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Mauny, fief à Rocqucncourt

de Thierry de Gand, seigneur d^Alost et de Wacès. Elle était fille de Baudoin IV de Hainaut, dit le Bâtisseur, et d'Alix de Namur ; sœur de Baudoin V, con:ite de Flandre et de Hainaut ; tante de Baudoin et d'Henri de Flandre, empereurs de Gonstantinople ; et d'Isabelle, femme du roi de France, Philippe Auguste; ainsi que de Yolande, impératrice de Gonstantinople, nièce de Glémence de Namur, femme du duc Berthold de Zoeringhen, et cousine de Béatrix de Rethel, femme de Roger, roi de Sicile, mère de Gonstance, qui épousa Henri VI, empereur d'Allemagne.

L'on voit, par ce qui précède, combien était illustre TalUance que le sire de Montmorency avait contractée et qui faisait suite dignement et noblement aux alliances royales, contractées par son père et ses aïeux.

Vers Tannée iiyS, Bouchard fit une donation de vingt sols d'or à prendre sur ses revenus de Montmorency, en faveur de l'abbaye des Vaux-de-Gernay. Le sol d'or valait environ cent francs de notre monnaie actuelle *.

Nous verrons en suivant quel fut l'accroissement des biens de cette abbaye.

Par suite de donations successives, une partie du territoire de Marly passa au nombre des biens de ce monastère, situé jadis auprès deGhevrcuse,et qui n'otîre plus aujourd'hui que des ruines, comme tant d'autres

I. Un passage du cartulairc de l'abbaye de Vaux de Cernay s'exprime ainsi :

« En 1170, furent aumosnez par les ancestres de saint Thibaud, abbé des Vaux, tous les biens que les religieux possèdent à Marly, consistant en maisons, terres, prez, vignes, cens et rentes que les religieux vendirent, en 1643, à Jean-François de Gondy, archevêque de Paris. {Vo]r iiifr a.)

abbayes sur lesquelles a passé la tourmente révolutionnaire, ne laissant aux amis des arts que des débris brisés, que des tombes aux inscriptions mutilées, dont les ossements ont été dispersés !

Le i5 août iiy'i, dans la salle capitulaire de ladite abbaye, Thibaud, seigneur de Marly, donna aux moines de cette abbaye tout ce que Ebroin Groctel tenait de lui à Marly. Il confirma le don fait par Osmond le Mercier, et approuvé par son père.

Les témoins de cet acte, sont : Nivard , curé de Neauphle; Hugues, chapelain de Marly; Pierre Boutemie, qui donna un demi-arpent de vigne à Marly ; Simon de Mareil; et Gaston de Maubuisson.

Un autre bourgeois de Marly, Raoul le Grand, à la même abbaye, en la même année, fit don de sa vigne des Fontenelles, qu'il tenait en fief de Pierre Boutemie, et d'un demi-arpent qu'il tenait de Martin de Louveciennes. Une charte de Bouchard donnée dans le cours de ladite année (i 173), approuve la donation de Raoul le Grand, ainsi que les donations faites à Pabbaye des Vaux-de-Cernay, par Pierre Boutemie et Guillaume Tachain. Voici la teneur de cette charte :

« Omnibus hanc scripturam legentibus ; ego Buchardus de Monte Morenciaco, notificari volo, quod Radulphus de Marleio, dédit Deo ac m.onachis sanctee Marias de Sarnaio; vineam de Fontinellis quam (habuit?) in precedentibus litteris usque ad voces si autem, si autem ex predicta eleemosina aliqua calumnia exorta fuerit, ego cum domino Theobaldo fratre meo, et Petro Buthemica ac Willelmo Tachain, eam liberam et quietam faciemus ; nam hujus rei testes et fidejussores existimus. Teste : Ernulpho, decano de Castris ; ac Nivardo de

Nealpha (ou Neelfa) ; ac Gualterio, presbitero Lupicinarum -, Hugone, capellano de Marleio -, Slephano de Marolio; Guazone de Torota; Adam de Groceio -, Gerardo Ghothart ; Petro Mallet; Guazone de Malo- Buxonio ; Willelmo medico. Pro vinea de Fontinellis debent monachi XII denarios census, ad octabas sancti Dionisii ; pro magnis vineis III solidos, eodem die -, pro vinea domini Theohaldi XII denarios, die sancti Remigii. »

L'on voit par cette charte que Bouchard confirme cette donation faite par Raoul le Grand, à Dieu et au monastère de Sainte-Marie de Gernay, dans les mêmes termes que Pierre Boutemie et Guillaume Tachain et avant eux, Thibaud, frère de Bouchard, ont fait, eux aussi, leurs donations à la même abbaye. Gomme on le voit aussi les témoins de cet acte sont : Arnould, doyen de Castres ; Nivard de Neauphle; Gauthier, curé de Lou- \ veciennnes ; Hugues, chapelain de Marly ^ Etienne d^ Mareil ; (Gaston de Torote ; Adam de Groissi ; Gérard Ghothart ; Pierre Malet ; Gaston de Maubuisson et Guillaume le Médecin. Il y est dit aussi que les moines devront payer pour la vigne de Fontenelles douze deniers de cens dans Toctave de la Saint-Denis ; pour les grandes vignes quatre sols de même, et pour la vigne du seigneur Thibaud, douze deniers à pa3^er à la Saint-Remy.

