‹ Les sculptures grotesques et symboliquesChapitre 8 sur 59 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

samment, et si je reviens sur la question, c'est que la première couche de commentateurs ayant dit son dernier mot et mis sa plume au service des cathédrales, le crayon lui succède aujourd'hui, s'adresse plus directement aux yeux et fait sentir la nécessité de Musées de moulages qui parleront encore plus clairement et diront un jour ce que fut l'Art du moyenâge.

Champfleury.

(ROUEN ET environs)

Il y a quarante ans, on publiait à Rouen. un. volume aujourd'hui placé fort honorablement dans toutes les bibliothèques, et qui sous le titre de Stalles de la Cathédrale de Rouen (ij n'était autre chose qu'un recueil de sculptures grotesques et satiriques du Moyen-Age.

Ce volume, dû à un véritable artiste, E.-H. Langlois, du Pont-de-FArche — un archéologue doublé d'un excellent graveur — était orné d'eaux fortes gravées au trait, et devait avoir

(i) Rouen. In-8, avec i3 pL, i838.

dans la pensée de son auteur une suite non moins intéressante.

Le spicndide portail septentrional de la Cathédrale de Rouen, disait en effet Langlois dans son essai sur la Calligraphie du moyenâge (i), est orné d'un nombre prodigieux de figures fantastiques, et Ton ne sait ce que Ton doit le plus admirer : de la folle bizarrerie et de la variété étonnante de ces créations étranges, ou de la haute perfection du ciseau qui les a produites. La publication iconologique de cette merveilleuse tératologie (2) continuait-il, — faisant allusion a un ouvrage de Berger de Xivrey, dans lequel Fauteur cherche a dévoiler le sens s3^mbolique des monstres fabuleux et à concilier la réalité d'absurdités apparentes de l'histoire naturelle au moyenage — formerait une suite fort belle aux Stalles; mais cette idéCy disait Langlois, nest pour moi quun rei^e favori dont je nose espérer la réalisation.

Nous reviendrons plus loin sur ces bas-

(i) Rouen. In-8, pL, 1841.

,(2) Traditions tératologiqucs. Paris, rS'if).

ROUEN

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