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sif« pourront seuls deviner Fintention de leur adversaire et entrer, pour ainsi dire, dans sa pensée.
Cherchez, au contraire, une parade qui parcourt mécaniquement toutes les lignes ; elle devra rencontrer forcément le fer ennemi dans celle qu*il aura choisie. — Dès lors votre appréhension diminue, votre esprit est plus tranquille, plus • fermement assis dans sa volonté; vous n*avez plus ni incertitude, ni indécision.
Deux sortes de parades, parmi celles que je vous aiénumérées dans notre dernier entretien, peuvent également remplir ce but.
L*une consiste à parer tierce^ ou contre de tierce, — coupé et battement d'épée en quarte.
L'autre à parer soit contre de tierce et contre de quarte successivement, et vice versa, ou contre de quarte et cercle.
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Ces parades bien simples, quoique composées par le fait, parcourent avec rapidité dans leur ensemble les différentes lignes accessibles à Taltaque.
Choisissez celle vers laquelle vous serez plus instinctivement porté ; ce sera celle-là évidemment que vous exécuterez le mieux. — Si vous le voulez même, faites tantôt l'une, tantôt Tautre.
« *- Mais si Ton me trompe à cette parade, ' interrompit le comte de R...?
« — L'escrime vit de loyales perfldies. — Les attaques peuvent être parées, comme les parades peuvent à leur tour être trompées ; c'est le. sort qui les attend tôt ou tard, et la victoire reste au plus agile et au plus rusé.
« Si un professeur pouvait inventer une attaque impossible à parer, ou une parade qui ne pût être trompée, je lui conseillerais de courir bien vite prendre un brevet d'invention, et il pourrait dans toutes les capitales du monde civilisé vendre cher son secret.
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« Tenez, — je vouï; ai dil, je crois, Taulre jour, que la force d'un tireur consistait, selon moi, bien plus dans Tà-propos de son jugement et dans h vitesse de sa main, que dans la Tariété de son jeu; cela est tellement vrai, que le plus grand nombre des tireurs, qu'ils soient amateurs ou professeurs, affectionnent certains coups, soit en attaques, soit en parades, soit en rispotes, et y reviennent toujours, comme vers des amis véritables sur lesquels on ne saurait trop compter.
« Au milieu des phases diverses d'un assaut, les mêmes coups souvent ne se ressemblent pas; ils varient de forme, et se modiflent dans leur exécution, selon l'individualité du tireur que l'on combat ; — c'est là, leur grande force.
€ Si parmr vous, messieurs, quelques-uns n'ont pas touché un fleuret de leur vie, il y en a aussi qui ont étudié Tescrime et qui sont connaisseurs et tireurs habiles ; — c'est à ceux-là que je m'adresse aujourd'hui.
» --Ji5Q9 106 ecj^i»^
< Donc , poursuivant mon raisonnement , je prends la parade la plus simple, celle de quarte,
* Combien de fois ne varie-t-elle pas? — Combien de fois ne se transforme-t-elle pas?
« Légère avec celui-ci, — vigoureuse, violente presque avec celui-là, — haute ou basse, se prêtant à toutes les exigences et répondant ^à tous les appels.
tf Suivez-là ; — tantôt elle quitte subitement le fer après l'avoir rencontré, — tantôt, au contraire, elle le maintient et le domine.
€ C'est cette variété, cette transformation dans l'exécution qui constitue le vrai tireur.
« Celui, je vous le répète, qui se contente de réciter une leçon apprise, quelque couramment qu'il la sache, ne sera jamais qu'un élève, rien de plus, ou un perroquet ; — il peut choisir. »
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Je lisais dans un de ces vieux traités qui dorment oubliés au fond de votre bibliothèque, mon cherC..., ces quelques lignes que j'ai notées parce ce qu'elles m'ont frappé :
Car combien que la loy de suivre les mouvements fiaturels doive estre inviolable, toutefois, il faut détendre que la nécessité n'en a nulle, et qu'elle enfonce UnUcs loyx qiAelque stables qu'elles puissent être.
Ged date de 1600.
n ne faudrait certainement pas abuser de cette maxime un peu large ; mais en user, surtout en anneSy me parait bon et utile.
