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I. Antiquités de Saint-Denis, pages 227 et suivantes

chait à la suite du roi contre les Anglais. Déjà sous le règne précédent et par suite des plaisanteries du roi de France, Philippe, sur Tembonpoint du roi d'Angleterre, Guillaume, celui-ci, furieux de ces insultes, et las d'ailleurs de voir Philippe l^^ prendre le parti de tous ses ennemis, voulut se venger les armes à la main. Il débarqua en France, envahit le Vexin, s'empara de la ville de Mantes, qu'il brûla, et marchait sur Paris^ quand la mort l'enleva après quelques jours de maladie.

Henri P% qui lui succéda, était jaloux de l'accroissement de la puissance du roi de France, son rival, et cherchait une occasion de lui faire la guerre; ce prétexte ou cette occasion trouvés, Henri ne les manqua pas. Guillaume, comte d'Évreux, -était mort le rS avril 1 1 18, sans laisser de postérité. Amaury II de Montfort, son neveu du côté maternel, était son héritier direct, mais le roi d'Angleterre, duc de Normandie, n'attendit pas que le sire de Montfort eût pris possession de son héritage. Sur l'ambitieux conseil d'Audoin, évêque d'Evreux, Henri s"'empara du château et de la ville d'Évreux.

Mais le prudent et valeureux Am.aury entra bientôt en campagne, et il fut en bien peu de temps à la tête d'une armée nombreuse qui ravagea les domaines du roi Henri^ dans la Normandie. Beaucoup de seigneurs qui étaient ses parents ou alliés, et qui tenaient en fief des terres du roi d'Angleterre, s'unirent à Amaury et se révoltèrent contre leur suzerain normand; c'étaient notamment et parmi les plus belliqueux : Eustache de Bretagne; Etienne, comte de Chartres et de Blois ; Robert de Neufbourg ; Hugues de Gournay; Richerde l'Aigle et autres de la plus grande valeur et noblesse.

Ces seigneurs s'engagèrent à rétablir Guillaume Cli-

ton, dit Courte-Cuisse, fils de Robert, duc de Normandie, dans les droits et possessions de son père, et le sire de Montfort, leur chef, entré en Normandie en même temps que les Anglais, songea à son tour à reprendre la ville d'Évreux aux ennemis naturels de la France, mais cette ville, très forte, était commandée par un habile et vaillant capitaine, nommé Raoul de Guitot, et le prudent Amaury attendait une occasion quelconque dont il pût profiter, car investir la place et entreprendre un siège était pour lui se risquer à perdre la plus grande partie de son armée, sans aucune chance de succès ni d'aucun avantage.

Voici comment cette ville tomba aux mains du baron de Montfort : Le sire Amaury avait toujours eu une certaine amitié pour Guillaume Ponctel, neveu du commandant d'Evreux, et celui-ci étant venu à s'absenter, le sire de Montfort profita de ce moment pour engager Guillaume à entrer dans ses intérêts, et à lui livrer la citadelle d'Evreux dont il avait le commandement ; Guillaume, reconnaissant la justice de la cause d'Amaury, livra la ville, et feignit qu'elle avait été surprise. L'évêque Audoin, par qui cette guerre avait été allumée, prit la fuite, errant dans les environs et laissant croître sa barbe en signe de pénitence et de profonde affliction.

Rentré dans Evreux, et ayant fait la conquête de son patrimoine et des pays environnants, Amaury mit garnison dans cette place, et laissa le commandement à Philippe de Mantes et Fleury de Méhun, ses neveux, fils de Philippe P'", roi de France, et de Bertrade de Montfort, que le roi avait enlevée à Foulques, comte d'Anjou, son mari. Le roi d'Angleterre ayant ensuite fait des offres de paix à Amaury, celui-ci les refusa. Henri P*" tenta

le siège d"'Évreux, mais la ville fit bonne résistance. Alors Henri tint conseil en sa cour, et le prélat ambitieux, révêque Audoin, fut d'avis que Ton brûlât sa ville épiscopale. L'on mit en effet le feu à la ville, mais, loin de décourager les assiégés, ce sinistre augmenta plutôt le courage des braves renfermés dans cette malheureuse cité.

Pendant ce temps, Amaury, qui était occupé à sur- • prendre la citadelle d'Ivry, averti de ce qui se passait, s'empressa de voler au secours de la ville assiégée, mais, malgré son grand courage, Amaury ne pouvait parvenir à faire cesser le blocus d'Evreux, et les Anglais interceptaient toutes communications avec le dehors.

Ce fut alors qu'il envoya un courrier vers le roi de France, Louis le Gros, et parvint à l'informer de sa situation critique et à l'engager à lui envoyer des secours et des soldats.

Henri d'Angleterre ayant appris que le roi de France s'avançait pour secourir Amaury abandonna alors le siège d'Évreux, et renforcé de quelques nobles mécontents et traîtres, il marcha à la rencontre de Louis le Gros.

Soit mauvais pressentiment, soit toute autre cause, Bouchard avait tâché de dissuader le roi de pénétrer en Normandie, il prévoyait l'issue de cette guerre comme fâcheuse, mais néanmoins il accompagna le roi, et se trouva avec Guillaume Crespin, seigneur du Bec, Baudry de Bray et autres seigneurs et chevaliers.

Le roi de France avait dessein de surprendre Noyon (près les Andelys), et l'armée française, croyant les Anglais assez éloignés n'observait en sa marche aucun ordre, ni discipline, lorsque tout à coup, auprès du vil-

lagc de Brcnneville, les coureurs qui éclairaient la marche aperçurent Tarmcc anglaise divisée en trois corps de bataille et marchant droit aux Français.

