CHAPITRE V
De la Physionomie de la bouche, et de ce qu’on doit deviner en la regardant.
Nous exposerons sous vne mesme description la Physionomie de la Bouche et des Levres. Or la Bouche est ou grande ou ouverte, ou estroite. Celle qui est ,
.ouuerte, comme ont communément les 1 1 Franconiens laffrus, signifie l’homme estre .audacieux, temeraire, impudique, menteur, .affronteur, superflu , et excessif en toutes ^choses, bruyant et raillard, et certes ie ne ifus iamais nullement deceu en ce signe. )Mais au contraire la bouche eslroite , dernote l’homme secret et posé, sobre, chaste, .craintif, et liberal. Quant à la puanteur de lia bouche et l’haleine, aussi des dents, nous
< a laissons aux Médecins, parce que cela est :^ar eux très amplement et diligemment de- ::laré. On a trouuépar expérience cecy estre f’ray, que ceux qui ont les levres menües ))U petites et déliées , sont eloquens et partent beaucoup, jaseurs, bien prevoyans les •’hoses à venir, prudens et ayans bon espiit rt entendement. Ceux qui ont les levres
tres-grandes , et auxquels pend celle d’embas , en sorte que les dents apparoissent, sont lourdauts estourdis , gros sots , ausquels on ne peut rien apprendre, meschans, sales, excessifs en toutes choses, inconstans et mauuais.