CHAPITRE VIII
Des cheneux et autres accidens.
Nous descrirons proprement la Physionomiedes cheveux, si nous déclarons premièrement leur nature. Les cheveux ne sont autre chose, sinon vne vapeur chaude et seiche, espaisse, serrée etseichée par Pair qui est autour, et à Penviron.
Par laquelle définition, est donnée euidente connoissance,que les Saturniens et les vieillards sont debiles et loibles,à cause du perpétuel froid des forces et des vertus. Aussi les colériques sont velus, et cheuelus, àcause de leur chaleur et humeur aduste; si ce n’est
en ceux ausquels abonde trop grande chaleur. Quelques cheveux sont crespes et retors , ce que les Médecins attribuent aux pores du corps : lesquels rompus et ouuerts, disposent la cheuelure en tel ordre : Incontinent apres ce, àsseions iugement. La cheuelure pleine et bien vnie , mollette, doüillette, prime et menüe, dénoté l’homme efféminé, délicat, craintif, lasche et paisible. La perruque roide, aspre, et grosse, dénoté l’homme avantureux , robuste, trompeur et bien - heureux. Ceux qui ont le front cheuelu, et les temples couuertes de poil rude et picquant, sont excessifs et dissolus en toutes choses, menteurs, arrogans et présomptueux. Si les cheueux crespes sont durs, cela dénoté tousiours lascheté etcoüardise d’entendement. Ceux qui les ont crespes és anglets des temples, à la manière d’vn cornet, et crestez en forme de heaume, sont adonnez à quelque grand vice, plus qu’aucun des autres hommes ; à l’égard de ceux qui ont le poil rousseaü , s’il en faut iuger comme des precedens,ce que l’on sçait communément, il faut aussi auoüer qu’ils ont quelquesfois des qualitez fort considérables. La perruque qui noircit d’vne noirceur blanchastre, est la meilleure. Et faut dire de ceux qui l’ont de cette sorte, qu’ils sont prudens, réueurs, fideles, loyaux et bons : semblablement aussi la blanche cheuelure, la jaune , et la blanchastre dénotent mesme chose. Nous adjousterons aussi en passant ceque nous auons ohserué de l’opinion des
[ 'Médecins. Ceux qui en jeunesse incontinent I ont les cheueux blancs, sont gaillards, inconi .«stans, et ne sepeuuent empescherde hanter I des femmes. D’abondant Alexandre Aphro- :diseus a dit, que cette humeur qui aux masles se conuertit en cheueux , se change et :müe aux femmes en sang menstrual, ou en ilaict , quand elles ont conceu. D’où vient cque celles ausquelles la barbe croist , sont uppellées viragines , ou bornasses , et il est crertain que telles femmes appetent grancdement le plaisir.