CONTRE -SCEAU
Imp Lemercicr & C Pans
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Le 7 mars 1299, il confirma les donations faites à Tabbaye des Vaux-de-Gernay par ses parents et ses prédécesseurs. Au mois d'octobre suivant, il ratifia la donation de seize livres de rente faite par Bouchard, son frère, à la même abbaye.
En l'année i3o2, se trouvant à Paris, Mathieu donna quittance à Hue de Bouville, seigneur de Milly, de la somme de cent livres petits tournois reçue en prêt par les mains de Jehan de Peleus, clerc du seigneur de Marly. Cette quittance est datée du jour de Pâques-Fleuries (des Rameaux).
Quelque temps auparavant, le roi de France qui depuis longtemps convoitait la Flandre et avait su profiter de la division qui existait entre le comte de Flandre et ses vassaux,'et'qui avait aussi par une voie peu loyale, et par une trahison sans exemple, excité le comte Gui de Dampierre contre les Flamands révoltés, puis, l'avait abandonné tout à coup lorsque toute réconciliation était impossible, força alors ce comte à trahir son suzerain, le roi de France, et à rechercher l'alliance de l'Angleterre en donnant sa fille à l'héritier de cette couronne. Philippe IV ne voulait pas soi-disant refuser l'autorisation que l'on lui demandait pour ce mariage, mais sous prétexte de voir le comte de Flandre, son vassal, il le manda à ce sujet et le retint prisonnier. Gui de Dampierre ne sortit de la tour du Louvre qu'en laissant sa fille pour otage, et elle fut retenue captive jusqu'à sa mort.
Le comte fit alliance avec l'Angleterre qui ne lui fut d'aucun secours par suite de la guerre contre l'Ecosse, et jeta le défi au roi de France d'une manière insultante.
Enfin le 20 août 1297, la bataille de Balscamp avai;;
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suffi pour rendre le roi maître de la Flandre, déjà soudoyée en safaveur. Soixante mille Français avaient pris part à cette expédition, et tout porte à croire que xMathieu de Marly y assista.
Jacques de Chatillon, gouverneur de la Flandre, avait oublié qu'il avait affaire à une population jalouse de ses privilèges et de ses libertés; ses exactions nombreuses soulevèrent le peuple, et le 18 mai i3o2, quinze cents Français furent égorgés aux Matines de Bruges.
Aussitôt cette nouvelle reçue, le roi de France manda à Paris, ses chevaliers, au nombre desquels se trouvait le sire de Marly, et ayant réuni près de soixante mille hommes, Tarmée française se mit en marche sous le commandement du comte d'Artois. Le 11 juillet i3o2, fut livrée la bataille de Courtrai, où quatre mille chevaliers français, douze mille sergents d'armes restèrent sur le champ de bataille-, tout l'avantage fut aux bourgeois et aux paysans flamands qui, retranchés derrière un grand fossé, cachés par les roseaux d'un marais et des branches amoncelées, attendirent les Français.
Ceux-ci, pleins de confiance en leur valeur, animés par la vengeance et pleins de mépris pour ceux qu'ils allaient combattre, attaquèrent avec leur ardeur accoutumée et d'abord eurent l'avantage; malheureusement le comte d'Artois, étant venu à franchir le fossé bourbeux et plein de vase où s'était retranchée en arrière l'armée flamande toute entière, y resta engagé et fut tué à côté de la bannière de Flandre. Les chevaliers qui galopaient à sa suite vinrent à leur tour s'engager et s'entasser les uns sur les autres dans ce marais sans pouvoir se dégager. Les Flamands n'eurent plus qu'à assommer et égorger des hommes que le poids de leur armure et leur position
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critique mettaient autant dire hors d'état de se défendre. Ils purent suspendre dans leurs églises au moins quatre mille paires d'éperons dorés, dépouilles d'autant de chevaliers français tués par l'ennemi ou écrasés sous leurs chevaux.
Toutefois, le seigneur de Marly échappa à ce mas* sacre, car il assista ensuite à la bataille de Mons-en- Puelle où le roi Philippe IV commandait en personne l'armée française. Réduits à la disette et affamés, les Flamands descendirent dans la plaine pour attaquer les Français; ceux-ci les harcelèrent toute la journée sans aucune action décisive, mais le soir venu, les Flamands tombèrent sur les Français, surpris de cette attaque imprévue. On n'eut que le temps d'ôter au roi sa cotte d'armes fleurdelisée pour qu'il ne fût pas reconnu; il eut un cheval tué sous lui et fut foulé aux pieds, enfin il fut sauvé par deux bourgeois de Paris et s'enfuit honteusement. Toutefois se ralliant, les Français ramenèrent jusqu'à leur camp les Flamands entièrement défaits.
Revenu dans ses domaines, Mathieu de Marly mourut le, 27 janvier r3o5, laissant trois fils en bas âge que lui avait donnés Jeanne de l'Ile-Adam, dame de Valmondois. La terre de Valmondois était la dot que Jeanne avait apportée à son époux.