Bouchard, qui commandait Tavant-garde, la rangea aussitôt en bataille ; il avait, sous ses ordres le sire Matthieu, comte de Beaumont, qui l'assistait, ainsi que Guy de Glermont, Pierre de Maule, Philippe de Montbray et autres chevaliers, au nombre de quatre-vingts, qui, tous à la fois, s'élancèrent sur le premier corps d'armée qui s'avançait et Tassaillirent si vivement, qu'ils le culbutèrent et rejetèrent la cavalerie sur l'infanterie. Bouchard fondit ensuite sur le deuxième corps de bataille qui était commandé par le roi Henri en personne, et ce roi s'étant rencontré dans la mêlée avec Guillaume Grespin reçut de celui-ci deux coups d'épée sur la tête, ce qui faillit mettre ses jours en danger, mais ne l'empêcha pourtant pas d'abattre à ses pieds ce brave chevalier, et de le faire prisonnier.

Pendant ce temps, les chevaliers français et Bouchard en tête, poursuivant leur pointe, rompaient les rangs ennemis et faisaient un carnage épouvantable des Anglais, de manière que l'armée française, le roi de France à sa tête, ayant rejoint son avant- garde, était arrivée sur le lieu du combat. Voyant le désordre et la

I confusion parmi les rangs anglais et croyant déjà la bataille gagnée, au lieu de soutenir l'avant garde seule

: engagée, les Français coururent au pillage^ ce dont le roi d'Angleterre s'étant aperçu rallia ses troupes et mit

[ l'armée française en fuite.

Louis le Gros, ne dut son salut qu'à son sang-froid et

■ à son courage, car un officier anglais s'étant emparé de

la bride de son cheval le voulait faire prisonnier. Louis

66 f.ES SiiïGNF.URS DK MARI.V.

répondit à ses sommations en disant : Ne sais- tu pas qu'au jeu des échecs on ne prend jamais le roi ! En même temps il lui asséna sur la tête un si fort coup d^épée qu'il le lit tomber mort à ses pied. Puis il se sauva dans une foret des environs où il fit rencontre d'un paysan qui le conduisit aux Andelys sans le connaître. Bouchard de Montmorency fut fait prisonnier ainsi que Guy de Glermont, Guillaume Crespin, Omont de Chaumont, Hervé de Gisors, Albéric de Mareuil et beaucoup d'autres seigneurs avec eux ; le sire de Montmorçncy dut à la bienveillance et à la considération du roi d'Angleterre d'être rendu à la liberté avec Hervé de Gisors. Guillaume de Glermont fut envoyé «prisonnier à Rouen, où il mourut, et les autres seigneurs furent envoyés prisonniers dans différentes villes de la Normandie.

Amaury de Montfort n'avait pu se trouver à cette bataille et n'avait rejoint le roi de France qu'après sa défaite. Le siège d'Evreux, un instant suspendu, allait être repris, lorsque Thibaud, comte de Gliampagne et de Ghartres, neveu du roi d'Angleterre, parvint à réconcilier son oncle avec le sire de Montfort, ce qui termina pour un court espace de temps une guerre dont le but n'était pas entièrement atteint, puisque Gliton n'était pas et ne fut pas rétabli dans ses domaines de Normandie, et l'usurpation du roi d'Angleterre se continuant au détriment de l'héritier de Robert de Normandie fut le prétexte d'une nouvelle guerre *. à

I. Guillaume, fils de Robert III duc de Normandie, somma le roi d'Angleterre Henri ^i de lui rendre les Etats dont il l'avait dépossédé, et malgré l'appui du roi de France, il ne put les recouvrer. En l'année 1126, il épousa Jeanne de Savoie, sœur dWdélaide, femme du roi de France, et reçut l'investiture du comté de Plandre en 1127; il fut tué l'année suivante au sièt^e d'Alost.

BOUCHARD l\-. G 7

Pou de temps après ce que nous venons de raconter, c'est-à-dire en l'an 1121, les seigneurs du Vexin, commandes par Amaury de Montfort, obligèrent le roi Henri à se retirer. La chronique de Tabbé de Saint- Denis, Suger et une autre chronique du même temps s'expriment ainsi : Henri Z*^"" s avançait vers les fronticrcs de France dans Vintenlion de tont ruiner^ 7nais Amaury de Montfort, prince très prudent et grande et vaillant^ étant appuyé de ceux du Vexin et des forces de sa terre, s opposa à sa marche si gaillardement qu'il Vobligea à se retirer.

Bouchard de Montmorency dut, à n'en pas douter, se trouver parmi ces seigneurs du Vexin.

Cette guerre avait provoqué l'alHance du roi d'Angleterre avec 'l'empereur d'Allemagne, Henri V,' et ce fut dans les plaines de la Normandie que fut portée pour la première fois devant l'armée française, l'oriflamme • ou la bannière de France, dont l'abbaye de Saint-Denis avait la garde et que l'on disait avoir été donnée par un ange au roi Clovis, comme marque de la protection et de la sauvegarde du ciel pour lui et ses successeurs. Les comtes du Vexin et les chevaliers de Meulan eurent souvent l'insigne honneur d'avoir à porter et défendre cet étendard au sein des batailles.

En l'année 1 122, Girbert, évêque de Paris, donna à l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise le patronage et le droit de présenter à la cure de l'église de Saint- Leu de Taverny, du consentement de Bouchard qui la tenait de lui en fief, de Richard fils de Thiéry de Montmorency qui la tenait d'icelui Bouchard, et de l'archidiacre dudit lieu, par lettres données la cinquième année de son épiscopat (1 122).

La même année, à ladite abbaye et par les mêmes personnes, il y eut donation de l'église de Notre-Dame de Monceaux, pour y établir des moines, Tévêque se ré servant seulement la cure et ce qui en dépendait*.

Quelque temps après, Bouchard fit un accord confirmant toutes les fondations et donations faites à Tabbaye de Saint-Martin des Champs, entre les mains de Matthieu, prieur, lequel lui donna en reconnaissance tout ce qu'il avait à Dugny. Bouchard mourut le 12 janvier II 24 ou II 25, et son fils Matthieu lui succéda en ses terres et seigneuries.

