‹ Les secrets de l'épéeChapitre 12 sur 19 · SIXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

SIXIÈME SOIRÉE

Dès que nous fûmes tous réuuis dans le lieu habituel de nos conversations, je commençai aussitôt :

Ne voulant pas, et ne pouvant pas, messieurs, dans nos entretiens, entrer dans les détails pratiques de cette mine féconde à laquelle un esprit intelligent, hardi, vigoureux, peut pu\ser ses inspirations j'ai dû , vous le voyez, en envisager l'en-

semble; car, du moment qu'il s'agit, en armes, d'un assaut, et d'un assaut raisonné, réfléchi, — l'étude et la science ont déjà porté leurs fruits.

Je vous ai parlé des parades et des ripostes, dont la leçon vous a démontré l'usage. — Vous savez ce que l'on peut demander au tact de l'épée, au sentiment du fer, à l'électricité du regard, il me reste à vous dire quelques mots sur les attaques :

L'attaque est plus dangereuse que la parade.

On se livre, au lieu d'attendre. — Et la grande difficulté est de savoir se livrer assez, mais pas trop.

La prudence doit sans cesse y avoir sa part; mais la prudence n'est pas l'indécision. — Je vous l'ai dit : je regarde comme indispensable de pouvoir, de vouloir, et de chercher à combattre tous les jeux, même ceux qui sont à peine dignes de ce nom, ou, pour mieux dire, qui en sont complètement indignes. — Mais enfin, ces jeux existent; aussi faut-il les empêcher de parler haut et surtout de croire en eux-mêmes.

II est important pour la puissance morale de Tescrime, que ceux qui ne savent rien en armes, ou du moins fort peu de chose, ne puissent s*imaginer pouvoir, par le seul secours d*une énergie et d'un élan aveugles, se défendre contre celui dont la main sait manier une épée;— il faut que la confiance, cette principale force de la force, ne soit pas le partage de Tignorance , aux dépens de la science et de l'étude.

Revenons aux différentes phases que peut subir un assaut.

Si je vois un tireur engager le fer, aussitôt en garde, et accumuler attaques sur attaques, bottes sur bottes, coups sur coups, sans avoir, par des tâtonnements indispensables et des demi-attaques prudemment combinées, cherché le fort et le faible de son adversaire, l'interrogeant de loin, le sondant

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peu à peu;— pour moi ce tireur est aussitôt jugé. D peut avoir de la rapidité de main, de l'acquis comme exécution, mais celui-là tire bien plus en aveugle, môme en engageant le fer, que celui qui se tient à longue mesure, dérobant tantôt son épée, .tantôt, au contraire, la donnant subitement ou s'emparant de celle de son adversaire avec confiance et résolution.

«•—Il est probable, interrompit le comte de R..., que dans quelques vingtaines d'années d'ici, de nouvelles théories viendront renverser ces inno-, vations si combattues aujourd'hui, et qu'elles seront à leur tour traitées de vieilleries.

< — C'est le sort de toutes choses. La formie changera peut-être, sûrement môme; mais le fond restera. — En voulez- vous une preuve?

Je vous parlais l'autre jour de certains vieux bouquins sur les armes, que je comptais feuilleter. Je n'ai qu'une parole; je les ai lus en entier sans plaisir, mais avec une conscience qui ne voulait

avoir rien k se reprocher; et j'y ai trouvé entre autres ces deux passages :

Celui-ci, sur les marches^ date du xvn« siècle, c'est-à-dire de deux cents ans environ :

« La raison pourquoy on observe ceste inègalle quanstiU de pas est qu'on tient, par ce moyen, ï adversaire tousiours en suspens et incertain de ce que nous ferons. Car si nous poursuivons, nosire action touiours dtune mesme manière et avec mcsme quantité de pas, il pourrait estre que Vennemy feroit sy bien son conte qu*U not^ altraperoit, non-seulement en la place où il nous void, mais aussi en celle où il sçauroit quil nous faudrait venir; ce qui lui est, par ce moyen, empeschi. »

Ne dirait-on pas que ceci est écrit de nos jours; et quel professeur, même le plus habile, pourrait s'exprimer plus clairement et plus logiquement?