Maurice, évêque de Paris, confirma aussi diverses donations des mêmes : Raoul le Grand, Pierre Boutemie et Guillaume Tachain, à Fontenelles et aux Netfliers à Marly. Les témoins de cet acte sont : Nivard de Neauphle^ Daniel, chapelain ; Osmond de Poissi *, Martin, curé; Marcel; Guillaume de Pont; Hugues, pinccrna; Guibert, pannctier; et Guillaume, coco.

BOUCHARD V. (j3

Bouchard ayant ensuite fait bâtir une chapelle neuve dans le château de Montmorency, supplia Pierre, archevêque de Tarentaise et légat du Saint-Siège, de la dédier; * ce qui fut fait avec magnificence et solennité en Tannée I ] 74. Le sire de Marly et sa femme assistèrent à cette cérémonie, ainsi que Renaud, abbé de Notre- Dame du Val de Cerna}^; et Guillaume, prieur; Hervé de Montmorency, abbé de Saint-Martin de Montmorency; Simon, chapelain ; et Guy, chanoine du Chapitre de Montmorency ; Evrard des Barres, moine de Glairvaux ; et Guillaume, chapelain; Matthieu de Roissy ; Guy de Groley et Richilde, sa femme, sœur de Matthieu de Roissy ; Pierre Aguillon ; Gauthier Buffet ; et Eve, sa femme; Gauthier de Grolay ; Baudoin d'Andilly; Guy de Torote; Henri du Mesnil ; Raoul de Bellefontaine ; Adam de Chaulverry et Raoul son frère ; Thibaud de Courvenne ; et Roard de la Cour;

Jacques de Guise nous a laissé le récit d'un tournoi crié entre Soissons et Braines en l'année 11 75, nous renvoyons à cet auteur pour les détails de cette joute. Nous dirons seulement que le comte Baudoin de Hainaut y vint en triomphe, et que près de deux cents chevaliers et douze cents hommes de pied s'y trouvèrent réunis, tous très experts et vaillants entre lesquels compagnons d'armes se trouvèrent Messires Raoul de Goucy S et Bouchard V de Montmorency, liés par la plus vive amitié, Messire Raoul de Clermont, et autres chevaliers qui tous montrèrent leur prouesse et leur vaillance à l'envi les uns des autres.

Deux années se sont écoulées depuis ce tournoi, et

I. D'autres auteurs nomment ce seigneur de Coucy, Renaud, au lieu le Raoul.

nous allons retrouver le nom du sire de Montmorency dans bon nombre d'actes de ce temps.

Bouchard, en Tannée 1177, approuva d'abord la vente de plusieurs héritages de son lief, ou du moins relevant de son fief, faite par Henri de Heugoth, chevalier, à Simon, abbé de Saint-Denis.

Il donna aussi aux religieux de Tordre de Grandmont, appelés les bons hommes, le fond et le terrain où fut bâti le prieuré du Mesnel (ou du Mesnil ?) au lieu dit la Goudraye ^

Bouchard autorisa aussi en faveur des chanoines de Tabbaye de Saint- Victor à Paris le droit de la dîme d'Eaubonne, que leur engagea Eustache de Tlle-Adam, dame d'Eaubonne, avec le consentement de Jean, de Pierre et de Matthieu d'Eaubonne, ses fils; de Matthieu de Tlle-Adam, son frère ; et de Milon de Nogenf, en présence de Thibaud et de Matthieu de Marl}^, frères de Bouchard; d'Amaury de Villiers ; d'Adam de Domont; d'Adam deChaulverry ; et de Raoul, son frère.

Bouchard de Montmorency eut encore dans le cours de Tannée 1 177 une contestation avec le prieur de Saint- Martin des Champs, au sujet de la donation de Téglise de Moucy-le-Neuf, faite par Albert, seigneur de Mouc}^, et vassal de Bouchard ; on ne voit la fin de ce différend qu'en Tannée 1224.

