‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 54 sur 90 · I. Inscriptions de la France, t. lU, p · texte numérisé non relu

I. Inscriptions de la France, t. lU, p

nent aucuns détails de la vie de ces ;derniers enfants de Mathieu de Marly, et les noms des deux derniers frères de Mathieu et de Bouchard ne sont pas connus. L'on ne peut que supposer qu'ils moururent en bas âge.

Après la mort de son époux, Marguerite de Lévis se retira à Tabbaye de Port-Royal, où elle mourut le i5 avril 1327, et où elle fut enterrée sous la lampe et devant le grand autel, lieu qu'elle avait choisi et où elle voulut être mise sous Thabit de religieuse *.

La tombe de Marguerite de Lévis, transférée après la destruction de Port-Royal dans l'église de Magny-les* Hameaux, s'y voit encore au côté droit du portail; elle n'est séparée de celle de Bouchard, son fils, que par l'espace occupé par la porte faisant face au maître-autel. Elle est de pierre de liais et de mêmes proportions que celle de Bouchard. Cette dalle, gravée au trait, est aussi d'une très belle exécution.

Sous une grande arcade ogivale, subtrilobée, à pignon aigu et accompagnée de pinacles .richement fleuronnés, est représentée la dame de Marly, couchée, la tête coif^ fée d'un voile et d'une guimpe, les mains jointes sur la poitrine, couverte d'un long manteau entr'ouvert, sur les bords duquel est brodée une série d'écussons sans ar^ moiries ; chacun de ses pieds reposant sur un petit chien à longues soies. Entre le fronton du milieu et les deux

^ 1. Marguerite de Lévis était bienfaitrice de cette abbaye^ de pluSj trois de ses sœurs y. avaient pris l'habit. Philippe, l'une d'elles, en était abbesse à cette époque; Yolande et Catherine étaient simples religieuses. Quoique ayant été enterrée sous l'habit religieux, cela ne veut pas dire que Marguerite eût fait profession ; il était d'usage, chez les seigneurs qui avaient beaucoup à redouter des jugements de Dieu» de se revêtir de l'habit religieux, soit par dévotion, soit pour s'attirer la miséricorde du souverain juge au moment de la mon.

i8o LES SEIGNEURS DE MARLY.

premiers pinacles sont agenouillés deux anges nimbés, vêtus de longues robes, tenant de la main gauche la navette et de l'autre l'encensoir. Plus bas, dans le trèfle supérieur, deux autres anges supportent sur une draperie Tâme de la défunte représentée par une petite figure nue dans l'attitude de la prière.

Trente-deux écussons, alternativement triangulaires et en losanges, ornaient autrefois les pilastres servant de supports à l'arcade; ils devaient être alternés aux quatre alérions de Marly et aux trois chevrons de Lévis. Les places du voile et des écussons sont vides aujourd'hui. Leur peu de profondeur fait présumer qu'elles étaient remplies autrefois par des plaques de cuivre ciselées, dorées ou émaillées. Autour et sur les quatre côtés de la dalle, on lit cette épitaphe en vers léonins qui nous donne en peu de mots la date de la mort, la généalogie et l'histoire de Marguerite de Lévis ; elle est gravée en lettres majuscules gothiques^ nous la reproduisons d'après le monument ; nous ferons toutefois observer que le premier vers doit se scander en donnant à chacune des lettres de la date, sa valeur syllabaire.

Arino. M. G. Bis. LX. Bis V. Semel. i Bis, ' Hic. requievit. ibi. post. cujus. nomen. habebis. Margareta. fuit. Mathei. Malliacensis.

Uxor. et. hanc. genuit. generosus. Guido. Levensis. Sex. parit. ista. mares, vir. obit. petit, hec. moniales Intra. claustrales, eligit. esse, lares In. requie. multa. sit. nomne. veste, sepulta. Luceat, eterna. sibi. lux. in. pace. superna. Amen.

Voici la traduction de cette épitaphe :

Année mil trois cent vingt-sept.

Çi-gît illustre Marguerite,

Qui pour père eut du ciel le vaillant de Lévis,

MATHIEU II. i8i

D'un grand succès encore son destin fut suivi,

Quand Marly, comme époux couronna son mérite,

Six garçons qu'elle en eut rendaient son sort bien doux;

Mais la mort lui ravit ce cher et noble époux.

Elle aussitôt bravant la fortune inconstante,

Sous un voile sacré se dévoue au Seigneur,

Qui charmé des beautés de cette chaste amante,

La comble dans le ciel d'un éternel bonheur.

Ainsi soit-il.

CHEVALIER, SEIGNEUR DE MARLY, GRAND ECHANSON ET GRAND CHAMBELLAN DE FRANCE (l298-l3o5)

Par une charte du i3 octobre 1274 et du vivant de son père, Mathieu III de Marly confirma la donation de quatorze livres de rentes que ses parents avaient faite à Tabbaye des Vaux-de-Gernay, et le don que son frère Bouchard avait fait de seize livres de rentes aux mêmes religieux.

En 1294, du consentement de sa femme, il vendit à Renaud, abbé de Saint-Denis, et à son monastère, des biens situés à Montçou, Villaines et autres villages environnants, pour la somme de quatre mille quatre cents livres tournois, ce qui fut approuvé et confirmé par des lettres du Roi, en date du mois de décembre de la même année.

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