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I. Mort à Paris le 31 octobre

a. Mort le 9 juillet 1837.

Saint-Louis, officier de la Légion d'honneur, âgé de cinquante-huit ans^ demeurant rue de Bourgogne, n° 40,' témoins de l'époux ; Louis-Charles Bonaventure Pierre, comte de Mesnard, maréchal de camp, chevalier des ordres du roi, commandeur des ordres royaux de Saint- Louis et de la Légion d'honneur, pair de France, premier écuyer de Son Altesse Royale Madame la duchesse de Berry, âgé de cinquante huit aus, demeurant au palais de l'Elysée-Bourbon ; M. Ferdinand, comte de Faucigny-Lucinge, aide de camp de Son Altesse Royale Monseigneur le duc de Bordeaux, âgé de trente-sept ans, demeurant rue du Bac, n° 27, beau-frére de l'épouse, témoins de l'épouse. Après quoi nous, Frédéric-Pierre baron Lecordier, officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Michel, maire du premier arrondissement de Paris, faisant les fonctions d'officier de l'état civil, avons prononcé au nom de la loi que lesdits époux sont unis en mariage et ont les époux, la mère de l'épouse et les témoins signé avec nous, après lecture faite. Signé : Baron de Charette, comtesse de Vierzon, A. Brown, le comte de Mesnard, le duc de Narbonne-

Pelet, marquis de.Coislin, le comte de Faucigny et Lecordier.

Pour copie conforme à Paris, ce dix-neuf juin mil huit cent vingt-sept.

Le maire, signé : Lecordier.

Admis par la commission (loi du 12 février 1872). Le membre de la commission, signé : L. Sciout.

Pour expédition conforme, Paris, le cinq novembre mil huit cent quatr^e-vingt. Le secrétaire général de la préfecture.

Pour le secrétaire général.

Le conseiller de préfecture délégué.

Signature illisible.

La Révolution de 1,830, en exilant les Bourbons, rendit à Amy toute liberté pour ce qui concernait son fils. Pendant que sa mère et sts sœurs vivaient en France, il avait été élevé à Ouchy, près Lausanne, dans la famille Beauséjour; l'hôtel Beaurivage s'élève aujourd'hui sur l'emplacement de la maison, où son existence fut si bien cachée. Après

avoir été quelque temps au service du roi de Naples, il vint en France, acheta à Mantes ("Seine-et- Oise), vers 1843, une assez jolie propriété, rue Saint-Pierre, n° 7, qu" il habite encore et se fit naturaliser français en 1848; il avait épousé Charlotte - Louise Brown, probablement une parente.

Le procès Paterson (1) vint raviver les douleurs d'Amy; par certains côtés il rappelait trop sa propre histoire pour qu'on n'y pensât pas et, sous le couvert des Bonaparte, les partis se firent un jeu de la rappeler. Quoiqu'en ait dit l'éditeur anonyme des discours de Berryer, les plaidoyers ont été fidèlement conservés, et nous en extrairons ce qui

I. On sait que Jérôme Bonaparte, père du prince Napoléon, avait épousé en Amérique Mlle Paterson, dont il eut un fils qui a laissé postérité, lorsqu'il se remaria avec la princesse Catherine de Wurtemberg ; Mlle Paterson a survécu de beaucoup à celle-ci et au roi Jérôme. Ce que l'on sait moins, c'est que le roi Jérôme, toujours du vivant de Mlle Paterson, s'était remarié une seconde fois, devant l'Église seulement, il est vrai, avec la marquise Bartolini, qui lui a survécu (Voir le testament du roi Jérôme).

concerne Amy. Voici ce que disait M« Allou, avocat du prince Napoléon :

