‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 22 sur 90 · LES SIRES DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

LES SIRES DE MONTMORENCY

gne combattre les Sarrasins rév'oltés contre leur roi Abdhérame se trouvait Bouchard de Montmorency, connétable de France dès Tan 782, et que les Sarrasins qui opprimaient les chrétiens furent battus et réduits à Tobéissance. Ils ajoutent que Bouchard rapporta d^au delà de la Gironde le corps de saint Félix martyr, duquel il fit don à réglise collégiale de Montmorency.

Dans son histoire des connétables et officiprs de la couronne, Le Féron a écrit que Bouchard, duc de France, fut le premier qui porta le titre de connétable, sous le roi Charles-le-Chauve, en 840, et qu'en ce temps les Franîçais firent un voyage dans les îles de Corse, Sardaigne, Majorque et Minorq'ùe duquel il eut la charge et la conduite. Il secourut et défendit les habitants de ces îles contre les Maures qui leur faisaient cruellement la guerre. Ce Bouchard descendait, Ton croit, des comtes d'Auvergne et portait en ses armes : d'or, à Faigle éployée de sinople, à la bordure d'azur semée de fleurs de lys d'or. Le roi de France lui avait donné les, fleurs de lys à son retour en récompense de ses bons services.

Comme on 1^ voit, ces auteurs donnent tous une origine bien différente à la maison de Montmorency, et leurs recherches prouvent l'intérêt qu'ils avaient à établir et à remontiT aux premiers temps de la monarchie l'illustration de cette maison. Sa filiation directe est bien établie dès le X® siècle, et son influence dans les conseils du roi et à la cour est grande dès le siècle suivant.

Les armoiries des Montmorency étaient primitivement : d'or, à la croix de gueules, et par la suite Bouchard-le-Barbu y ajouta quatre alérions d'azur.

Cette famille a formé un grand nombre de branches qui ont adopté, pour se distinguer les unes des autres.

divers changements appelés brisures. La branche de Marly avait un fretté d'argent sur la croix de son éeu.

Les supports de l'écusson furent d^abord deux lions, et ensuite deux anges pour tenants. Le cimier de leur casque était un paon faisant la roue, emblème delà sublimité et de la puissance.

Bouchard-le-Barbu remplaça ce paon par un chien, symbole de la fidélité et de la diligence que ce seigneur avait pour le service du roi . Au sein de la bataille, le sire de Montmorency défiait son ennemi en criant : « Dieu aide au premier baron chrétien ! » Sa devise était le mot grec « Aplanos, » qui signifie sans reproche.

SEIGNEUR DE MONTMORENCY, ECOUEN, BRAY-SUR-SElNE ET MARtY

Bouchard fut élevé, étant encore enfant, à la cour de Hugues le Grand, comte de Vermandois et de Pâtis, seigneur des pays compris entre la Seine et la Loire, père de Hugues Gapet, qui fut roi de France et chef des Capétiens. Hugues le Grand soutint le roi Lothaire contre les seigneurs ligués contre lui, et Tayant de fait aidé à s'asseoir sur le trône de ses pères, reçut en réîcompense les duchés de Bourgogne et d'Aquitaine.

La possession de ces provinces et d'immenses domaines faisaient du comte de Paris le souverain réel de presque toute la France.

3o LES SEIGNEURS DE MARLY.

Bouchard, au milieu d'une cour aussi brillante que devait être celle de Hugues de Vermandois, le jeune et future sire de Montmorency ne devait aspirer qu'aux dignités et honneurs auxquels sa noblesse d'extraction et sa valeur native semblaient l'appeler*.

Quelques années ne s'étaient pas écoulées que déjà il s'était signalé par sa valeur, et que dès Tannée 964 Bouchard P^ était qualifié seigneur de Montmorency, Ecouen , Bray-sur-Seine et Marly.

L'année suivante (955), Bouchard souscrivit à Tacte de reconstruction du monastère de Saint- Père en Vallée que les Danois et les Saxons avaient ruiné. Cet acte fut signé aussi par plusieurs êvêques et comtes du royaume. Quelque temps après, il fut marié à Ildegarde de Champagne, fille de Thibaud, comte de Champagne et' de Chartres.