Les armes pourtant étaient très-dissemblables :

elles frappaient lourdement de taille et de pointe, se maniaient tantôt à une main, tantôt à deux; mais la règle du jugement, de la prudence, de la ruse, était la même, comme elle restera la même dans cent ans.

Pour vous démontrer, une fois de plus , que cette école si décriée, il y a quelques années, n*a pas inventé des monstruosités, et que le tact du regard, dont je vous parlais hier, se lie intimement au tact du toucher ^ j*ai recueilli ces quelques lignes» toujours concernant les attaques.

« // s'ensuit que tout l'advantage de l'art consiste en Vasseurance de faire les approches^ ce qui ne peut estre pratiqué sans avoir entière cognoissance de Fimportance du sentiment et de la veue; et croyez que ny la vitesse du corps ny la promptitude du bras ne sont rien auprès d'une bonne approcl^e, »

Voilà qui est triste à avouer; au lieu d*âtre des novateurs, il se trouve que nous ne sommes que des plagiaires.

Je pourrais multiplier mes citations et me venger sur vous d'avoir sL consciencieusement feuilleté mes vieux bouquins; mais je suis généreux, j'ai voulu seulement vous montrer que ce qui parait nouveau est bien souvent tout près d'élrc très-vieux.

« — Je continue mes interrogations, reprit le comte de R.... Tout à l'heure vous parliez des feintes et de la tension d*épée. Certes, il était ridicule de vouloir forcer l'adversaire à suivre toutes les sinuosités qu'il plaisait à un -tireur de décrire avec la pointe de son épée; mais ne trouvez-vous pas, que Ton abuse aujourd'hui singulièrement de Tépée tendue à tout propos?

c — Oui, ceux qui en abusent, ou plutôt ceux qui en usent mal, ce qui est le synonyme.

L'excès en tout est un défaut , et j'avoue avec

vous, pour peu que cela vous soit agréable, que

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ce mouvement, plutôt instinctif que raisonné, est devenu le refugium de ceux qui ne peuvent pas parer; — mais, prenons-y garde > un refugium, dont il est bien difûcile souvent de les débusquer. Ceux qui tendent sans raisonnement aucun, si nous parlons science, je vous les abandonne,' mais, comme difriculté à surmonter, je veux que vous vous en préoccupiez sérieusement.

Avant de continuer, laissez-moi ouvrir une parenthèse :

Il y a le coup d'arrtt et le coup de temps.

Le coup d* arrêt se prend sur les marches imprudentes, sur les attaques composées faites en retirant la main , sur toutes celles enfin qui laissent le corps à découvert.

Le cotj^ de temps est plutôt, à vrai dire, une parade d'opposition, — la plus dangereuse de toutes les parades, car elle vous laisse entièrement livré et sans défense, si elle est trompée.

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fai TU tous les professeurs renseigner dans les leçons (conuue exercice sans doute) ; mais j*en ai TO bien peu le mettre en pratique dans un assaut — Ce coup n'offre aycun avantage, mais, en revanche, il a de graves inconvénients.

Je voudrais le voir à jamais chassé de Tescrime, comme le furentJes vendeurs du temple saint .

Vous m*avez bien compris, n'est-ce pas?

Le coup de temps se prend sur la finale d'une attaque, lorsque vous croyez avoir jugé le coup et deviné la ligne où il se terminera. — Parez donc alors ; car si vous vous trompez, — et qui ne se trompepas? — il vous reste au moins la ressource d'une nouvelle parade. Le coup de temps ^ au contraire, pris à tort devient coup double^ et pour un qui serait de bonne monnaie, que de fausse monnaie vous jetteriez dans la circulation I

Le coup (Tarrêty qui se prend, comme je vous le disais, sur la marche, expose moins.