1. Archives de Saint-Martin de Pontoise, citation de D. Villevieilie

2. Bouchard avait accordé l'église d'Ecouen à cette abbaye, ce que l'évêque de Paris Etienne certifia en Tan 1124.

SKIGNEUR DE MONTMORENCY, ECOUEN, CHATEAU-BASSET, MARLY, CONFLANS ET ATTICHY-SUR-AISNE, CONNETABLE DE FRANCE

L'un des faits les plus importants de la vie de Matthieu de Montmorency est le voyage qu'il fit au commencement du xii^ siècle en Poitou, pour assister aux noces du futur roi de France. Voici comment dom Ville vieille cite ce fait : Matthieu de Montmorency, en allant aux noces du fils de Louis VI, auxquelles il était invité, qui épousait Eléonore de Guyenne, fille de Guillaume, comte de Poitiers, passa par Tabbaye de Marmoutiers, et eut le désir de s'y arrêter pour voir un lieu si religieux, demandant à être participant aux prières et aux bonnes œuvres qui s'y faisaient. Il y entra effectivement, fut reçu hono-

rablement, et obtint tout ce qu'il désirait tant pour lui que pour les chevaliers et écuyers de sa suite. Pour ne pas paraître ingrat d'un tel bienfait , il accorda une exemption perpétuelle du droit de péage et de rouage dans toute sa terre pour les denrées appartenant aux prieurés de Gisors et de Verly ^ Il en donna ses lettres au chapitre en présence d'Anseau de L'Isle-Adam, de Rorix d'Andilly, de Gérard de Marly (Marly-la-Ville sans doute?), de Humbert de Ferrières et de plusieurs autres. Ceci se passait en 1137^. L'année suivante, le sire de Montmorency devint connétable de France, et remplaça en cette charge Hugues de Ghaumont, dit le Borgne, mort en 1 1 38.

Matthieu de Montmorency avait fait., peu de temps auparavant, se trouvant en son hôtel de Deuil, une donation dt 100 sols parisis de rentes à Gelduin, abbé de Saint-Victor de Paris, et à son église, à prendre sur la terre de Saint-Marcel, près de Saint-Denis^, à la charge de prier Dieu pour les âmes de ses prédécesseurs, no- j tamment de Bouchard, son père, auquel don consenti • rent : Thibaud, son frère, et Etienne, évêque de Paris, en présence de Gasce ou Gaston de Torote; de Raoul, prévôt de Montmorency -, de Pierre Mauvoisin; de Gauthier de Gonflans ; d'Yves de Bendeville; de Guillaume deChâlons; d'Eudes d'Anet ; de Guillaume d'Anesent *,

1. Le péage était un droit pour le passage sur le territoire du seigneur.

2. Archives de l'abbaye de Marmoutiers, prieure de Gisors (cité dans D. Villevieille).

3. Voici comment cette terre est désignée dans cette charte : //izôfo terram quandam quœ dicitur Sanctus Marcelliis et est de feodo Pansiensis Episcopi sitans guidon castntm bcati Dionysii. Comme on le voit, cette terre était en fief de l'évêque de Paris, et proche le château de Saint-Denis. (Voir la note 7 au sujet de cette terre de Saint-Marcel).

MATTHIFAI I-. ii

de Payen de Praer \ de Rao.il le Bel de Villicrs ; d'Adam de Ballcmont; d'Yves de Conflans et d'Anselme de Groley.

Quelque temps après, Matthieu donna aux chanoines de Saint- Victor une prébende en l'église de Saint- Martin de Montmorency.

Dès l'année 1 139, le nom de Matthieu se trouve rapporté avec la qualité de connétable dans les actes et chartes de l'abbaye de Saint-Denis. La bonne intelligence régnait alors depuis quelque temps entre ces abbés et les sires de Montmorency.

Dès l'année 1 1 19, Matthieu avait fait la promesse au roi de France, Philippe I®% de ne faire construire aucune forteresse dans l'île Basset (aujourd'hui l'île Saint-Denis), et en cas d'infraction , il consentait même d'avance à ce que la forteresse fut détruite et le village rasé et ravagé entièrement K

Le prieuré du bois Saint-Pierre, auprès de Montmorencv, fut aussi donné auxdits chanoines de Sai-nt-Victor, à la condition d'y célébrer tous les jours l'office divin pour le sire de Montmorency. Cette donation fut la dernière faite à cette abbaye par ce seigneur.

En 1 139, le roi Louis le Jeune ou le Moine donna à l'abbaye de Saint-Denis et au prieuré conventuel de Notre-Dame d'Essonne (dépendant de Saint-Denis) tous les droits de pêche à lui appartenant en la ville de Gorbeil sur la rivière d'Essonne. Cette charte est signée par Radulphe ou Raoul, comte de Vermandois [comitis et dapiferi nostri] ; Guillaume, bouteiller [buticularii)\ Matthieu, connéidhXo. [cvistabularii) ; Mat-

I. Voyez Touchard-Delafosse, Histoire des envirofis de Paris, (tome m, P'^ige b^6).

72 LES SEIGNEURS DR MAÎiLY.

thieu, chambellan [camerarii)^ et de la main d'Algrin, chancelier (t'/<^/(^/?er manum Algrini cancdlarii). Elle fut donnée à Paris au palais du roi, en ladite année.