« Trois ans après le mariage de Baltimore, dans ce pays même où venait de naître l'enfant de Mlle Paterson, un autre fils d'une grande race, le duc de Berry, au sortir de l'armée de Condé, réfugié en Angleterre, avait épousé une Anglaise, une femme digne et pure, Mlle Brown. Il avait demandé aux affections du cœur la consolation des misères de Texil et de la grandeur perdue. Deux enfants successivement naquirent de cette union, deux filles que nous retrouvons dans nos souvenirs, dans cette loge entourée de lumière, d'éclat et de bruit, où leur père mourant les faisait appeler pour les embrasser encore. Quand l'exil cessa, la volonté de Louis XVIII brisa le mariage des mauvais jours, et en i8i 6 une alliance nouvelle créa autour du prince une nouvelle famille. Le mariage était régulier, conforme à la loi anglaise, célébré dans la chapelle catholique de Londres ; en doutez-vous ? prenez au hasard dans les dictionnaires et les biographies. Je n'interroge pas les

pamphlets de la Restauration et de 1830, j'ouvre V Encyclopédie des gens du monde : « Ce fut là (à Londres) « qujl épousa une jeune Anglaise ; mais le chef de la « famille des Bourbons, Louis XVIII, n'ayant point (( donné son consentement à ce mariage, Mme Brown « n'eut aucun sujet de se plaindre lorsqu'il fut annulé. »

<K Voulez-vous la Nouvelle biographie de Didot ?

« Licencié en 1801, avec les restes de l'armée de « Condé, il vint en Angleterre, où se trouvait sa fa- « mille. Il se marie à Londres, à une Anglaise (miss « Brown), qu'il abandonne après en avoir eu deux ence fants, sous prétexte que Louis XVIII n'approuvait « pas cette union. »

« Aimez-vous mieux VHistoire de la Restauration, de Lamartine, aussi poète dans sa prose que dans ses vers :

« Le désarmement de l'Allemagne l'avait ï;ejeté à a Londres. Il y avait vécu dans l'obscurité et dans le « mystère d'un attachement durable pour une étrangère « qu'il avait, disait-on, irrégulièrement épousée. De « cette union fidèle, presque cachée, étaient nées deux « filles. Le roi l'avait marié, en 18 16, avec la princesse

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« Caroline, fille du prince royal de Naples... » « Voilà l'histoire, et au besoin, vingt témoins se lé-

« veraient pour attester la sincérité du mariage. » (Allou, plaidoyer af&ire Paterson, tribunal civil de

la Seine, Gaiette des tribunaux ^ 27 janvier 1861, p. 90).

A quoi Berryer répondit :

« Vous nous avez rappelé le triste moment où le prince expirant sous le poignard d'un assassin fait ap- 1er les filles qui lui étaient nées sur la terre étrangère, où ils les avait embrassées et bénies, suppliant la princesse, son épouse, presque sa veuve, de devenir leur protectrice. Vous nous avez rappelé le souvenir de la générosité de Mme la duchesse de Berry, qui embrassa â son tour les enfants de la jeunesse de son mari, et leur dit, c'est vous encore qui l'avez rappelé, oui, vous avez rappelé cela : « Approchai, mes enfants ; voici ma ^« fille légitime, embrasse^ votre sœur... »

« Vous dites que M, le duc de Berry avait été marié en Angleterre, Cela est faux, il n'y avait pas eu de mariage. Quelles autorités invoquei-vous ? Vous dites qu'en 1834

une dame de Brady, qui a fait des romans, a publié dans Y Encyclopédie des gens du monde^ un article biographique sur le duc de Berry, dans lequel se trouve cette phrase : « Ce fut là (en Angleterre) qu'il épousa « une jeune Anglaise... » Vous citez encore M. de Lamartine qui écrit en 1852 qu'à Londres M. le duc de Berry a\ait vécu dans le mystère d'une union durable avec une personne dont il avait eu deux enfants. Vous citez enfin la biographie de M. Didot où il est dit que M. le duc de Berry se maria à Londres avec une jeune anglaise qu'il abandonna.

« Tout cela est faux ! mensonges l

« Mais, dites-vous, on a les actes de naissance. On a été à Londres, on a examiné le catalogue des mariariages célébrés en 1806, le cat^ogue renvoie à un registre vert et à une cote 37. On trouve, assure-t-on, la cote vide, et on en conclut que l'acte a été enlevé.

a Voici ce qui en est. M. le chapelain de la chapelle française m'a adressé spontanément deux lettres. Dans la première je lis ceci :

« Cher monsieur Berryer (dear sir). M. le chapelain

m'appelle « cher monsieur, » bien que je ne Taie ja* mais vu ; mais c'est l'habitude anglaise.

