HERVE I
SEIGNEUR DE MONTMORENCY, ÉCOUEN ET MARLY GRAND BOUTEILLIER DE FRANCE ([Q42-IO94)
Hervé, comme nous Pavons dit, paraît avoir succédé à son père en la seigneurie de Marly, vers Tan 1042. La charge de grand bouteiilier de France, qui lui fut attribuée, montre tout à la fois la fidélité qu'il avait envers son souverain et la confiance que celui-ci lui témoignait.
Cependant Hervé, suivant l'impulsion des mœurs du temps, fut, comme la plupart des seigneurs qui vivaient à cette époque, enclin à empiéter sur le bien d'autrui^ quitte plus tard à réparer le mal qu'il avait fait par des donations pieuses ou de légitimes restitutions.
Voici à ce sujet un récit qui tient un peu de la légende et qui est rapporté dans de vieilles chroniques :
HERVlL ^^ 47
Il y a dans le pays de Paris une terre du patrimoine de Saint-Wandrille nommée Aupec (Alpicum, le Pecq, près Saint-Germain), qui , dès l'an 670 terre royale, avait été donnée par le roi Childebert III en l'an 704, à Tabb lye de Fontenclle, autrement dite de Saint-Wandrille.
. Ce monastère jouissait tranquillement de cette terre ; mais dans le voisinage s'était élevé un château à Marly, où demeurait un chevalier formidable nommé Ervaud ou Hervé; or celui-ci entreprit de ravir la terre d'Aupec au monastère de Saint-Wandrille, au temps où Hurfrède et Vautier, religieux envoyés par l'abbé Girbert , en gouvernaient les biens. Il commença donc son expédition par enlever tous les porcs que les religieux avaient engraissés pour avoir de quoi assaisonner leurs mets; mais une apparition de saint Wandrille lui fit abandonner son entreprise, et il paya la valeur de ce qu'il avait enlevé.
Ceci se passait vers l'an 1060, et déjà un château s'élevait à cette époque à Marly. D'autres faits viendront appuyer cette antiquité du château des Montmorency "^en ce lieu.
En cette même année (1060) Hervé fonda, en sa seigneurie de Deuil, un prieuré pour des moines de Tabbaye de Saint- Florent de Saumur; il fit donation à ces religieux, de l'église de Deuil, avec les ofïrandes, les droits de sépulture et le droit qu'on appelait alors hos-^ pitcs atrii. Hervé assista aussi à la dédicace de Tabbaye de Saint-Martin des Champs, et|fut présent à cette solennité avec les seigneurs convoqués par le roi à cet effet. Paria suite, ce même seigneur assista encore à diverses donations et libéralités faites à cette même abbaye, avec
Geoffroy de Montmorenc}^, seigneur de Gisors; Landry et Arnaud, fils d'Albéric de Montmorency; Richard de j Bury, Gauthier Tyrel, Gauthier de Pontoise, Gaston de Thorotte (seigneur de Mareil-Marly ?), Gaucher de Noisy (le-Roi?), notamment en loyS, où il se trouvait avec le roi Philippe I^"" et parmi les chevaliers et seigneurs présents : Guy de Montlhéry, Simon de Montfort, Thibaud j de Montmorency, Mainier d^Epernon, Amaury de Ghâteaufort , Guillaume de Gometz, Gautier, prévôt de Poissy, etc.
Hervé fit encore plusieurs donations au prieuré qu'il avait fondé à Deuil : outre Téglise Saint-Eugène de Deuil, qu'il avait donnée à Sigon, abbé de Saint- Florent de Saumur,4l donna encore au prieuré qu'habitaient ces moines, les églises de Saint-Pierre de Gonesse, de Saint- Marcel et de Verneuil, avec quelques terres à Epinaysur-Ssine.
En 1076, Hervé autorisa de son seing une charte donnée en faveur de Téglise d'Abbcville, et, quatre ans plus tard (1080), il assista à la charte donnée à Saint- Quentin de Beauvais , et Ton remarque à ce sujet qu'il signa à cette charte avant le comte de Vermandois.
Dans le cours de l'année 1087, Hervé donna deux arpents de terre sis à Marly, proche les fossés de son château, pour construire une église en l'honneur de saint Vigor, permettant à ses vassaux de contribuer comme ils le voudraient à Tédifice de ce lieu. La même année, Hervé fit une donation aux moines de l'abbaye de Coulombs, de Téglise de Marly-le-Bourg, pour en jouir et de tout ce qui en dépendait, après la mort des deux chanoines qui la desservaient; Geoffroy, évêque de