Aussi sur celui qui tend à tout propos, n'attaquez jamais, sans vous être emparé de son épée; vous le réduirez à l'impuissance.

Certes on tend beaucoup plus l'épée qu'on ne le faisait autrefois, parce qu'on avait abandonné ce système en usage, depuis fort longtemps, pour en pratiquer un autre, qui lui aussi, a été porté à l'excès, celui des feintes et du jeu de l'épée.

Se fendre en arrière en abaissant le corps, de manière à ce que l'altaque de. l'adversaire passe par-dessus la tète, n'est pas non plus une innovation due à celte école si pompeusement décorée du nom de Romantisme. — C'est un vieux coup, un fort vieux coup; et s'il n'est pas renouvelé des Grecs; il n'en est pas plus nouveau pour cela.

Toutefois, croyez-moi, à moins que l'élan imprudent et excessif de votre adversaire ne vous y oblige, usez de ce coup avec sobriété, et dans le but de faire comprendre que vous êtes en éveil ;

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vons Tempècherez de se jetçr ainsi à tout propos sur vous.

Tadmire un ' coup i arrêt bien pris , mais a la condition, que pendant le même assaut, vous n*en prendrez pas plusieurs faussement jugés, car il est clair alors que le hasard a été votre- seul guide.

Je parle ici comme science. — Entendons-nous bien.

Si quelqu'un me dit : «Je sais fort peu de chose, je me défends comme je peux, v — A celui-là je permets toutes les fautes qu'il lui plaira d'imaginer; c'est son droit et sa seule science.

Mais vous, tireurs experts, vous ne (levez pa^ faire de fautes, ou, du moins, évitez-le autant que vous le pourrez.

Certes, au risque d'être lapidé par les théoriciens, je dirai à un tireur d'armes :

« Avant tout, soyez dangereux, difficUe, puisque c'est le mot consacré. — Hors cette qualité-là^ pas de salut ; — c*est de la fantasia, votre épée Ben sans cesse chargée à poudre seulement »

Mais que Ton se garde bien de donner à ces paroles plus de portée qu'elles n'en ont véritablement.

Elles disent :

— Suivez l'instinct de votre nature , l'inspiration de votre pensée; soyez vous-même, au lieu d'être une leçon vivante. — Mais elles ne tendent pas à faire de l'escrime un jeu systématique et acrobatique sans portée, sans jugement, sans but, un bondissement semblable à celui d'une béte fauve. blessée à mort. — U serait aussi mauvais de prendre de semblables exceptions pour modèles, qu'il serait injuste de s'en servir pour attaquer les innovations de la nouvelle école.

Que ces soi-disant tireurs touchent une fois ou deux, par hasard ou par surprise, cela se peut.

car le hasard, je l'ai bien souvent répété, se met toujours de la partie ; mais rescrime n'a rien à juger dans ces sortes de luttes, qui ressemblent par trop à celles du pugilat; et ces excentricités sans valeur qui, n*admettant aucun principe, sont les fils de leur ignorance, ne tiennent d'aucune école, et n'ont de racines nulle part.— Il ne faut pourtant pas les dédaigner, sans vouloir les combattre, mais bien les dédaigner, après les avoir combattues.

« — A la bonne heure, vous êtes dans le vrai, médit M.' de G....

« — Attendez, je n'ai pas encore fini ; — j'ajoute que je crois peu, pour ma part , à ces récits souvent répétés de maîtres d'armes tués par des conscrits. — Gela peut arriver, comme, dans la rue, uùe cheminée peut aussi vous tomber sur la tête. Mais je crois que si l'on faisait une règle . de proportion, elle détruirait bien vite cet illogisme.

Il y a des personnes qui portent fort loin la

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façon de se croire dangereuses , et de ne pas être touchées.

En voici des exemples qui courent, je ne dis pas les rues , — mais les salles d'armes.