« Cher monsieur Berryer,

« Nos livres ont été parcourus avec le soin le plus ^scrupuleux par le chancelier de l'ambassade française; il a été impossible d'y découvrir la moindre trace d'un mariage ou de baptême Ferdinand ou Brown.

« L'ambassade a en main une copie d'un acte de baptême Ferdinand-Brown, qu'elle s'est procurée en France, je ne sais où. Les noms des abbés qui ont ondoyé et baptisé cet enfant, en 1809, se trouvent dans nos registres, et rien ne prouve qu'il y ait jamais été inscrit (i), ou qu'il en ait jamais été détaché. « Le portefeuille est intact », oui, « la cote 37 seule a disparu.» Non, la cote J7 n'a pas le moins du monde 4isparu. Elle atteste le mariage, en 1821, d'un William Brown avec une Dalila Sailly, d'Étaples. »

1. Le chapelain déraisonne, c'est le même acte que Berryer produit plus loin, et que nous donnons plus haut, et il est bien authentique.

« Voilà donc comment on procède : on trouve un catalogue, dans lequel figure le nom de Brown ; on en conclut qu'il s'agit d'Amy Brown. On ajoute que la cote 37 ne renferme plus rien. Or, voici ce que m'écrit, dans une seconde lettre, que j'ai reçue avant-hier soir, M. le chapelain de la chapelle française :

« Je viens de voir le chancelier ; il regrette que la partie adverse n'ait pas profité des derniers renseignements fort clairs, qu'il lui avait fait parvenir, pour rectifier l'erreur d'une recherche dans les registres faite trop à la hâte.

« Je le répète, M. le chapelain de la chapelle française à Londres m'est complètement inconnu. »

« Une des filles de M. le duc de Berry s'est mariée à Paris, à la mairie du P^ arrondissement. Chaque fois qu'un mariage est célébré, l'acte de naissance des fiiturs époux est produit à l'officier de l'état civil. Il était donc facile de trouver l'acte de naissance de la fille d'Amy Brown. Cet acte de naissance, nous l'avons demandé. Aussitôt on nous a répondu : a Voici le registre, on l'a assez interrogé dans ces derniers temps. » Nous avons

ouvert le registre, et voici l'acte de naissance que nous avons trouvé :

Extrait du registre des actes de baptême de la chapelle de Sa Majesté catholique à Londres.

Aujourd'hui samedi, 30 de décembre l'an 1809, a été présentée une fille nommée Charlotte-Marie-Augustine, fille de Charles-Ferdinand et de Amy Brown, laquelle a été ondoyée le 18 de juillet. Tan 1808, par M. l'abbé Chené, à la chapelle fi-ançaise de King-Street.

Est-ce là Vacte de naissance d'un enfant légitime? Où est le nom de famille du père? Cest Charles-Ferdinand qui se déclare père de V enfant d^Amy Brown. Il n'y apas autre chose. Cet acte de naissance est donc une preuve négative de la légitimité.

Mon adversaire n'a pas craint de vous dire que si les enfants issus de cette illustre origine venaient aujourd'hui réclamer leurs droits d'enfants légitimes, je serais à sa place pour repousser une pareille prétention. Eh bien I je crois avoir le droit de répondre qu'il n'y a personne au monde, quelque haut placé qu'il soit^ qui ait jamais pu attendre de

moi de semblables condescendances , jamais aucune action de ma vie n'a pu m' exposer à un reproche de cette nature; et permettez-moi de vous le dire pour soulager mon caur et pour en finir avec le maladroit rapprochement que Von a tentéy si le comte de Chambord lui-même avait jamais écrit des lettres telles que celles que le prince Napoléon a écrites à son frère, il n'eût osé appeler personne à cette barre pour soutenir une telle dénégation de parenté.

(Applaudissements prolongés au fond de Tauditoire.) (Berryer, même affaire, fWd., 2 février 1861, p. iio.)

