‹ Les secrets merveilleux de la magie naturelle du petit AlbertChapitre 49 sur 53 · DES FEMMES · texte numérisé non relu

DES FEMMES

Bain Aromatique.

Faites bouillir dans suffisante quantité d’eau de Rivière une ou plusieurs des plantes suivantes; telles quele Laurier, le Thym, le Romarin, le Serpolet, l’Origan, la Marjolaine, la Lavande, l’Anrone, l’Absynthe, la Sauge, le Pouliot, le Basilic, le Baume, la Menthe sauvage, l’Hyssope, les Roses, les Œillets, la Giroflée, la Mélisse, l’Anis, le Fenouil, et plusieurs autres herbes qui ont une odeur agréable. Quand on aura passé les plantes, on ajoutera à l’eau un peu d’eau-de-vie simple, ou d’eau-devie camphrée. Ce bain est excellent pour ■fortifier les membres, dissiper les douleurs qui proviennent d’une cause froide, augmenter la transpiration, et faire exhaler au corps une odeur agréable.

Bain de Beauté.

PRENEZ deux livres d’Orge mondé, une livre de Ris, trois livres de Lupin pulvérisés, huit livres de Son, dix poi-

gnées de Bourrache et de Violier; faites bouillir le tout dans une suffisante quantité d’eau de fontaine. Il n’y a rien qui nettoie et adoucisse la peau comme ce bain.

Cassolette.

Faites bouillir dans un demi-septier d’eau rose deux onces de Storax et quatre onces de Benjoin ; mettez dans un petit nou«t de toile menuedouze clous de Gérofle, un gros de Ladanum, autant de Calamus aromaticus, et un peu d’écorce' de citron: couvrez bien le pot ; laissez bouillir longtemps; passez sans exprimer fortement; retirez le sédiment et le conservez dans une petite boîte.

Moyen de faire tomber les poils qui sont en trop grande quantité sur le front, trop longs sur le revers des mains, et ■ autour des poignets et des bras, et même ' sous le ne^ et à l’ouverture.

PRENEZ du Polypode de chêne que vous , fendrez et couperez par morceaux; ’ mettez-les dans une cucurbite, versez ■ dessus du vin blanc, que ce vin surpassed’un ^ doigt ; faites digérer vingt-quatres heures au bain-marie ; puis distillez à l’eau bouillante, jusqu’à ce qu’il ne monte plus rien. Il i faut tremper un linge dans cette eau, etl’ap- j pliquer sur le revers de la main et autour *

des poignets, et l’y laisser toute la nuit ; il faut continuer jusqu’à ce que le poil soit tombé.

L’eau de feuilles et racines de Chélidoine distillée et appliquée comme ci-dessus fait le même effet.

Pour empêcher les cheveux de tomber.

Mettez en poudre de la graine de persil, poudrez vous-en la tête pendant trois soirs différents, vous recommencerez chaque année, et vos cheveux ne tomberont jamais.

Pour faire croître les cheveux.

PRENEZ les sommités de chanvre lorsqu’il commence à sortir de la terre, faitesles tremper pendant vingt-quatre heures dans de l’eau de laquelle vous mouillerez les dents du peigne. Il est certain que le remède fait beaucoup croître les cheveux.

Corbeille de senteur.

Vous mettrez un lit de coton parfumé, extrêmement mince et uni, sur un morceau de taffetas étendu sur le méitier; vous semerez sur ce lit de la poudre de Violette très-fine, par dessus laquelle vous 'jetterez de celle de Chypre; ensuite vous .couvrirez le tout d’un autre taffetas; il ne

VOUS restera plus pour finir que de piquer votre ouvrage, et de le couper de la grandeur de votre corbeille, dont vous borderez les coupures d’un ruban de tellecouleur qu’il vous plaira.

L’eau qui sort du tronc du Bouleau, après l’avoir percé dans le Printemps avec une tarrière, est détersive et propre à embellir le teint : on attribue la même vertu au suc dépuré de cet arbre et à son eau distillée. Quelques personnes recommandent l’eau de Fraises; d’autres la décoction d’Orpin,ou de reprise, d’autres enfin. l’eau de fray des Grenouilles.

Contre les Cors aux pieds.

cuire une gousse d’Ail dans la

e ou cendre chaude, et appliquez-

nsi cuite sur les cors des pieds, ayant soin de l’y assujettir avec un linge. On ne doit employer ce cosmétique qu’au moment où l’on se met au lit. Il amollit tellement le cors, qu’il détache et enlève en deux ou trois jours le câlus ou durillon, quelqueinvétéré qu’il soit; ensuiteon se lave le pied dans de l’eau tiède : en peu de temps les peaux qui formaient la corne du cors s’enlèvent et laissent la plaie nette, à peu près comme si elle n’avait jamais été offen-

Cosmétiques naturels.

sée d’aucun mal. Il est bon de renouveler ce remède deux ou trois fois dans les vingtquatre heures.

