarchitecture.
C'est elle aussi qui, ce nous semble, avec son parti pris de figure enroulée de feuillages présente réunis les trois motifs qui ont guidé les sculpteurs du moyen-âge. D'abord la nécessité de créer un sujet s'encadrant dans un motif architectural, ensuite la raillerie, et de temps à autre cette symbolique confuse, mélangée de souvenirs de fabliaux et de traditions plus confuses encore qui dérouteront longtemps, croj^ons-nous, les partisans du symbolisme à outrance.
ROUEN