Ainsi Berryer, que nous avons connu le plus loyal des hommes, Berryer, qui savait la vérité et qui au moment même la racontait dans ses détails essentiels à quelqu'un qui nous Ta répétée, n'a pas craint de dire de pareilles choses ! Son éditeur, plus prudent, n'a pas jugé utile de les reproduire. Suivant Berryer, le duc de Berry mourant aurait dit aux filles d'Amy, en leur j montrant la future duchesse de Parme : « Voici ma fille Jégitime », il aurait eu cette suprême indélicatesse, fait ce

suprême mensonge, en s'adressant à ses filles, légitimes aussi. Au point où nous en sommes de ce récit, il est inutile de discuter les négations de Berryer ; une réflexion seulement : le dernier paragraphe : « Mon adversaire » prend une clarté

imprévue, quand on le lit, sachant la vérité et sachant que Berryer la savait, et quand il discute la supposition que le comte de Chambord écrirait à ses demi-sœurs des lettres pareilles à celles du prince Napoléon, il a fait une supposition conforme à. la réalité, car il est à notre connaissance que le comte de ^Chambord a toujours traité M"" de Lucinge et de Charette comme ses sœurs 'légitimes.

Amy se tut comme toujours ; elle garda le même silence dédaigneux quand, avec une légèreté inexcusable, M. le duc d'AudifFret-Pasquier laissa publier sans la moindre note explicative la lettre suivante de cette femme au rare esprit qui s'appelait M"* de Boigne :

« Je ne saurais vous dire combien je suis intimement

persuadée de la fausseté de l'invention de M... (lise^ Allou) au sujet de ce prétendu mariage de M. le duc de Berry ! Personne plus que moi n'aurait été dans le cas d'en être informé, s'il avait eu lieu, et j'affirme n'en avoir jamais entendu parler. Mon long séjour en Angleterre, mes rapports directs avec l'émigration, les bontés que M. le duc de Berry m'a toujours témoignées depuis notre mutuelle enfance, la sincère aflfection que je lui portais, ma constante et grande intimité avec les personnes de son entourage, tout cela m'a tenue constamment en mesure de savoir tout ce qui le concernait, soit à Londres, soit à Paris.

« Mon père était ambassadeur à Londres; j'étais auprès de lui lors du mariage de M. le duc de Berry. La chapelle catholique de Georgestreet (i) dépendait de l'ambassade, et les chapelains qui la desservaient étaient en grandes relations avec nous. Il est donc bien difficile de croire que s'il y avait eu un mariage précédent dans cette chapelle, quelques mots de blâme ne

I. Aussi n'est-ce pas là que le mariage a eu lieu, mais à la chapelle de King-Street.

leur fussent pas échappés. J'ai assisté, à cette occasion, à une messe d'action de grâces qu'ils semblaient célébrer de tout leur cœur. Un pareil événement au reste aurait-il pu avoir lieu sans que ni M. le comte d'Artois ni M"« la duchesse d'Angoulême en eussent eu révélation ? Pour qui les a connus, il y a certitude positive qu'aucune considération politique ne les aurait décidés à consentir à la violation d'un sacrement. Je ne savais rien de M"« Brown à Paris; je crois que M. le duc de Berry ne la voyait plus que pour les enfants. M. de la Ferronnays se tenait toujours très en dehors de ces sortes de relations que le pauvre prince multipliait beaucoup trop. J'ai su que c'était M. de N... (liseï Coigny) (i) qui avait amené M"« Brown de Londres et servait de protecteur à elle et à ses petites filles. Je

I. Augustin Louis Joseph Casimir Gustave de Franquetot alors comte, depuis duc de Coigny, né le 4 septembre 1788, mort le i" mai 1865. Petit-fils du maréchal qui aima Marie- Antoinette; fi-ère de la malheureuse duchesse de Choiseul- Praslin, qui fut assassiné par son mari, et dont le fils, M. Horace de Choiseul, a été sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères. Dernier inâle du nom, il a laissé deux filles mariées et vivant en Angleterre.

crois même et sans oser l'affirmer, (i) que c'est lui qui a été les chercher à la demande de leur père dans la fatale soirée du 1 3 février. J'ai entendu, dans le temps^ faire l'éloge de la simplicité de la vie de M"« Brown et de la modestie avec laquelle elle élevait ses enfants. Par une erreur de jugement, dont on ne saurait pourtant lui savoir mauvais gré, M"»« la duchesse de Berry avait voulu les traiter tout autren^ent et en faire presque des. princesses, malgré l'opposition très prononcée de l/[me la Dauphine. J'ai donc la ferme conviction que jamais^ M. le duc de Berry ne s'est présenté à Vautel avec une autre femme que la princesse Caroline de Naples. » (Louis Favre, Estienne-Denis Pasquier, chancelier de France, 1869,. in-8<>, Didier, p. 346-8.)