Pour nettoyer les Dents et les Gencives, et faire croître la chair.

P RENEZ une once de Myrrhe bien pilée, deux cuillerées de Miel blanc du meilleur, et un peu de Sauge verte bien ; pulvérisée, et vous en frottez les dents soir et matin.

Autre manière.

Faites dissoudre deux gros de Cachou dans un demi-septier de vin rouge, et vous en lavez la bouche. Ou bien:

Ayez des racines de Tabac, et pilez les Ibien-dans un mortier ; vous tremperez un llinge dans le suc qui en proviendra, et vous cen frotterez la dent ou la gencive. Vous [pouvez encore mettre de la feuille de Taibac dans le creux de la dent après l’avoir un ppeu broyée entre les mains. Ou bien encore il faut prendre des feuilles vertes de Prunier, ou de Romarin, les faire cuire cdans du gros vin, ou avec du vinaigre ; garpgariser bien chaudement la bouche avec le ^vin et réitérer souvent.

Pour nettoyer et rechausser les Dents.

PRENEZ sang de Dragon et Canelle trois onces, Alun calciné deux onces; réduisez le tout en poudre bien fine, et frottez-vous-en les dents de deux jours l’un.

Moyen facile -pour se garantir toujours des maux de Dents et des fuxions.

Tous les matins, après s’étre lavé la

bouche, comme la propreté et même

la santé l’exigent, il faut se la rincer

avec une cuillerée à café de bonne eau-de-vie

de Lavande distillée, à laquelle, si on veut,

l’on ajoutera une once d’eau chaude ou d’eau

froide, pour en diminuer l’activité. On se '

tromperait en croyant que l’esprit de vin

seul produirait le même effet que la fonte

des sérosités qu’il tire des gencives et des

glandes salivaires. La Lavande y est au

moins très-utile. Ce remède innocent et

simple est un préservatif très-sûr, et dont ^

une longue expérience a toujours confirmé ^

le succès. v‘

Pour faire de l’Eau de Lavande.

Emplissez une cruche proportionnée à la j quantité d’esprit de Lavande que vous I voulez faire, jusqu’aux deux tiers de J fleurs de Lavande épluchées grossièrement: 1

pourvu qu’il ne reste ni feuilles vertes, ni tiges, cela suffit. Versez sur cette fleur de l’eau-de-vie, jusqu’à ce que la cruche soit pleine; vous laisserez infuser le tout pendant huit jours, même moins si vous êtes pressé; .après quoi vous distillerez au bain-marie, ^d’abord à fortes gouttes, même au petit filet, pour faire monter l’huile avec les esprits : comme cela ne peut se faire que le .phlegme ne monte en même temps, il fau- .dra rectifier votre esprit. La première dis- :tillation achevée, démontez votre Alambic, jetez comme superflu ce qui restera dans la iCucurbite, emplissez-la de nouvelles fleurs .de Lavande; on met ordinairement deux ilivres de fleurs pour une livre d’esprit, ^vous verserez cet esprit sur les fleurs que 'VOUS aurez mis dans le Cucurbite, et vous cdistillerez au bain des vapeurs.

Eau impériale.

■«'J— RENEZ cinq livres de bonne eau-de-vie, j ' faites-y dissoudre une once d’Encens, il de Mastic, de Benjoin et de gomme \rabique ; ajoutez-y une demi-once de Gé- *ofle et de Muscade, une once et demie de “i^ignons et d’amandes douces, trois grains le Musc; le tout bien pilé, faites distiller au )ain-marie, et réservez-la pour l’usage.

Cette Eau ôte les rides du visage et rend ,a peau très-belle en s’en lavant. Elle blanhit aussi les dents et en ôte la douleur, ■.mpêche la mauvaise odeur de la bouche.

et raffermit les gencives. Les dames en font beaucoup de cas.

Eau connue sous le nom de Bouquet du Printemps.

PRENEZ trois quarterons de Jacinthe, prenez une demi-livre de Violette sans vert, une demi-livre de petite Géroflée jaune, sans vert, une demi-livre de Jonquille sans vert ; deux onces d’iris pilée, une once de Macis pilé, quatre de quintessence d’Orange de Portugal. Mettez le tout vers la fin de mars dans un vaisseau avec huit pintes de bon esprit de vin : pilez vos Jacinthes, vos Violettes, votre Iris et votre Macis, et vers la fin d’Avril vous mettez vos Jonquilles au fort de la saison de cette fleur, c’est-à-dire dans le temps qu’elle donnera en plein. Peu de Jours après vous mêlerez la petite Géroflée jaune, les pétales seulement ; vous prendrez ensuite le Muguet, vous l’éplucherez et le mettrez dans votre infusion; en mettant bien le tout ensemble ; huit jours après avoir mis cette dernière fleur, vous mettrez l’infusion dans l’Alambic, vous le couvrirez de son chapipiteau, vous adapterez le Récipient, qui sera dans un bain froid; après les avoir luttés exactement l’un et l’autre, vous en ferez la distillation au bain-marie à petit feu ; vous aurez six pintes de bon esprit, appelé le Bouquet du Printemps.

nu PETIT ALBERT.