Un tireur vous attaque; — vous parez ; — il reste couché ou pelotonné sur lui-même ; votre riposte Tatteint, soit au masque, soit dans le dos, soit an bras; alors il se relève et dit avec indifférence : — « Touché au masque, — touché dans le dos,— touché au bras. »•

Au masque, monsieur! — Mais ce coup d*épée vous traversait la tôte, en passant par la cervelle, ce qui ne vaut guère moins que de vous traverser la poitrine, en passant par les poumons. — Cet autre coup vous entrait de six pouces dans le dos. — Celui-là vous traversait le bras, puis la poitrine ensuite. — Vous mettez votre tête, votre dos, votre bras, là, où devrait être votre poitrine; je touche ce que je vois et je m'en contente fort bien.

Ce n'est pas éviter, ou parer un coup, que de remplacer la partie qui devrait être atteinte par

une autre qu'on livre sans défense , — ô*est tout au plus faire du libre échange.

Croyez-vous, par hasard, que ces tireurs-là agiraient de même, s*ils avaient devant eux la pointe d'une épée, au lieu du bouton d'un fleuret, et se supposeraient hors de danger en s'exposant à avoir la tête, le dos ou le cou traversé. — Ce ne sont pas là des blessures légères que puissent dédaigner celui qui les reçoit.

Croyez-le bien, la pointe d'une épée est une réalité qui fait disparaître bien des fantômes.

Supposez-vous aussi, par hasard, qu'on aimerait beaucoup dans une rencontre sérieuse, risquer des coups pour coups qui touchent gravement l'adversaire, c'est possible, mais qui vous transpersent aussi, de part en part? — Pour se servir d'un semblable moyen , il ne faut ne pas en avoir d'autres à sa disposition.

Gela est tellement vrai que, si tous mettez des épées boutonnées à la main de deux tireurs dans une salle d*armes, déjà Tassant ne ressemble en rien à ce qu'il eût été avec de simples fleurets.— On dirait que les lames des épées, — devenues cependant inoffensives,— ont conservé en elles quelque chose du combat réel, de la lutte véritable d*homme à homme, poitrine nue contre pointe d'acier.

Ce n'est déjà plus cet élan inconsidéré, ces coups brillants, souvent plus hardis que raisonnes. — Chacun des deux adversaires a pris au sérieux, et à.son insu, ce qui cependant n'est qu'un jeu, et se dit en soi-même : — « Voyons, qu'adviendrait-il, si c'était un combat véritable? »

La monture de Tépée, qui est d'une autre forme, le bruit strident et acéré des deux lames qui se touchent,, produisent déjà leur effet. — On se guette de loin, on s'étudie, on se menace; les deux épées enfin se parlent du bout des lèvres.

Vous pourrez, du reste, vous convaincre de ee

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que je tous dis^ toutes les fois qu*il vous prendra fantaisie d'assister à une semblable épreuve.

Si cette différence existe déjà du fleuret à Tépée boutonnée, croyez-moi, elle se traduit bien plus visiblement de Tépée boutonnée à l'épée pointue.

Les excentricités se calment, et ceux qui se jetaient en aveugle , parce qu'ils ne risquaient rien qu'un coup de bouton sur une veste de peau, cherchent à y voir un peu plus clair. — C'est un sentiment naturel, instinctif; — les exceptions sont rares; et pour ne pas être intimidé, le jour venu,, par ces exceptions, il est bon d*avoir fait leur connaissance, bonne ou mauvaise.

« — Ainsi, dit M. de G..., vous approuvez que Ton fasse quelquefois des armes avec des épées boutonnées?

« ^ Non-seulement quelquefois, mais souvent.

Noih-seulement dans les assauts , mais aussi pour les leçons. Le poids est différent; la lame est

large, droite, sans flexibilité : elle donne à la main de l'aplomb, de la justesse et de la tenue.

c — Mais, reprit tout à coup un des assistants, vous ne nous avez pas parlé du jeu des gauchers.

c — C*est vrai , mon excuse est qu*il y a peu de choses à dire; et les traités d'escrime si prolixes sur les autres sujets, s'en occupent euxmêmes très-succinctement ; car il n'existe aucune règle qui leur soit personnellement et exceptionnellement applicable.

