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et transformations, ont rendu un grand nombre de sujets extrêmement confus et presque inexplicables.
Une Symbolique confuse mêlée à quelques caprices de leur imagination, telle dut être, selon M. Champfîeury, la règle de ces humbles sculpteurs; règle très-vraisemblable que les symbolisateiirs à outrance perdent trop souvent de vue, h notre avis.
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MOTIF DE SCULPTURE (Palais de Justice. — Salle des Pas-Perdus.}
En commençant son histoire de la Symbolique chrétienne, le domaine des faits est tellement vaste, disait M. Didron (i), la carrière des idées tellement immense qu'en commençant à défricher cette Symbolique du moven- ^Ige nous ne savons pas quand nous finirons, — si nous avons le bonheur de finir jamais. Puis il ajoutait : l'Archéologie chrétienne est à peu près stérile à Tégard de la Symbolique inexploitée ou cultivée par des esprits nuageux; la Symbolique est jonchée de pierres et couverte de ronces. Nous ne nions pas le symbolisme, mais nous ne l'admettons que lorsqu'il sera dûment constaté.
Quatre ans plus tard, M. Tabbé Crosnier (2) publiait son étude sur l'Iconographie chré-
(î) Ann. Archéolog. Tome I. 1844.
(2) Bulletin monumental. 1848. T. XIV.
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tienne. Tout d'abord il maltraitait bien un peu le pauvre xvi^ siècle au détriment des siècles précédents.
« Dès le XIV* siècle, disait-il, la pensée humaine voulait déjà se substituer à la pensée divine; TEvangile était d'une sublimité trop simple, les artistes entreprirent de Tenrichir des caprices de leur imagination.
« C'est à la même époque que Ton voit cette multitude de singes et de figures grimaçantes dont il est difficile d'expliquer le motif, tantôt en culs de lampes et en porte à faux. »
Le XVI* siècle, que le même auteur traite volontiers de dévergondé, fait selon lui succéder le cahos à Tordre admirable, voulant se débarrasser de la foi pour ne conserver que le génie, mais le génie ne fut plus qu'un cadavre infect! La vertu, dit M . Tabbé Crosnier, symbolisée par des formes sensuelles, présentait tout ce que le vice a de plus dégoûtant, et des anges charnus semblaient placés à dessein de faire rougir les petits satyres qu'on leur donnait pour voisins.
<( Les admirateurs de cette prétendue Renaissance — il nous semble cependant assez
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SCULPTURE SUR BOIS (Palais de Justice. — Salle des Pas-Perdus.)
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ditJicile dcn nier l'existence si on ne l'admire pas, ce que nous ne comprenons guère — nous objecterons les nudités et ce qu'ils appellent les obscénités des siècles de foi. Nous leur répondrons, continue M. Tabbé Crosnier, que nos sculpteurs ne cherchaient qu'à inspirer l'horreur du vice en le montrant dans toute sa laideur et que les oeuvres de la Renaissance ne sont que l'expression trop fidèle de la corruption qui régnait alors : Les uns présentaient l'image du vice pour en dégoûter, les autres pour constater son empire. »
Cette apostrophe au xvr siècle est bien un peu violente; mais il y a des gens qui n'aiment pas la Renaissance, paraît-il, et nous Tavons déjà vu. Dans son vocabulaire des attributs et symboles à propos des animaux hybrides à tète humaine sur un corps d'oiseau, de quadrupède, de dragon, etc., etc., i! ne faut pas toujours chercher des symboles dans ces /ig-itres, a dit M. l'abbé Crosnier ; mais lorsqu'on les rencontre dans des pays différents, qu'elles paraissent copiées les unes sur les autres, il est difficile de ne pas y reconnaître une pensée cachée; le caprice ne s'allie pas avec l'uni-
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formité. Cependant, dans ce préambule, il faut reconnaître que cet auteur fait preuve d'une grande modération et que plus d'un symbolisateur à outrance a dépassé de beaucoup ces prudentes théories.
« Nous ne saurions nous dissimuler, dit-il, les difficultés que présente Tétude des animaux réels et fantastiques, que les deux dernières époques de la période romano-bysantine ont admis quelquefois avec tant de profusion dans Tornementation de nos édifices religieux, et que la période ogivale a adopté à son tour. Jusqu'à présent, on a osé à peine aborder cette partie de notre iconographie sacrée.
« Ces formes d'animaux, ces figures bizarres accrochées aux chapiteaux, encadrées dans les modillons du portail, s'allongeant en médaillons ou suspendus en pendentifs ne serontelles à nos yeux que de capricieux produits de rimagination des artistes et de pures fantaisies qu'on tenterait vainement d'expliquer; ou bien devons-nous admettre ici un sens caché et reconnaître de nouveaux symboles? Nous n'avons pas la prétention de résoudre la question; un jour viendra sans doute où cette
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SCULPTURE SUR BOIS (Pabis de Jusiice. - Salle des Pa.<-Perdus.)
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branche intéressante des hiéroglyphes du moyen-àge aura aussi son explication, mais attendons qu'une main habile ait soulevé le voile. »
Telles étaient en 1848 les propres expressions de M. Tabbé Crosnier qui exposait ensuite quelques-unes de ses observations, s'autorisant, disait-il, du symbolisme des siècles de foi, mais évitant de se jeter dans un système exclusive, car c'est le moyen de ne pas trop s'écarter de la vérité.
Il y a trente ans que M. Tabbé Crosnier écrivait ces lignes : un grand nombre d'ouvrages a paru depuis, mais parmi ces travaux combien sont peu nombreux ceux qui nous fournissent des explications vraisemblables, combien sont abondants au contraire ceux dont le point de départ systématique ne leur permet pas davantage d'expliquer clairement ce symbolisme de moyen-âge.
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Dans un résumé rapide de Thistorique de la construction de nos édifices religieux, Victor Hugo, dans un chapitre de Notre-Dame de Paris^ retrace, dans un style superbe, les causes qui donnèrent naissance à ces étranges sculptures.
(( A la période orageuse des Jacqueries, des Pragueries et des Ligues, dit Victor Hugo, Tautorité s'ébranle, Tunité se bifurque. Ce n'est plus comme au temps de Grégoire VH Tunité, rimpénétrable, Tabsolu, partout le prêtre, jamais Thomme
<( La cathédrale, cet édifice dogmatique échappe au prêtre et tombe au pouvoir de Tartiste. L'artiste bâtit à sa guise. Adieu le mystère, le mythe, la loi. Voici la Fantaisie et le Caprice^ pourvu que le prêtre ait sa basilique et son autel il n'a rien à dire, les quatre murs appartiennent à Tartiste. Le livre
XKXV ROUEN. — BOURG-ACHARD (Eure).
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