En l'année 958, Bouchard, du consentement de sa femme et avec sa coopération, fonda à Bray-sur-Seine un monastère d'hommes en l'honneur du Saint-Sauveur. Ce monastère était situé en une petite forteresse que le sire de Montm^orency-avait en fief, et fut doté de deux moulins situés à Montmorency et de plusieurs familles de serfs^. Or, il arriva qu'un chevalier, nommé Bos, en-

1. Dans un diplôme du roi Lothaire, Bouchard est qualifié chevalier, fils du duc Alvéric (Albéric).

2. Voyez un diplôme du roi Lothaire, rap-ortc dans le Dictionnaire universel de la noblesse, par M. de Courcelles, à l'article Montmorency et Duchesnc, chanceliers de France, dans lequel il est dit que ce : monastère fut fondé à la prière d'Ildegarde de Champagne et par le conseil de Thibaud de Senlis son frère: que le corps de saint Pauac avait été ramené d'Angleterre par Bouchard avec quelques religieux dont le roi Alfred, son oncle, lui avait fait présent, et qu'il avait tirés du couvent de Perdore afin que lesdits religieux fussent établis en ce nouveau monastère sous la règle de saint Benoit.

BOUCHARD I»s SKIGNEUR DI-: MONTMORKNCY. 3i

nemi juré de Bouchard, épia son absence, entra par surprise dans le château de Bray, et ensuite rav^agea toute la contrée voisine*, mais Bernard, comte de Sens, indigné de cette perfidie, vint assiéger la place qu'il brûla, se saisit de la personne de Bos et emporta les reliques de saint Paterne, martyr, et de saint Pauatius ou Pauac, confesseur, que Bouchard avait données à ce monastère, et les mit dans la tour de Sens. Peu après, il rendit ces reliques à la pieuse Ildegarde, à la prière de Thibaud, comte de Champagne, de Blois et de Chartres, duquel ce lieu était tenu en fief.

Sur ces entrefaites, le roi de France, Lothaire, déclara la guerre à Othon, empereur d'Allemagne, qui avait disposé de la Lorraine en faveur de Charles, frère déshérité du roi de France. '

Lothaire fit la conquête de la Lorraine sans coup férir, et poursuivit l'empereur jusqu'à Aix-la-Chapelle, où il le surprit au milieu de sa cour. A peine l'empereur eut-il le temps de monter à cheval pour s'enfuir, laissant même sur sa table le diner qu'on lui avait préparé et dont les Français profitèrent. Lothaire, en cette expédition, fit un riche butin et saccagea les pays d'alentour. Mais Othon ne tarda pas à se venger de cet échec, il envahit la France à la tête d'une nombreuse armée de Danois et de Saxons, s'empara de la Champagne, et s'avança vers Paris.

Bouchard, renfermé dans le château de Montmorency, arrêta et tint quelque temps en échec cette armée; mais enfin cefte forteresse fut prise et ruinée de fond en com- * blc, l'an 978).

L'empereur, arrivé sous les murs de Paris, envoya dire au comte Hugues qu'il ferait chanter sur Montmartre un alléluia qui serait entendu de Notre-Dame de Pa-.

ris; mais cette menace, loin d'intimider les assiégés, ne fît qu'augmenter leur ardeur, et le neveu de l'empereur s'étant avancé par bravade pour planter sa lance en Tune des portes de la ville, fut tué par Geoffroy, comte d'Anjou.

La rigueur de l'hiver ayant forcé l'empereur à lever le siège et à battre en retraite, Hugues et Lothaire le suivirent et, réunissant leurs forces, taillèrent en pièces son arrière-garde au passage de la rivière l'Aisne, auprès de Soissons.

En cette bataille mémorable, Bouchard se souvint sans doute de son château ruiné par ces barbares, et sa valeur y fît montre et s'en accrut d'autant, car en cette journée il prit quatre aigles ou étendards aux. Allemands, en mémoire de quoi il chargea ses armoiries de quatre alérions ou aiglettes d'azur, qui rappellent encore aujourd'hui ce beau fait d'armes.

L'époque de la mort de Bouchard, non plus que celle de sa femme, n'est pas connue. De son mariage et suivant la généalogie de Duchesne, il laissa trois fils :

i^ Bouchard, deuxième da nom, Barbetorte ou le Barbu qui suit :

2" Thibaud, File-Etoupe, ainsi nommé à cause de ses blonds cheveux, tige des seigneurs de Bray^sur-Seine et de Montlhéry. \

3° Albérig de Montmorency. ' ' {^

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