Quelque temps après, Bouchard accorda aux moines du prieuré de Domont, dépendant de Saint-Martin des Champs, deux muids] de vin à prendre par an sur les pressoirs de Montmorency, il amortit aussi toutes les donations mouvantes de son fief qu'Adam de Villiers,

I. Peut-ctre bien aujourd'hui Le Coudray, hameau de la commune de Blanc-Ménil, canton de Gonesse, arrondissement de Pontoise.

SCEAU DE BOUCHAHl)

Apposé a 2 cliapies l'une de S^Victor eLl autre de S^Maplui de Monlmorency des années 1184 et 1189 .

BOUCHARD V. cjS

seigneur de Domont; Idoine, sa femme, et Jean, leur fils, avaient faites à ce même prieuré *.

En l^année 1180, il fit un accord avec les religieux du Mesnil au sujet d'un échange de son bois de Monçou, situé à peu près à une demi-lieue de Poissy. L'année d'ensuite (i 181), il assigna aux moines du Val, ordre de Cîteaux, les legs de la terre qu'il avait àGonessc.

Laurence de Hainaut mourut le 9 août 1181, et fut enterrée à Tabbaye du Val. Ce fut par suite de cette mort qu'il fit don à . Téglise de Saint-Denis d'un droit qu'il levait sur les vignes que cette abbaye avait à Deuil, sous condition de célébrer tous les ans l'anniversaire de la mort de son épouse, et le sien après sa mort. Parmi les témoins de cet acte se trouvent Guarin , abbé de Saint-Victor ; Aimé, prieur ou supérieur du Val-Dieu ; Girard, chantre*, Gautier, chapelain; Roger de Solesmes: Thibaud et Hervé de Marly ; Adam le Bel de Villiers, et Amaury, son frère ; Renaud Musavène ^ Yves et Raoul de Conflans-Sainte-Honorine.

Bouchard de Montmorency se trouve au nombre des témoins d'une charte donnée par Maurice de Sully, évêque de Paris en l'année 1182, de son épiscopat la vingt-troisième, par laquelle ce prélat donna au prieur de Villepreux l'investiture de la dîme du Val-d'Aunay ^ donnée par .Pierre de Saint-Cloud, chevalier, et Gumeburge, sa femme ^. Bouchard donna encore la même

1. A Marly, on employait les mêmes mesures qu'à Paris pour le mesurage des terres, des grains et des liquides. Le muid de Paris contenait environ 187 litres. D'autres auteurs ont écrit que le muid contenait à Pans 268 litres, celui du Languedoc 114 litres, et celui de Bourgogne 320, litres.

2. Dom Villevieille, Archives de. Marmoutiers, prieure de Villepreux.

(jô LES SEIGNEURS DE MARLY.

année au profit de Taumônier de Tabbaye de Saint- Denis vingt sols de rentes à prendre tous les ans sur la prévôté de Saint-Marcel.

En l'année 1 184, le prieur de Saint-Eugène de Deuil présenta un chapelain à la cure de Saint-Thomas de 1 Montmagny, d'après le droit acquis des seigneurs de Montmorency. Hervé de Montmorency, doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris et abbé séculier de Saint- Martin de Montmorency, confirma cette présentation avec le consentement du chapitre , et Bouchard, en ses lettres à ce sujet, ratifia ce que son frère Hervé avait fait, et le fit approuver par Matthieu et Alix, ses enfants. Maurice de Sully, évêque de Paris, par d'autres lettres, confirma ce chapelain en sa cure et lui donna ses pouvoirs.

Dans le même temps, environ le 2 des Ides de mai, le pape Lucius IH confirma l'abandon fait par Bouchard de Montmorency des mauvaises coutumes et du droit de roage qu'il faisait payer à Tabbaye de Saint-Denis sur j les vignes de Deuil.

Étant allé en Tannée 11 85 visiter Té^lise du bois i Saint-Pierre, accompagné d'Hervé, de Thibaud et de ^ Matthieu, ses frères, Bouchard institua par leur conseil et leur volonté un chapelain en l'église de Saint-Martin de Montmorency, pour célébrer tous les jours une messe des morts; il fit aussi donation à ce prieuré du bois Saint- Pierre, des biens qu'il avait usurpés à l'abbaye | de Saint- Denis -, et qu'il chargea ensuite ses enfants de restituer à ladite abbaye et de donner en place aux chanoiries de Saint- Victor cinq sols (d'or?) de rentes sur \ la censive de Sarcelles. Sur la fin de sa vie, Bouchard avait résolu de faire le voyage de la Terre-Sainte et

d'aller prier sur le tombeau du Christ, mais la mort Tempècha de mettre ce projet à exécution. Il mourut en l'année i i(S(), et (ut enterré à Fabbaye du Val auprès de Laurence, sa femme, ayant donné à cette abbaye toute sa terre de Gonesse, et recommandé à ses enfants et à ses frères de restituer tout ce qui aurait été usurpé indiàment par lui ou ses officiers.