Vous le voyez, messieurs, je cause avec vous un peu au hasard, suivant les idées comme elles me viennent, mais cherchant surtout à appeler
votre attention, sur tous les points qui me paraissent avoir quelque importance.
Après les parades viennent les ripostes. — Sur ce sujet quelques mots suffisent.
N'oubliez jamais que la parade et la riposte sont deux sœurs jumelles, qui, loin Tune de l'autre, perdent Tessence même de leur vitalité.
La riposte doit être tellement liée à la parade, qu'elle peut en ôlre rcf^ardée comme la seconde partie.
• Donc, en principe général, ripostez dans la ligne où vous avez rencontré l'épée.
En changer, c'est perdre du temps;— c'est souvent laisser à votre adversaire la possibilitti de se reconnaître, de remiser ou de redoubler.— Surtout ne retirez jamais le bras, car alors votre riposte est perdue; — c'est de l'or que vous jetez sur le pavé.
Si vous avez jugé que votre adversaire vous
attend dans la ligne directe, et que son attaque n'avait pour but que de vous y entraîner, ou si vous avez remarqué qu'il se couvre puissamment de ce côté, en vous laissant libre accès dans une autre direction, alors évitez le piège par un dégagement ou un coupé; mais ne faites qu'une feinte, jamais deux. — Car dans ce dernier cas, si vous réussissiez une fois, ce serait une victoire qui pourrait plus tard vous coûter cher. — A toute chose, il faut savoir mettre le prix, et ne pas être trQp prodigue, si l'on ne veut finir par se ruinera coup sûr.
Notre conversation aujourd'hui, repris-je après un instant de silence, si elle n'a pas été longue, a du moins été très-sérieuse.— Je me plains seulement de n'avoir pas été assez interrompu.
« —Nous vous avons écouté, dit le comte deR..., et écouté avec grande attention, car, vous l'avez dit, le point que vous traitiez était capital.
c — Eh bien ! mon cher, repris-je, si vous étiez président d'une cour quelconque et que vous dussiez résumer les débats en quelques mots, — que diriez-vous ?
c — Je les résumerais très-clairement, répondit le comte de R..., je dirais :
« La leçon, c'est l'étude. — L*assaut, c'est la personnification du tireur livré à son inspiration.
<r Les seuls conseils que l'on puisse donner, ce sont ceux qui ont régi de tout temps l'attaque et la défense.
« Dans l'attaque, l'énergie jointe à une prudence sagement raisonnée. — Dans la défense, la fermeté, Ja ruse, la confiance en soi. »
Puis, passant de l'ensemble aux questions de détails, c'est-à-dire d'exécution, j'ajouterais :
« Un grand tort, une grande erreur, c'est d'avoir frappé, pour ainsi dire, d'interdit les coups
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dans les lignes entièrement basses, ce qui n'habitue pas à garder sévèrement ces parties du corps où, dans une rencontre sérieuse, le fer ennemi peut vous atteindre d*un coup mortel.
« Parez généralement en rompant pour donner à la parade une double sécurité, et à la riposte plus de liberté d'action. — Paites-Ie de pied ferme, lorsque vous croirez avoir jugé un coup, et tenir votre adversaire dans une impasse dont il ne peut s'échapper.
« — Mon cher, interrompis-je, vous résumez admirablement ce que je viens de vous expliquer en détail, et vous traduisez ma pensée avec une grande clarté.
« — Merci du compliment, me répondit le comte deR..., jeterminp :
« Pour laisser à l'esprit sa liberté de pensée entière, et ne pas le tenir sous le poids d'une préoccupation perpétuelle, employez en général une parade composée qui, parcourant toutes les lignes.
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doit y rencontrer forcément Tépée. — Ripostez toujours dans la ligne droite, évitez surtout les feintes qui permettent les remises et les redoublements. — Est-ce bien cela?
« — Au grand complet, cher maître. — Demain nous parlerons de Tattaque; et à ce sujet nous nous occuperons de ce qu'on appelle : — le sentiment du fer,
« C'est un souverain que Ton voudrait faire ab- »solu, et auquel je voudrais bien demander pour un confrère de très-noble maison une petite part de son trône et de sa couronne. »