« ^ Us présentent pourtant une grande difficulté?

« — Une difliculté relative, oui ; — et un de mes amis (gaucher, cela va sans dire), soutenait que c'était un bruit répandu par les droitiers. L'axiome est plus spirituel que juste, et je suis prêt à dé-

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clarer, qu'en effet les gauchers offrent des difficultés réelles à ceux qui n*0Dt pas Thabitude de faire des armes avec eux.

Leur seul avantage réel est de pouvoir tirer avec des droitiers, plus souvent que des droitiers ne le font avec des gauchers.

Une fois cette habitude prise, la difficulté disparaît.

Mais ce qui ne disparaît pas , c'est le danger bien plus grand que court le gaucher dans une rencontre sérieuse, en présentant le côté gauche de la poitrine.

rajoute, et ceci à l'adresse de MM. les professeurs, que l'avantage d'un gaucher, consistant surtout dans son incognito, serait nul, s*ils prenaient l'habitude de donner quelquefois leurs leçons de la main gauche.— Quelques-uns le font et ils font bien.

En effet, le gaucher a-t-il à sa disposition un seul coup ou une seule parade qui ne soit aussi à la disposition du droitier? non certainement. Seulement celui-ci, par manque d'habitude,

éprouve plus de difficultés à ajuster ses coups, par la raison que le dedam des armes devient h dehors^ — et vice versa.

Le gaucher cherche à s'emparer du d^sut des armes, qui s'appelle quarte^ vous le savez. Cette position lui est plus favorable, il est donc de trèsbonne guerre de chercher par tous les moyens à la lui disputer. La ligne de dessous est celle où il est ordinairement le plus diflicile de l'atteindre.

Voici pour la règle générale, car vous devez comprendre que le jeu des gauchers varie autant que celui des droitiers, bien qu'on ait voulu parfois soutenir le contraire. —Si tous les gauchers devaient se ressembler comme les doigts d'une même main , avouez qu'il ne serait pas difficile de les apprendre par cœur.

Vous le voyez, messieurs, dans ces conversations, je cherche à ne rien oublier de ce qui peut

intéretser ceox qui aiment Tescrime et cens qui pourraient et voudraient Taimer. — Je m'attache à (kire ressortir avec soin les détails essentiels, négligeant volontairement cette multiplicité de nuances qui surchargerait le tableau et empècbenûtd'en bien saisir Tensemble.— Ces nuances, je le répète, résultat de Texpérience et de l'habitude, se conquièrent plutôt qu'elles ne s'apprennent, par le froissement du fer contre le fer, par la variété des jeux que l'on combat, par les difficultés imprévues, soudaines, qui surgissent tout à coup.

Voyez ce jeune homme qui entre dans le monde, d'abord gauche, timide, sans usages ; il ne sait, dans un salon, ni s'asseoir, ni marcher, ni parler; mais bientôt, san^ avoir pris de professeur, seulement par le frottement, pour ainsi dire, de sa vie de chaque jour avec celles d'autres personnes plus âgées et plus expérimentées que lui, il acquiert du monde, de l'aisance, de la tenue , du savoir-vivre.

Il en est de même des armes.— La ruse, la ûnesse.

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le tact,rà-propos, viennent, petit à petit, comme les plumes poussent graduellement aux ailes; mais souvenez-vous que la leçon et les exercices du plastron sont vos premiers maîtres, et ne les abandonnez pas.

Ce serait être ingrat; —l'ingratitude est un vilain défaut; elle ne porte jamais bonheur.

Je ne vois plus trop , messieurs , ce que j'aurais encore à vous dire, et je serai bien embarrassé demain, si vous ne venez pas à mon aide.

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