‹ Les secrets merveilleux de la magie naturelle du petit AlbertChapitre 11 sur 53 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la Physionomie de la Langue et des Dents.

La langue est vn petit membre, mais jactant et éventant grandes choses: et estant mal incurable, pleine de venin mortel: etd^autantplus pestilentieux, qu’il ne peut estre asse? connu par la Physionomie, ny d’ailleurs. En quelque sorte et maniéré qu’on y prenne garde, on la trouvera bien peu constante, et semblable à elle , sinon en tout ce qui appartient à begayer, et à l’éloquence. Pareillement la grosse langue fait begayer l’homme : aussi fait celle qui est démesurée et très - longue. Au contraire ceux qui ont la langue menüe , pointüe et polie, comme celle des viperes et serpens, sont eloquens, fins, rusez, et prudens, combien que les Astrologues disent icy , n'aduenir le begayement ou blessoyement, par le vice ou imperfection de la langue , mais de Mercure tourné et rétrogradé. De laquelle chose nous parlerons en autre lieu. La raison est semblable des dents. Si elles sont espoisses et en forme de chien , elles

V dénotent par cette forme longue vie. Certes ie ne voy point la raison , pourquoy on se , doiue plus icy arrester. Car nous voyons .des vieillards estans desja fur le bord de leur fosse, qui iamais n’eurent aucun mal . aux dents. Et au contraire, les dents flétries, fanées et. pourries, tremblantes, moisies, et

menües, signifient briefueté de vie , abon- • dance de chaleur , et humeur nuisible; et : de cette maniéré sont quasi celles des colériques: autrement, quant au courage , ne sont veües changer aucune chose , qui ayt I esté obseruée ou apperceuë. Quand les dents : sont délochées hors de leur lieu ou ordre, telles dénotent vn homme de nulle valeur, bavard, qui ne fait que caqueter, arrogant I et fier, pompeux, léger, et inconstant.

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