En 1 141, le roi ayant à châtier plusieurs seigneurs du Poitou qui opprimaient notamment les églises deCluny, d'Angoulême, de Glermont et autres prieurés qui avaient imploré la protection du roi, Matthieu eut le commandement des troupes après le roi de France. Le comte de Ghâlons et plusieurs autres seigneurs furent dépouillés de leurs biens ou fiefs, à raison de leurs violences.- Le roi donna à cette occasion trois chartes, dont Tune faite à Talmont confirma les biens que l'abbaye de Sainte- Gemme possédait en Saintonge; une autre charte, donnée à Niort, autorisa la fondation de Pabbaye de Nieuil, faite par un seigneur du Poitou nommé Ayraud Cassedenier. Une autre charte fut donnée à Saint-Jean d'Angély en faveur d'Agnès de Guyenne, abbesse de Notre- Dame de Saintes, tante de la reine Eléonore de Guyenne.

Toutes ces chartes furent souscrites par les grands officiers de la couronne : Raoul de Vermandois, sénéchal ; Matthieu de Beaumont- sur-Oise, chambrier; Matthieu de Montmorency, connétable, et Gadurcus, chancelier.

L'année suivante (i 142), le roi, de retour à Paris, engagea son frère, Henri, abbé de Notre-Dame d'Etampes, à faire une donation à l'abbaye de Saint-Martin des Ghamps, et celui-ci, cédant aux sollicitations du roi et de sa mère, Adélaïde ou Alix de Savoie, fit don à cette abbaye d'une prébende en son église, à la charge de prier pour le soulagement des âmes du roi Louis, son père, et de son frère Philippe. A cet acte de donation souscrivirent le roi et sa mère, Adélaïde de Savoie * ; Suger, abbé de

I. Adélaïde, Adèle ou Alice de Savoie, était fille de Humbert H.

MATTHIF.U I". 73

Saint-Denis ; Macaire, abbc de Maugny, près Etampes -, Hugues de Cré:y; Matthieu de Montmorency, et Guillaume, bouteiller de France.

Deux chartes données, en Tannée i 143, au prieuré de Saint-Nicolas d'Acy, près Senlis, sont aussi autorisées du'seing de Matthieu; l'une de ces deux chartes portait confirmation aux moines de ce prieuré, dépendant de Saint-Martin des Champs, à Paris, de la donation de plusieurs vignes faite par Barthélémy, chantre de l'église cathédrale de Senlis et l'autre charte autorisait l'accord fait entre les moines dudit prieuré et Eudes, neveu de Eudes Percebot, chevalier, au sujet d'une terre située à Barbery, en Bourgogne. Ces deux chartes furent souscrites par la reine Adélaïde, mère du roi, et Monseigneur Matthieu de Montmorency, son époux en secondes noces, tous deux étant veufs, l'un cf'Aline d'Angleterre, fille naturelle du roi Henri H, et l'autre du roi de France, Louis le Gros*. La terre de Barbery faisait partie du douaire de la reine, mère du roi; il n'y a donc pas lieu de s'étonner de l'intervention de Matthieu dans des actes concernant des lieux fort éloignés de ses domaines , et aussi de sa participation dans tous les actes quelconques intéressant le royaume à cette époque.

En cette même année (1143), Matthieu de Montmorency se trouvant à Lorris (en Gastinais), souscrivit à l'acte de confirmation des autels de Neuville et d'Yenville, en Beauce, que le roi donna à l'abbaye de Saint- Martin des Champs, et à une charte par laquelle ce prince confirme à Tabbaye de Saint-Denis "tous les privilèges que

prince du Piémont, marquis de Suze, comte de Maurienne, et de Gilles de Bourgogne, sœur du pape Callixte II.

I. Différents auteurs ont écrit que ce mariage eut lieu vers 1(41.

son père lui avait octroyés par sa charte de 1 122, et fait défense que Tabbé venant à décéder, personne n'ait à prendre ses biens tant meubles qu'immeubles. Cette charte fut donnée à Paris et souscrite par les grands officiers de la couronne, Gadurcus étant chancelier de France.

Vers le même temps, Suger, abbé de Saint-Denis, ayant fait rebâtir et agrandir Téglisc de son abbaye, supplia le roi, son élève, d'assister à la consécration des nouveaux bâtiments. Le' roi assista à cette grande cérémonie, et tira lui-même hors de l'ancien caveau les châsses renfermant les corps des saints Denis, Rustique et Eleuthère. L'on fît aussi l'ouverture de la châsse de saint Denis, après quoi le roi voulut la porter lui-même sur ses épaules, en une procession fort solennelle en l'église abbatiale. A cette consécration assistait la reine Eléonore, plusieurs archevêques et évêques et quantité de grands seigneurs, parmi lesquels était le seigneur de Montmorency et de Marly.

Le roi de France donna, en actions de grâces de cette consécration, à ladite église, plusieurs droits et coutumes qui lui appartenaient et se levaient sur les châtellenies de Cergy, de Trappes et de Gormeilles, et aussi sur les villages d'Ony et de Hernecourt, et pareillement au Clos de l'Infirmerie, le tout dépendant de l'abbaye de Saint- Denis, dont fait foi la charte à laquelle Raoul de Vermandois, Matthieu de Beaumont et Matthieu de Montmorency, Guillaume le Bouteiller et Gadarcus, chancelier, apposèrent leurs sceaux. Gette charte fut donnée au palais royal, à Paris, en i [44.

Les mêmes sceaux se trouvent au bas d'une charte de l'année suivante, donnée par le roi. Gette charte approu-

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vait et confirmait le don fait par son frère Philippe, abbé de Saint-Spire de Gorbeil, d'une prébende en son abbaye qu'il aiVcctait et annexait au prieuré de Notre- Dame des Champs, près du bourg d'Essonnes (membre dépendant de Tabbaye de Saint-Denis).

Deux autres chartes en faveur de Tabbaye de Saint- Denis, données par Louis VII, nomment Matthieu de Montmorency comme témoin. L'une de ces chartes fait mention du don du prieuré de Chaumont en Vexin avec toutes ses dépendances, et l'autre fait défense aux habitants dudit Chaumont d'obéir à l'archevêque de Rouen, ni à ses officiers, et de ne reconnaître leur juridiction, ni justice. Ces chartes sont données à Paris, et portent la date de 1 145.

