III. — PANURGE ACHÈTE UN MOUTON
314. t Panurge était un malin personnage et un joyeux compère, qui avait couru par le monde.
31b. « Un jour, sur mer, il s'était pris de querelle avec un marchand de moulons. Panurge voulut jouer à son homme un tour de
façon.
316. « Quand il eut fait la paix avec lui, en vidant plus d'un verre, il lui demanda à acheter un de ses moutons. Maître Dindenaut était bien le plus rapace et le plus charlatan des^< marchands de moutons. f
317. « Volontiers, dit-il à Panurgo. Mais regardez-moi ces toisons, comme elles sont épaisses et fines ! Ont-ils d'assez belles cornes, bien plantées sur leur tête ! Quant à leur chair,' elle est si délicate et si savoureuse que c'est un festin de roi. Foi d'honnête homme, je ne les vendrais pas, la pièce, moins de vingt écus . comptant !
318. « C'est beaucoup, dit Panurge; topez là, cependant; tenez, voilà votre argent.