Eau de Venise pour blanchir le visage basanné.

Vous prendrez une pinte de lait de Vache noire, ou au mois de Mai une pinte d’eau de la Vigne quand elle pleure, huit Citrons et quatre Oranges hachées rnenues par tranches, deux onces de ! sucre candi, une demi-once de borax bien ^pulvérisé, quatre oignons de Narcisse bien .pilés, et vous mettrez tout cela distiller et rectifier au bain-marie, vous en conserverez d’eau dans une bouteille bien bouchée.

Eau distillée propre à faire une belle carnation.

PRENEZ deux pintes de Vinaigre, trois onces de colle de poisson, deux onces de Noix muscade, six onces de Miel ::ommun, et faites distiller à feu lent; ajoutez dans la liqueur distillée un peu de Santal • ouge, afin de lui donner un peu de couleur. \U-ant de s’en servir il faut avoir le soin de .e laver avec de l’eau distillée, de sorte que le teint reste vermeil, et annonce la meilleure :anté.

Eau de Fraîcheur.

RENEZ trois pieds de Veau bien hachés, trois Melons d’une moyenne grosseur, trois concombres, quatre œufs frais,

une tranche de citrouille, deux Citrons, une chopine de petit lait, un demi-septier d’Eau de Rose, une pinte d’Kau de Nénuphar, une chopine d’Eau de Plantain et d’Argentine, une demi-once de Borax, faites distiller le tout ensemble au bain-marie.

Eau pour empêcher les tâches de rousseur et les signes qui viennent sur le visage.

PRENEZ égales parties de racines de Concombre sauvage et de Narcisse, faites sécher à l’ombre , réduisez en poudre très fine, que vous mettez dans de la bonne Eau-de-vie; il faut s’en laver le visage, jusqu’à ce qu’il commence à démanger; alors on se lavera avec de l’eau fraîche. Il faut recommencer tous les jours jusqu’à parfaite guérison, qui ne tardera pas, parce que cette Eau est légèrement caustique, et doit par conséquent enlever toutes les taches du visage.

Eau pour blanchir le visage.

PRENEZ égales parties de racines de Coulevrée et d’Oignons de Narcisse, une chopine de lait de Vache et une mie de pain blanc; distillez le tout dans une Alambic de verre. Pour vous servir del’Eau , qui en résultera, mêlez-la par moitié avec \ celle de la Reine de Hongrie.

DU PÊTIT ALBERT.

Eau simple balsamique qui ôte les rides.

P RENEZ la seconde Eau d’Orge, passez à travers un linge fin, et ajoutez-y quelques gouttes de Baume de la Mecque; agitez la bouteille pendant dix à douze heures sans discontinuer, jusqu’à ce que le baume soit entièrement incorporé avec l’Eau, ce dont on s’appercevra lorsqu'elle restera un peu troublée et un peu blanche. Cette Eau est merveilleuse pour embellir le visage et pour le conserver dans sa jeunesse , et dans sa fraîcheur. Si on en use seulement une fois par jour elle ôte les rides et donne .à la peau un éclat surprenant. On doit . avoir soin avant de se servir de cette Eau de se laver la peau avec de l’eau de pluie.

Eau de Madame de la Vrillière pour les dents.

PRENEZ Canelle, deux onces, Gérofles, six gros, Cresson d’eau, six onces, Ecorces récentes de Citron, une once cît demie, Roses rouges, une once, Cochlearia, une demi-livre, Esprit de vin, trois livres. On casse ce qui est à concasser, on :oupe grossièrement le Cresson et le Co- ;hléaria, on fait macérer le tout dans l’es- ?nt de vin pendant vingt-quatre heures lans un vaisseau fermé. On distille ensuite lu bain-marie, jusqu’à siccité, après quoi )n rectifie cette liqueur au bain-marie.

Cette eau fortifie les gencives, prévient le Scorbut, guérit les Aphtes qui viennent dans la bouche. On s’en sert pour se laver la bouche. On l’emploie ou seule, ou mêlée avec l’Eau.

Recette excellente pour déhâler le teint.

ON peut le soir en se couchant écraser quelques fraises sur son visage, les laisser sécher pendant la nuit, et le lendemain matin se laver avec de l’eau de Cerfeuil. Alors la peau devient fraîche, belle et luisante.