Dans le cours de cette année si fructueuse pour l'abbaye de Saint-Denis, il survint un événement qui, d'abord presque une simple querelle, finit par une guerre et par un horrible massacre, et contribua pour beaucoup sans doute à l'entreprise de la croisade de 1147. L'archevêché de Bourges étant devenu vacant, le pape pourvut de ce siège son neveu, sans tenir compte que le roi de France avait le droit d'y présenter un successeur. Le roi ayant chassé le nouveau prélat, celui-ci trouva asile chez Thibaud, comte de Champagne. Louis VII avait à se plaindre de ce comte, car cet orgueilleux vassal lui avait refusé ses services, en maintes occasions. Il prit donc les armes, afin de réduire à l'obéissance ce puissant rebelle, et à la tête d'une armée nombreuse, il ravagea les terres de la Champagne.

Le sire de Montmorency accompagna le roi en celte guerre, et parmi les désastres et les maux qui accablèrent ce malheureux pays, rien ne surpassa l'horreur

qu'inspirera toujours la ruine de la ville de Vitry-le-Fran-

cois.

Cette malheureuse ville ayant irrité le roi par sa longue résistance, fut prise d'assaut, pillée et réduite en cendres; Téglise même, où treize cents personnes s'étaient réfugiées, ne fut pas épargnée : elle fut livrée aux flammes ainsi que tous ceux qui s'y étaient réfugiés, sans aucune distinction. A peine cette cruelle vengeance était-elle consommée que le roi se repentit de l'excès de sa colère et fît vœu, pour apaiser ses remords et expier ce crime, d'aller au secours des chrétiens de la Terre- Sainte qui de nouveau se trouvaient opprimés par les Turcs ou Sarrasins. A peine un demi-siècle s'était écoulé, et déjà les fruits de la première croisade 6t de la fondation du royaume de Jérusalem (en 1099} étaient autant dire perdus pour les chrétiens de ces pays, car la ville d'Edessa venait d'être prise par les infidèles et la population chrétienne massacrée, et, d'un autre côté, le sultan Nourreddin menaçait la Palestine.

Aucun roi de France n'avait encore pris part aux croisades, et leur réputation de piété pouvait en souffrir; de plus, de son côté, l'empereur d'Allemagne s'apprêtait à partir au secours de la Terre-Sainte. Tout bien considéré, et le souvenir de son crime étant toujours présent à sa mémoire, Louis VII fit alors prêcher la croisade en France et en Allemagne, et saint Bernard fut l'orateur choisi pour exciter l'enthousiasme et le zèle des chrétiens à voler au secours de leurs frères de la Syrie. Mais déjà et partout le refroidissement était général et l'empressement presque nul pour ces expéditions lointaines. Le roi établit, pour pouvoir subvenir aux frais de cette nouvelle expédition, une taxe (i 146) par tout le royaume, et

MAriiiii':u i«'-. 77

sur tous, nobles, prêtres ou manants, ce qui causa en certains endroits bien des désordres. Les seigneurs qui se croisèrent à Tcxcmplc du roi permireht à leurs serfs de se racheter à prix d'argent, et beaucoup de ces malheureux vassaux profitèrent de cette circonstance pour racheter leur liberté au prix d'une somme médiocre, ce qui permit à ces seigneurs de remplir leur vœu, et ces serfs, une fois libres, se plaçaient sous la protection du roi.

Dans ce même temps, et pendant les préparatifs de cette expédition, le roi fit un voyage à Poitiers, et Matthieu de Montmorency l'accompagna ainsi qu'à l'assemblée générale des croisés qui eut lieu à Etampes peu avant leur départ. Enfin le roi ayant donné à Suger, abbé de Saint-Denis, la régence des affaires du royaume en son absence, la reine Adélaïde de Savoie, le comte Raoul de Vermandois, sénéchal du royaume, et le connétable de France, Matthieu de Montmorency, furent appelés à former un conseil de régence et à seconder de tout leur pouvoir l'un des plus grands hommes de son temps : Suger, dont le nom doit être cher à la'postérité, et qui, pendant que le roi était parti accomplir son vœu en Terre-Sainte, gouverna le royaume avec tant de sagesse, de justice et de bonté, qu'il fut surnommé à juste titre le père du peuple.

Cette expédition dura un an, et le roi était de retour en France en 1148. En cette année, une charte donnée en l'abbaye de Coulombs affranchit l'église et le bourg de Marly de toutes coutumes et exactions séculières, ainsi qu'Hervé son aïeul et Bouchard, son père, les avait déclarés francs et exempts de toutes charges, du consentement de sa femme, Adélaïde de Savoie; Matthieu promit aussi de faire consentir à cet

affranchisseinent Thibaud, son frère, â son retour de la Terre-Sainte.

En outre, Matthieu de Montmorency ratifia toutes les donations faites par Hervé, son aïeul, à Tabbaye de Coulombs, notamment de Téglise de Marly ; il les augmenta même, et s^engagea à faire confirmer le tout par son frère, Thibaud, dans le délai de trois à quatre mois. Dans cette charte, Matthieu reconnaît que les moines lui ont octroyé une somme de quarante livres de deniers parisis, sur les revenus qu'ils ont à Marly, pour l'aider dans les dépenses nécessaires pour le rétablissement des murs de son château. Il reconnaît aussi qu'il ne pouvait percevoir dans le bourg de Marly aucune coutume séculière, ni prétendre aucune exaction*.

La précédente charte tut accompagnée d'une autre charte de la même année, par laquelle Hervé de Montmorency, doyen de Notre-Dame de Paris et fils puîné de Matthieu I^'", fit don au prieuré et église Notre-Dame de Marlv, de la terre et paroisse de Marly le Bourg. Ainsi les moines de Coulombs voyaient tour à tour les membres de la puissante maison de Montmorency leur confirmer la possession de la partie basse de Marly qui était appelée depuis longtemps le bourg.