Je veux bien croire à la bonne foi de M"* de Boigne, mais le chancelier Pasquier, qui a contre-

I. Le fait est parfaitement exact. Cf. RouUet, Notice historique du i^ février 1820, iii-80 ; rareté bibliographique^

l'édition entière, sauf quelques exemplaires, dont deux à la Bibliothèque nationale, ayant été rachetée par le gouvernement et détruite, vu sa naïveté ridicule.

sîgné plusieurs des actes que nous publions, savait la vérité, et son petit-neveu la tient de lui.

Pourtant, à travers tant de tristesses, Amy avait gardé son énergie morale ; elle ne vivait plus que pour ses enfants; on la retrouve, tantôt chez son fils à Mantes, tantôt chez M"* de Lucinge (villa Faucigny en Piémont), d'où elle allait dans le canton de Vaud, tantôt chez M°** de Charette à Couffè, près d'Ançenis ('Loire-Inférieure); pendant la guerre, elle s'inquiéta du sort de son petit-fils, le général de Charette, et on la voit cherchant à Rennes de ses nouvelles; pendant la Commune, elle se réfugie avec ses filles à Boulogne-sur-Mer, chez sa nièce, la comtesse de Poisvert, rue de la Tour- Notre-Dame, 39 bis; enfin, elle voulut, dans les derniers temps de sa vie, revoir le pays natal, Maidstone. « Elle était restée bonne et gracieuse», nous écrit une femme qui la connut alors.

éo LES SECRETS

Le 7 mai 1876 s'éteignit cette existence douloureuse (i).

Voici l'acte de décès d'Amy Brown :

Extrait des Registres de la commune de Couffé, année iSj6.

L'an mil huit cent soixante-seize, le sept mai, à midi, par devant nous Henri Poupet, maire, officier de l'état civil de la commune de Couflé, canton de Ligné, arrondissement d'Ancenis, département de la Loire-Inférieure, sont comparus : Macé Pierre, âgé de cinquantesix ans, domestique au château de la Contrie, commune de Couffé, et Ouvrard Louis, âgé de vingt neuf ans, instituteur à Couffé, les deux voisins de la défunte, lesquels nous ont déclaré que ce matin, à cinq heures, Amy Brown, âgée de quatre-vingt-treize ans, née à Maidstone, comté de Kent /"Angleterre), rentière audit château de la' Contrie, fille des défunts Joseph BroWn et Mary-Anne Deacon, veuve de Charles-Ferdinand , est

I. La duchesse de Berry était morte le 17 avril 1870, aii château de Brunnsee (Styrie).

DES BOURBONS 6l

décédée en sa maison, ainsi que nous nous en sommes assuré. Lecture faite du présent acte aux comparants, nous l'avons signé. avec eux lesditsjour, mois et an. Le registre est signé : P. Macé, L. Ouvrard et Poupet. Pour copie conforme, Mairie de Couflfé, le 3 octobre 1880.

Le maire,

Poupet.

C'est le seul des actes que nous publions, où on voie Amy qualifiée de veuve^ aussi nVt-il pas été rédigé sous la Restauration.

Il nous reste à dire quelques mots de la descendance d'Amy.

Son fils n'a pas d'enfants, il est président du conseil de fabrique de Notre-Dame de Mantes et de la Société de Saint-Vincent de Paul et trésorier de la Société de patronage des jeunes détenus.

M"* de Lucinge est devenue veuve le 10 mars 1866 et a cinq enfants, parmi lesquels le prince de Lucinge, élu député des Côtes- du-Nord en 1877

et invalidé; on trouvera le détail izns Y Almanach de Gotha.

M"* de Charette est devenue veuve le i6 mars 1848 et a six fils, dont le général de Charette. Les deux sœurs ont chacune plusieurs petits-fils.

On voit que la postérité d'Amy n'est pas près de s'éteindre.

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