‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 31 sur 90 · SCEAU DE MATHIEU · texte numérisé non relu

SCEAU DE MATHIEU

pposé à 2 Chaptes de labtave de S^Victor des années 1184-011189.

MATHIEU I»^ I)K MARLY. lor

7111S Marlcii^ conccdo in pcrpctuam eleemosynam monachis sanctc Marie de Sameio masuram Hcmerici caîy3utarii possidendam^ nnde nec a me iiec ab aliquo Iierede meo cogentuv py^efatlmonachi eam vendere^ nec aiio modo a se aîienare. Testibus Milone de Nie}pha\ Amaurico de Chateron; Pctro de Chateron; Symone^ monacho ; Odon de Plesseio ; Theobaldo de Viilers. Comme on le voit en cet acte, Matthieu, seigneur de Marly, fait savoir à tous présents et futurs qu'il a concédé à toujours, en pure aumône, et en toute propriété aux moines de Sainte-Marie-de-Gernay, une masure que le charpentier Hémeri possédait, de sorte que ni lui, ni ses héritiers ne pourront forcer les moines à le vendre ou à l'aliéner d'une autre manière.

Les témoins de cette charte sont : Milon de Neauphle; Amaury de Chateron -, Pierre de Chateron^; Symon, moine*, Eudes de Plaisir ; Thibaud de Villers, probablement tous hommes de fief de Mathieu de Marly.

Nous avons vu précédemment que Bouchard V avait recommandé à son lit de mort, à ses enfants et à ses frères de restituer tout ce qui aurait été usurpé sur autrui par lui ou ses officiers. Mathieu de Marly ayant, en Tannée 1189, fondé un service anniversaire pour le repos de l'âme de son frère Bouchard, en Téglise de Saint-Martin de Montmorency, publia les intentions de son frère dans une charte donnée en la même année ^ et dont voici le texte en français : Moi, Mathieu de Marly, et avec moi mes bien-aimés frères, savoir est : Thibaud, § moine au Val Sainte-Marie ; et M. Hervé, doyen de

1. Chateron, fief à Plaisir près de Neauphle-Ie-Chastel, avait au moyen âge le titre de vicomte.

2. Cette charte latine était conservée à l'abbaye de Saint-Denis.

Notre-Dame de Paris; nous désirons faire à savoir et expliquer à tous tant maintenant que toujours. Que comme Monsieur et notre frère, Bouchard de Montmorency, eut fait fin de sa présente vie, il nous a commis en la charge de ses affaires, et étant fâché de ses fautes, il nous a fait jurer et promettre que ce que nous trouverons de lui ou de ses serviteurs mal pris, nous le corrigerons, et ce qu'il avait occupé du droit d'autrui, nous le rendrons à qui il appartient. Nous obligés par une telle promesse, nous avons soigné de restituer à Téglise de Saint-Denis, le rouage ^ de cinq sols de cens, et les autres choses que nous avons appris être du droit d'iceux.

Mathieu de Marly fit ensuite partie des chevaliers français qui prirent part à la troisième croisade, et partirent en 1 1 89, avec le roi de France, Philippe Auguste ; le roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion ; et Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne.

Le but de Texpédition était d'aller de nouveau au secours des chrétiens de la Palestine, et de reprendre la ville de Jérusalem dont le sultan Saladin s'était emparé après en avoir chassé le roi Lusignan.

Laissant son épouse triste et désolée, mais résignée, en songeant que son mari allait combattre pour le Christ, notre châtelain de Marly se rangea sous la bannière de France et suivit de près le roi.

Une armée nombreuse de Français, d'Anglais et

I. Le rouage était un droit à payer sur chaque charretée de vin transporté d'un lieu à un autre, et cela avant que les roues n'aient tourné pour se mettre en marche; sous peine d'amende de soixante sols et confiscation du vin, de la charrette et de l'animal la conduisant.

MATHIKU I" DI-: MARLY. io3

d'Allemands se mit en marche, avec un enthousiasme des plus grands, mais comme la précédente croisade celle-ci eut peu de résultat. A peine arrivé dans TAsie Mineure, Tempereur Barberousse se noya au passage d'une rivière. La jalousie divisa les deux rois de France et d'Angleterre, rivaux de gloire et de talents, et aussi ambitieux Tun que l'autre.

Trois cent mille hommes, quoique cela, parvinrent jusque sous les murs de Saint-Jean d'Acre, et l'on entreprit le siège de cette ville, qui fut reprise sur les Sarrasins. Mathieu de Marly avait fait des prodiges de valeur à ce siège, et son neveu Josselin de Montmorency y fut tué. Les Français n'allèrent pas plus loin, avec une telle armée on eût pu soumettre entièrement la Palestine, et faire des prodiges ; mais le roi Philippe Auguste, fatigué de la fierté et de la hauteur du monarque anglais, quitta la Terre-Sainte avec son armée, et fit voile pour retourner en France*. Richard Cœur de Lion continua seul la campagne et se signala par sa valeur dans les plus brillants combats, mais toutes ces batailles furent inutiles, car il quitta à son tour la Palestine sans être entré à Jérusalem.

Comme la flotte des croisés revenait en France et que la fête de Noël approchait, le roi de France résolut de célébrer cette fête en Sicile, et à cette occasion il lit de grands présents à plusieurs de ses chevaliers qui avaient perdu leurs bagages dans la traversée ; entre autres, il

I. Entre autres traits de la fierté de Richard Cœur de Lion, Ton cite qu'il foula aux pieds l'étendard du duc Léopold d'Autriche croisé avec l'empereur d'Allemagne; l'on sait que ce duc se vengea plus tard de cet outrage en faisant prisonnier le roi d'Angleterre à son passage dans ses Etats.

donna mille marcs d'argent au duc de Bourgo^^ne ; six cents marcs d'argent à Hervé IV de Donzy, comte de Nevers; quatre cents marcs d'argent à Guillaume des Barres ; quatre cents onces d'or à Guillaume de Mello -, trois cents onces d'or à Tévêque de Chartres ; et trois cents onces ou marcs d or à Mathieu de Marly et à beaucoup d'autres qu'il récompensa suivant la perte qu'ils avaient subie.

A peine rentré dans ses États (i 191), le roi de France songea à affermir le pouvoir royal et à agrandir ses domaines aux dépens des grands feudataires de la couronne.

Avant de partir pour la croisade, Philippe Auguste avait déjà pris les villes du Mans et de Tours au roi d'Angleterre, Henri II; et s'était aussi emparé de l'Artois au préjudice de Baudoin, comte de Flandre.

En l'année 1192, le roi de France, au mépris de la promesse, qu'il avait Ifaite à Richard Cœur de Lion, de ne rien entreprendre contre lui pendant son absence, envahit la Normandie, qui appartenait encore à cette époque aux rois anglais-, mais Richard, étant revenu en toute hâte défendre ses domaines sur le territoire français, mit le siège devant Arques (i 193), et dans un combat qui eut lieu auprès de cette ville, Mathieu de Marly qui se trouvait parmi les chevaliers entourant la personne du roi de France, se rencontra dans la mêlée avec le comte Robert de Le3xester, estimé le plus brave des chevaliers anglais ; ce comte porta au sire de Marly un coup de lance qui lui traversa la cuisse, mais, malgré cette blessure, celui-ci porta à son tour un si rude coup de lance dans la poitrine du comte de Leycester, que ledit comte, désarçonné, mordit la

Page 1