Une troisième charte, donnée dans le même temps par Matthieu de Montmorency, est datée de Marly et donnée dans le cloître des moines {de Marleio in claustro jnonacliornm)^ ce qui prouve que déjà à cette époque, le prieuré de Notre-Dame de Marly avait parmi ses dépendances des bâtiments claustraux habités par des religieux de Tabbaye de Coulombs.

• I. Marre. Les Seigneurs de NogeiU-leRoi et les abbés de Coulombs,

page 27.

MATTHIEU \'r. 7Q

Une autre charte, datée de la même année, vient à Tappui de cette assertion^ elle concerne la prise de Thabit religieux par un seigneur nommé Payen [Paganus) ou Nivelon de Thorotte, des mains de Roger, abbé de Coulombs, dans le monastère de Notre-Dame de Marly : [hi monasterio bcatœ Mariœ apnd Marleiinn). Nivelou de Thorotte, à Tocccasion de sa profession et de cette prise d'habit, donna à l'abbaye de Saint-Germain des Prés un muid de blé à prendre par an sur des terres auprès de r Etang-la -Ville [Apnd Stagnum Villœ)^.

Deux ans après (ii5o), Matthieu P^, voyant que les moines de Coulombs vivaient régulièrement en Téglise qui leur avait été donnée à Marly, déclara qu'il leur confirmait toutes les donations qui leur avaient été faites par son père Bouchard. Cette église y est ainsi nommée : « Eglise de Marly en l'honneur de la Sainte Trinité et de la sainte Mère de Dieu [Eclesiam deMarîeio in honore Sanctœ Trinitatis et Sanctœ Dei Genitrix consecralani et eJHsdem edesiœ bm^gum.)

Depuis l'alliance de la maison de Montmorency avec celle de Beaumont-sur-Oise, les seigneurs de Marly avaient des censives et le droit de haute justice sûr la moitié du territoire de Conflans-Sainte-Honorine. Il y avait en ce lieu, et depuis les temps les plus reculés, un droit de péage établi sur le passage de cet endroit appelé le Travers [la travei^sée) de Conflans, occasionné par le grand passage des marchandises de Rouen à Paris, sur la rivière la Seine. Ce droit était acquitté par les bateaux de passage en ce lieu, soit en amont, soit en aval. Matthieu le percevait concurremment avec l'abbé de

t. Nivelon était possesseur de biens et de terres ou ticfs à Mareil- \ Marly et à ITtang-la- Ville, où il avait des droits assfez importants.

8o LES SEIGNEURS DE xMARLY.

Saint-Denis, mais c'était surtout à celui-ci que ce droit procurait des recettes parfois surabondantes, et c'était sur cette rente du Travers de Conflans que Bouchard IV avait doté de lo livres parisis, à se partager entre elles, les quatre églises : de Saint-Martin de Pontoise, de Saint-Pierre de Gluny, de Saint-Martin des Champs et de Sainte-Honorine de Conflans. Dans le titre de fondation de cette dernière église il était spécifié que cette rente était fondée afin que les moines pussent célébrer et fêter dignement la fête de Sainte-Honorine. Les seigneurs de Montmorency et Marly avaient encore des droits sur la dîme de Saint-Brice, car pendant que le roi Louis VH était en Terre-Sainte, et par deux actes de 1 148 concernant cette dîme, Matthieu le Bel, seigneur de Villiérs, la remit entre les mains de Thibaud, évêquede Paris, pour la donner à Eudes, prieur et au monastère de Saint-Martin des Champs, avec le consentement d'Isabelle, sa femme, d'Amaury-le-Bel, son fils aîné, et d'Adam, Raoul et Jean le Bel, ses autres fils. Matthieu de Montmorency autorisa non seulement la troisième partie de ce don qui était tenue de lui en fief, mais en plus de l'autorisation par lui donnée, et par l'exhortation et la volonté de Suger et du chapitre de Saint-Denis, de qui les deux autres parties relevaient, il prit la dîme entière sous sa protection, et promit de la défendre et conserver à ladite église de Saint-Martin -des- Champs, en présence de Thibaud, évêque de Paris; de Clément, doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris -, de Vuermond et Bernard, archidiacres ; de Hugues, archidiacre d'Arras; Albert, chantre; Philippe, frère du roi, et Nivelon, son maître; Algrin, chanoine; Suger, abbé; Simon, neveu de Suger; Matthieu de Montmo-

MATTHIEU I. 8r

rency; Ruric ou Rurice d'Andilly -, (kiy de (iroley -, Godard de Saint-Bricc, Jean de Gonesse ; Renaud, prévôt de Montmorency; Baudoin de Flandre, et Lambert de Bossemont.

Cette charte surtout est précieuse en ce que l'on y voit les noms de quelques hommes de fief des environs de Montmorency,

Le roi Louis VII, au retour de la croisade, et dans les années suivantes, fit plusieurs voyages dans ses Etats, en compagnie des grands ofiiciers de sa maison, au nombre desquels était Matthieu de Montmorency. Lors d'un voyage du roi à Saint-Léger-en-Iveline, Matthieu donna en faveur de Tabbaye de Saint-Denis une charte datée de ce lieu. Tan i i5o, Simon étant chancelier de France. Le roi s'achemina ensuite vers Beauvais pour pacifier cette ville et mettre fin au différend qui était survenu entre Tévêque et la ville, à propos de leur commune, ce qui s'apprend du privilège octroyé audit évêque, en i i5i, sous les seings des officiers et seigneurs du palais royal, savoir : -Raoul, comte de Vermandois , sénéchal du royaume ; Guy de Chantilly, bouteiller ; Matthieu de Montmorency, connétable; Matthieu II, comte de Baumont-sur-Oise, chambrier-, Renaud de Saint- Valéry ; Hélie de Gerberoy ; Adam Bruslart, et Hugues, chancelier de France.