Huile parfumée aux Fleurs pour les cheueux.

ces et de Noisette sont les seules dont i

on se sert pour parfumer les cheveux | aux fleurs.

Pilez des Amandes à l’eau chaude; lorsqu’elles seront sèches, réduisez les en poudre, passez-les par un gros sas, et faites un lit de poudres d’Amandeset un lit de fleurs dans une caisse ; après avoir continué de , cette manière pour vous servir de ce que vous en voulez parfumer, et après avoir laissé les fleurs du matin au soir, vous . passerez vos mêmes fleurs, alors vous les H renouvellerez, en remettrez de fraîches et ■ répéterez cette même opération pendant M huit jours. Quand vos Amandes auront ■

’hutle d’Olive, celles d’ Amandes dou-

DU PETIT ALBERT. l6l

bien pris l’odeur de la fleur que vous aurez choisie, vous les mettrez dans des toiles neuves, et ferez des paquets pliés deux à deux, plis contre plis et exactement pressés, pour tirer l’huile qui sera parfumée de l’odeur de la fleur.

Jus pour décrasser la peau^ et donner un teint éclatant.

Faites un trou à un limon, emplissez-le de sucre candi, et couvrez-le de feuilles d’or appliquées artistement par dessus l’écorce que vous aurez enlevée; ensuite faites cuire le Limon sur les cendres chaudes. Lorsque vous voudrez vous en servir, •faites sortir un peu de jus par l’ouverture • déjà faite et vous en frottez le visage avec un linge. Ce Jus décrasse merveilleusement la peau, et donne un teint éclatant.

Lustre admirable pour la peau.

IL faut prendre parties égales de suc de Limon et de blancs d’œufs, bien battre le tout ensemble, dans un pot de terre ver- :nissé que vous mettrez sur un feu doux : .remuez toujours avec une spatule de bois, j jusqu’à ce que le tout ait pris une consistance à peu près comme celle du beurre; iréservez pour l’usage, et avant devons en ^servir vous pourrez y ajouter l’essence odorriférante que vous aimerez le mieux. Il ïsera utile encore, avant de s’en oindre le

visage, de se nettoyer avec une eau de Riz, c’est un des meilleurs moyens pour se rendre la face belle, brillante et polie.

Onguent pour la régénération des ongles.

PRENEZ deux gros d’Orpiment, un gros de Manne, autant d’Aloës et d’encens, et six gros de Cire vierge. Appliquez cet onguent sur le doigt, enveloppez-le d’un doigtier, et ne lui laissez pas prendre l’air; car rien ne s’oppose plus que l’air à la régénération des ongles.

Pastilles d’une odeur fort agréable.

PULVÉRISEZ ensemble deux oncesde Benjoin, demi-once de Storax ; un gros de bois d’Aloës, vingt grains de bonne Civette, un peu de charbon de Sol et de sucre fin. Faites bouillir le tout dans suffisante quantité d’eau de Rose. Si vous désirez donner encore plus d’odeur à vos Pastilles, mettez y douze grains d’Ambre, lorsque la pâte sera presque cuite. Le tout étant bien mêlé, formez les Pastilles.

Pâte d'^ Amandes liquides.

PELEZ à l’eau chaude une certaine quantité d'Amandes amères, laissez-les sécher; pilez-lespendant quelques temps, en y mettant un peu de lait pour les lier en pâte, et empêcher qu’elles ne se tournent en

huile. Ajoutez après une mie de pain blanc et mollet, imbibée de lait pour la détremper. Pilez-la avec les Amandes en la remuant bien, pour la délayer avec la pâte, versez le tout dans un chaudron en y ajoutant du lait de nouveau : mettez sur le feu, faites bouillir, retournant toujours la pâte, jusqu’à ce qu’elle soit cuite et qu’elle s’épaississe.

Pommade pour les lèvres.

Vous placerez sur un réchaud de feu, dans une terrine, une demi-livre d’excellent beurre frais, et deux onces de cirevierge blanche, vous y jetterez des grains d’une grappe de raisins noirs fort murs, et quelques bâtons d’Orcanet; lorsque les premières drogues seront fondues, vous écraserez doucement les graines de raisin, .et ferez bouillir cette composition l’espace d’un quart-d’heure : vous passerez ensuite le tout dans un linge bien serré, vous verserez dans votre Pommade que vous remettrez près du feu une cuillerée d’Eau de fleurs d’Oranges, et l’ayant fait bouillir pendant quelque temps, vous l’ôterez du feu et la mêlerez insensiblement jusqu’à ce qu’elle soit réfroidie; alors étant bien renfermée, elle se conservera dans sa pureté autant qu’il vous plaira, et sera parfaite pour les gersures.

Page 1