De son mariage avec Laurence de Hainaut, Bouchard laissa trois enfants, — qui furent :

lO Mathieu II, dit le Grand, connétable de France, l'un des plus valeureux guerriers et grands capitaines de son temps. L'histoire de ce grand homme appartient principalement à Thistoire de Montmorency, car bien qu'il eût hérité des terres et seigneur^ies de Bouchard, son père, nous rappellerons ici que la terre et seigneurie de Marly appartenaient à Mathieu , cinquième fils de Mathieu P% qui était frère de Bouchard V, comme nous l'avons vu, et oncle de Mathieu IL Celui-ci continua la suite de la branche aînée des sires de Montmorency, et se distingua notamment au siège de Gaillon et à la bataille de Bouvines,oii il prit douze drapeaux aux Allemands. En reconnaissance de ce fait d'armes, le roi permit à son connétable de charger son écu des douze aiglettes qui surmontaient sans doute la hampe des dra- 3eaux de l'Empereur, ou qui du moins représentaient ces glorieux trophées, ce qui ajouté aux quatre aiglettes qui / étaient déjà figurées, fut Torigine des seize aiglettes que les aînés de Montmorency portent dans leurs arènes; et rappelle le souvenir de seize drapeaux pris à près de trois siècles de distance par les preux de Montmorency sur les Allemands, les ennemis les plus acharnés

de la France, avec les Anglais, en ces temps de guerres presque continuelles.

Nous ne nous étendrons pas davantage à ce sujet, laissant à nos lecteurs de retrouver, dans les différentes histoires de la maison de Montmorency, les actes de la vie de ce célèbre connétable de France.

2° Alix de Montmorency, mariée à Simon IV dit le Machabée, comte de Montfort-l'Amaury, Tun des pro-. moteuirs et le chef de la croisade contre les Albigeois.

Alix accompagna son mari dans cette guerre, que l'histoire a flétrie et blâmée, et qu'elle aurait voulu pouvoir couvrir d'un voile, par l'injustice et l'iniquité qui en fut la conduite et le mobile, et par les horreurs et les cruautés dont elle fut accompagnée de part et d'autre.

Alix de Montmorency montra dans ces circonstances une énergie et un courage, que le fanatisme religieux et une ambition peu commune pouvaient seuls inspirer, tantôt amenant des renforts de troupes à son mari, tantôt, au milieu des combats et des assauts des villes, elle se montra digne héritière de la valeur guerrière de ses pères. Les historiens du Languedoc, Gastel et Dom Vaissette, qui ont écrit l'histoire de ces malheureux temps, parlent longuement de Simon de Montfort et de sa vaillante épouse *. Alix mourut le 2 5 février 122 1, et fut enterrée auprès de son époux (tué au siège de Toulouse en 1 2 1 8), dans l'abbaye de Haute-Bruyère, fondée par les seigneurs de Montfort. Elle avait eu de son mariage trois fils qui furent : i^ Amaury VI, connétable de France; 2^ Guy, comte de Castres ; et 3° Simon, comte de Leycester.

I. Catel, Dom Vaissette, Mémoires de l'histoire du Languedoc.

SCE/Vll DE MATHIEU CONNETABLE

ose à des chartes de lan 1209

Alix a\ait une sœur dont quelques écrivains ne ront pas mention, et dont d'autres ne font que donner le nom *, troisième enfant de Bouchard et de Laurence, cette demoiselle de Montmorency se nommait :

3" Eve de Montmorency et mourut en bas âge.

MATHIEU I^r DE MARLY

SEIGNEUR DE MARLY, MONTREUIL LE BONIN, VERNKUIL ET PICAUVILLE (ll8g-I205)

Avec Mathieu I" de Marly, commence la branche des sirCvS de Marly, seigneurs de ce lieu, issue comme on Ta vu par ce qui précède d'un puîné de Montmorency, et qui prit le nom de Marly, brisant ses armoiries d'un fretté d'argent, sur la croix de son écu, qui, à partir de cette époque, a toujours servi à distinguer la branche des sires de Marly, des autres branches issues comme elle de la maison de Montmorency.

Dans le Cartulairc de Tabbaye des Vaux-de-Gernay, se trouve une charte assez curieuse datée de Tannée 1 1 77, nous la rapportons ici textuellement : Littcrc Ma! /ici de Marleio de masiira Hemerià. Noveriiit omnes^ tam présentes., quam fiiluri^ qiiod ego Matheus domi-

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