Le nom de Matthieu de Montmorency se retrouve encore dans une charte de Tannée ii52 et dans d'autres : chartes des années suivantes; notamment dans celles qui sont rapportées en suivant :

En 1 152, le roi Louis VII fait don au prieuré de Notre- Dame d'Argenteuil, dépendant de l'abbaye de Saint- Denis, de la mairie de la ville d'Argenteuil, laquelle

avait été usurpée sur le prieur, aux charges que les religieux dudit prieuré seront tenus de célébrer tous les jours une messe du Saint-Esprit pendant son vivant, et après son décès une messe des trépassés et aussi nourrir trois cents pauvres le soir de son anniversaire. Cette charte est donnée à Paris, Hugues étant chancelier de France.

L'année suivante (f i 53), une charte du même roi fait don à la puissante abbaye de Saint-Denis du château, village et prieuré de Saint-Clair-sur-Epte (Vexin normand), déjà dépendant de ladite abbaye. De même que la précédente, cette charte est donnée à Paris, le roi étant en son palais.

Par une charte donnée en Tannée 1 164 en faveur de la même abbaye, le roi de France lui donne derechef le château de Saint-Clair, bâti par Henry, roi d'Angleterre, . avec le privilège de tenir un marché tous les vendredis J audit village de Saint-Clair; le roi prenant sous sa protection tous ceux qui viendront audit marché. A cette charte furent témoins : Thibaud, comte de Blois, sénéchal -, Guy, bouteiller; Matthieu, chambrier; Matdiieu de Montmorency, connétable, et Hugues, chancelier de France. ■

L'année 1 1 64 fut néfaste pour le sire de Montmorency, car sa femme, Adélaïde de Savoie, reine douairière de France, mourut au commencement de cette' année. Sentant sa tin approcher, la reine Adélaïde s'était retirée à l'abbaye de Montmartre, qu'elle avait fondée et i à laquelle elle avait légué la terre de Barber}^ provenant de son douaire; ce que à la prière de sa mère, et avant de partir pour faire un pèlerinage a Saint-Jacques de Compostelle, le roi avait approuvé et confirmé. Louis VII étant parti ensuite, et sa mère, voyant son état déses-

péré, envoya quelques-uns de ses domestiques vers son fils pour le prier d'agréer de nouv^eau cette donation ; mais le roi ne put satisfaire à ce désir, vu son éloignemcnt, et Adélaïde de Savoie mourut avant qu'il fût de retour. Mais ce prince, aussitôt arrivé à Paris, son vœu étant accompli, alla prier sur la tombe de sa mère qui avait été enterrée devant le grand autel du monastère de Montmartre.

Louis VII ayant satisfait à la piété filiale et les dames de Tabbaye de Montmartre étant assemblées en chapitre, il leur confirma la donation du village de Barbery, avec rétang, la justice et autres appartenances d'icelui, en présence de Thibaud, comte de Blois, sénéchal ; de Guy de Chantilly, bouteiller; de Matthieu de Beaumont, chambrier ; de Matthieu de Montmorency, époux de la défunte, et de Hugues, chancelier ^

Le sceau de Matthieu de Montmorenc}^ se trouve à une charte de Louis VII, roi de France et duc d'Aquitaine, où ce prince confirme en présence de Milon de Neauphle et d'Amaury, son frère, seigneur de l'Essart- Robert et de la Grande-Haie, toutes les donations faites par les parents et frères et sœurs de ces derniers, notamment de l'Essart-Robert et de trois muids d'avoine et de froment payables à la saint Rémy en faveur de rabba3^e des Vaux-de-Cernay, fondée vers 1 1 5o par Simon de Neauphle, leur père. Matthieu approuva aussi la dona tion en faveur de la même abbaye, faite par Osmond-le- Mercier, de sa maison à Marly, avec ses appartenances et d'un arpent de vigne {Hosmundus dédit domum suam de Marli cum appendiciis et arpentum vinea). Cette donation fut faite de ii55 à ii5().

I. Voir la note 8, Tombeau de la reine Adélaïde, à Montmartre.

Une charte, donnée à Melun, en iiSG, par le roi de France, restitua à Pabbé de Saint-Denis, Eudes, le Neuf-Châtel qu'Henri II, roi d'Angleterre, avait cons • truit dans le Vexin sur le propre fonds et terrain de cette abbaye, et le sceau du seigneur de Marly fut apposé à cet acte.

Matthieu de Montmorency autorisa encore de son sceau plusieurs dons faits à Pabbé du Val (près Villiers) par Dreux Bufet, en présence de Matthieu, comte de Beaumont-sur-Oise ; d'Anseau ou d'Anselme-de-l'lsle, et de Thibaud, seigneur de Gisors.

Ce même seigneur de Montmorency donna ensuite aux religieux de Deuil la dîme de tous les deniers cqusuels qui lui appartenaient sur le passage de la rivière de Seine, excepté ceux de Meulan ; il leur accorda, en outre, six mines de sel combles, en péage à Poissy, et soixante sols de rente sur le passage de Saint-Brice ^ il leur donna de plus les fours de Soisy et de Saint-Marcel, et le pouvoir de tenir en mainmorte ^ tout ce que ses barons ou ses vassaux voudraient bien leur donner; il leur donna encore le droit de pourvoir aux cures de Saint-Marcel et de Saint-Pierre de Gonesse.

