II PREFACE
Mais il est un autre Marly, un Marly antérieur, celui du moyen âge. Et celui-là est tout à fait inconnu. Le promeneur qui s'égare dans la forêt de Marly, si jolie avant qu'on Teût saccagée par des coupes féroces, ne soupçonne guère l'importance historique de ces bois aujourd'hui déserts , autrefois si bruyants et si peuplés , quand une suite de châteaux et d'abbayes couronnait tout son contour.
Un coup d'œil jeté sur la carte explique l'importance qu'avait jadis ce beau plateau.
La forêt de Marly qui, jusqu'à Louis XIV, s'appela forêt de Gruye, se prolonge vers l'Ouest en une sorte de promontoire qui s'abaisse brusquement au Nord , à l'Ouest, au Sud, par des versants assez brusques. Le plateau supérieur, boisé de tout temps, donnait naissance à des sources nombreuses qui s'écoulaient au Nord en petites rivières assez abondantes, et formaient dans le vallon des étangs très poissonneux. C'étaient : l'étang de Joyenval, dont il ne reste plus aujourd'hui qu'un petit bassin ; l'étang du Désert^ les grands étangs aujourd'hui desséchés du village qui en a gardé le nom, et qui se dégorgeaient dans la Seine par le petit cours d'eau présentement bien réduit, qui faisait alors marcher les moulins du bas Germain et du Pecq. — C'était enfin l'étang de Marly, cette grenouillère qui occupait tout le bas-fond que Louis XIV dut combler pour y établir son château, où il récolta une si jolie quantité de fièvres quartaines ; et qui maintenant, assaini, drainé, n'est plus représenté que par les eaux de l'abreuvoir et par la petite rivière ou plutôt le ruisseau qui se jette dans la Seine à Port-Marly. — Une forêt très ombreuse, coupée de vallons, de ravines, foisonnante en gibier de toute sorte, des cours d'eau,