II. — COUVENT VIOTOB A ÉTÉ BLESSÉ
486. < Mes amis, dit le maréchal ferrant, j'ai été blessé au mois de décembre 1870. Les Allemands, dans ce temps-là, étaient maîtres de presque tout le nord de la France. Mon régiment était aux bords de la Loire.
457. t L'ennemi était tout près de nous, et nous nous attendions, à tout moment, à être attaqués.
458. c Un jour que ma compagnie était de garde, en avant d'un village, un grand nombre de cavaliers prussiens arrivent sur nous an grand trot.
459. « Nous faisons feu : quelques cavaliers tombent , mais les autres avancent ; nous tirons, noas
tirons toujours ; mais ]es Prussiens avancent en- : core; les voilà sur nous.
46fr. Nous nous défendons à la baïonnette ; mais
Victor reçoit un coup de «h» sur H «le. ils SOnt pltlS nOM-
breux que nous.
46!. «A la fin, fatigué, n'en pouvant plus, je me défendais mal ; je reçois un coup de sabre sur la »ète, «t je tombe.
462. « Nos camarades restés dans le village avaient entendu le bruit de la fusillade.
463. « Quand les cavaliers prussiens, après nons avoir passé sur le corps, arrivèrent près d'eux, ils furent si bien reçus qu'ils s'enfuirent au galop.
m. — viotob, blessé, bbstk soh u neïgb.
464. « Pendant ce temps, j'étais couché sur la terre, qui était couverte de neige.
465. ■ J'avais pu nouer mon mouchoir autour de mon front, pour
tâcher d'arrêter le t^LS Cîf-'^l 1^ -
sang qui coulait, et je me disais !
« On va venir me « relever. »
466. f A chaque instant j'entendais siffler les obus qui partaient d'une batterie prussienne ; des éclats tombaient autour de moi et faisaient voler la neige.
467. «"ATorS je crus" que j'étais perdu. Mes forces s'en allaient. J'étais là, les bras étendus, comme un crucifix. Le froid me gagnait, et il me semblait que tout mon corps était raide.
468. € Je faisais mes prières ; je pensais à mon père, a. ma mère, à notre petit village.
IV, — VIOTOB BBT BELEVi FAB LK9 AMBDLAMCBS.
469. « Mais bientôt je crois entendre derrière moi un léger bruit de pas.
470. f Je me soulève, et j'aperçois des hommes en costume bourgeois qui venaient deux par deux, portant des brancards.
471. * À leur bras était fixé un bandeau blanc marqué d'une croix rouge.