En 1 158, les Anglais ravagèrent les environs de Paris et coupèrent toutes les communications de la capitale avec les villes d'Orléans et d'Etampes, et plusieurs des vassaux du roi de France, qui étaient aussi par leurs possessions et leurs domaines vassaux du roi anglais, ouvrirent les murs de leurs forteresses aux ennemis jurés

/. C'est-à-dire sans pouvoir l'aliéner ou le vendre, le bien faisant retour au Seigneur de l]ui il est tenu en mainmorte , en un mot, c'était une sorte de bail perpétuel ne cessant qu'il la mort du tenancier.

de la France, notamment Simon III de Montfort, comte d'Evreux, en Normandie, et de Leycestre, en Angleterre, seigneur de Montfort-rAmaury, au pays chartrain, qui, ayant embrasse le parti du roi d'Angleterre, Henri II, mit en son pouvoir ses forteresses d'Epernon, de Montfort et de Rochefort en Iveline.

L'histoire ne dit pas si xMarly eut à souffrir des ravages des Anglais ; et Ton peut supposer que le sire de Montmorency, qui avait épousé en premières noces une fille naturelle du monarque* anglais , grâce à cette alliance put faire respecter ses domaines ; malgré toutes nos recherches, nous n'avons rien trouvé qui puisse confirmer ou détruire cette supposition; Thistoire se taisant au sujet du village de Marly en rapportant cette invasion. Suivant des traditions plus ou moins erronées; plusieurs églises des environs de Marly furent construites par les Anglais lors de cette expédition, notamment celles de Bougival, d'Achères, de Montfort-FAmaury et autres dont i'énumération pourrait être assez longue.

Au mois de mai de Tannée suivante (i iSg), le roi de France fut obligé de faire la paix avec le roi d'Angleterre. Dans le cours de cette année, Louis VII fit un voyage à Bourges, accompagné du connétable de Montmorency, pour remettre Pierre, archevêque de Bourges, en possession du palais archiépiscopal qu'il détenait en ses mains.

En l'année 1 160, Matthieu de Montmorency fît don, à l'abbaye du Val, de vignes situées à Taverny et d'un verger qui en était voisin sur le coteau de la montagne, ainsi que le droit d'usage dans la forêt de Saint-Denis, qu'il avait donné à Thibaud, abbé du Val, vingt ans

Sf) LES SEIGNEURS DE MARLY.

auparavant; ce qu'il fit étant à Montmorency, du consentement de ses entants.

Matthieu P"" , de Montmorency, sire et baron de Montmorency, premier baron chrétien, connétable de France, seigneur de Marly et autres Heux , mourut la même année (1160). Marié deux fois, il laissa d'AHne d'Angleterre, sa première femme *, cinq fils qui suivent ; d'Adélaïde de Savoie, sa deuxième femme, Matthieu n'eut point de postérité. Les enfants de Matthieu de Montmorency furent :

i^ Henri, mort en bas âge.

2^ Bouchard V, qui suit.

3*^ Thibaud, seigneur de Marly, qui en Tannée 1160 confirma les donations faites par son aïeul Bouchard IV, à l'église de Saint-Eugène de Deuil, et donna ensuite en l'année 1 173, à Hervé, son frère, tout ce qu'il possédait à Montmorency et à Gonesse pour en disposer en faveur de quelques églises. Il partit ensuite pour le pèlerinage de la Terre-Sainte, et, de retour en 1179, il fit don à l'église de Notre-Dame du bois de Vincennes de tout le sel qu'il avait le droit de prélever sur les bateaux qui descendaient ou remontaient la Seine "^. Thibaud se fit ensuite moine à l'abbaye de "Notre-Dame du Val, ordre de Gîteaux; il y vivait encore en 1 189, car, à cette époque, il fut nommé, avec ses frères Hervé et Mat-

i. Suivant \^Chroni(jue de Haiiiaut, Matthieu aurait épousé Aliénor de Vermandois, nous avons suivi à ce sujet les auteurs ayant^traiié V Histoire de la maison de Montmorency (Duchesne, Désormeaux.etc). Voyez \t Féron, page 28 de son Histoire des connétables, maréchaux, amiraux de France, etc., etc.

2. Suivant quelques auteurs, Thibaud aurait assisté à la croisade de 1 147 et accompat^né le roi de France en cette expédition. Ce pèlerinage aurait donc été l'objet d'un second voyage de ce seigneur en Palestine.

thicLi, exécuteur testamentaire de Bouchard V, son frère aîné, décédé à cette époque *.

4^ Hervé de Montmorency, qui fut doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris; abbé de Saint-Martin des Champs et de Saint-Martin de Montmorency. Le nom de ce chanoine reviendra plusieurs fois sous notre plume dans le cours du chapitre suivant.

5° Matthieu de Montmorency , chevalier , seigneur d'Attichy (sur Aisne), seigneur de Marly, et auteur de la branche de la famille de Montmorency qui prit le titre de sires, barons de Marly. Les actes de la vie de ce seigneur seront rapportés après ceux de Bouchard V, son frère aîné, en suivant.

I. M. ds Saint-Alais, dans son Nobiliaire universel de France, fixe la mort de Thibaud de Marly à l'année 1190.

SEIGNEUR DE MONTMORENCY, ECOUEN , MARLY, CONFLANS SAINTE-HONORINE, ATTICHY-SUR-AISNE , HKROUVILLE, FEULARDE

(près MELUn), CHATEAU-BASSET, {

TAVERNYj SAINT-BRICE, GROLAY ET ÉPINAY-SUR-SEINE ( I 160-1 189)

Bouchard de Montmorency, cinquième du nom, con firma les diverses donations que son père avait faites à l'abbaye du Val, près Villiers, et les augmenta à plusieurs reprises, du consentement de sa femme, de ses enfants et de ses frères. Parmi les seigneurs qui souscrivirent à ces différents actes, et qui étaient pour la plupart vassaux de ce seigneur, Ton remarque les noms de : Baudoin d'Andilly ; Henri du Mesnil ; Adam de Melun; Josselin de Saint-Denis; Renaud Musavène ; Guy et

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