Mathieu de Marly avait été chambellan et grand échanson de France de l'année 1268 à 1274.
Ses fils furent :
1° Louis de Marly qui suit ;
2^ Mathieu de Marly qui est nommé dans quelques arrêts du Parlement des années 1341 à i352 et qui mourut sans alliance;
y Jean de Marly, dit Pelet, chevalier, seigneur de
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Picauville, en Normandie; marié à Mathiide de Revel, et mort sans postérité peu de temps après son mariage. Sa veuve, s'étant remariée à Jean de Meudon, plaidait pour son douaire, en i36r, contre les héritiers de Louis de Marly.
Mathieu III de Marly fut enterré en l'abside de Téglise de Port-Royal sous une tombe, devant le maître-autel, au côté de Tévangile, sur laquelle il était représenté en effigie, couché, son épée au côté, son bouclier pendu à la ceinture sur lequel étaient représentées ses armes, partie de celles de sa femme. La partie supérieure de cette, tombe se voit encore aujourd'hui à Magny-les-Hameaux. Dans le même costume que Bouchard, son frère, ce seigneur de Marly est représenté sous un arceau en ogive trilobée, soutenu par des colonnettes à chapiteaux de feuillage, surmonté d'un pignon percé d'une rose et orné de crossettes et de fleurons. Dans les tympans sont deux anges qui encensent. Le visage du sire de Marly est d'un beau caractère, A la droite de la tête se voit Técusson de Marly, et à la gauche celui de l'Ile-Adam dont on ne voit que les quatre merlettes du chef. On y lisait l'épitaphe suivante : Gi-gist monseigneur Mahi jadis sire de Marli, chevalier, mestre échanson de France, qui trespassa le mercredi après la conversion de saint Paul l'an de grâce MGGG et cinc. Priez pour l'âme de lui * .
Une charte de l'an 1 809, donnée en faveur de l'abbaye des Vaux-de-Gernay, est ainsi conçue :
A touz ceus qui ces lettres verront et orront, je Jehan ne de rille, dame de-Marli; salut en Nostre Seigneur.
Sachent tuit (tous) que je sui tenue, et obhgiée à desda-
l. Nécrologe de Port-Royal. Inscriptions delà France, III, p. 3oo.
magier (dédommager) religieus homme l'abbé des Vaux de Sarnay exécuteur du testament de bonne mémoire de très noble homme, Monseigneur Bouchart, jadis sire de iMarli, de cent livres parisis en bonne monnoie, se einsi estoit que ils fussent demandez au devant dit abbé por aucun retour faire à la terre de Gascoigne des damages (dommages) qui furent faix au tens de la guerre par li devant dit chevalier, les i avoit lessiez en son testament et obligons quant à ceste chose nous et noz hoirs, nos biens et les biens de noz hoirs (enfants), muebles et non muebles (meubles), présenz et à venir. En tesmoing de laquele chose nous avons donné audit abbé les présentes lettres scellées de notre scel. Ce fu fait Tan de grâce Mil CGC et IX le samedi devant la Ghandeleur ^
Gette charte est la reconnaissance etTaveu d'une dette contractée par Bouchard de Marly, lors de la croisade contre les Albigeois, et, comme on le voit, cette dette mentionnée dans le testament dudit Bouchard n'était pas encore amortie à cette époque.
Nous pouvons juger par les actes nombreux relatifs à l'abbaye des Vaux-de-Gernay que nous avons déjà cités; combien ce monastère devait être riche et puissant à Marly. Le bourg de Marly, qui appartenait aux religieux de Goulombs, se trouvait placé sous la juridiction de cette abbaye. Les abbés des Vaux-de-Gernay se trouvaient dans le même cas par rapport à leurs possessions à Marly. La charte suivante en fait foi.
De la justice de l'abbaye à Marly.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jehanne de l'IUe, dame de Mally, salut : Sachent tuit (tous) que
i. Cartulaire des Vaux-de-Cernay, charte MXXIV.
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comme aucuns de noz genz et sergenz eussent prins en la maison de religieus homme, l'abbé et le couvent des Vaus de Sarnay séant à Mally, un homme en justicant et par manère de justice et lidit religieus nous eussent requise que nous feissions le leu (leur) restablir et adrecier (redresser) ce qui fait avoit esté par noz genz espéciaument. Gomme en ladite maison et clostures d'icele nous n'ayens garde signourie ne justice nulle en la maison et clostures dessus dictes, etc. En tesmoing de laquele chose nous avons ces présentes lettres scellées de notre scel qui furent faites et données le jour des Brandons % Tan de grâce mil trois cens dis et neuf "2.
Cette charte n'a pas besoin de commentaires, elle établit d'une manière péremptoire le droit de justice exercé à Marly par les abbés des Vaux-de-Cernay.
Quant aux autres droits et possessions de cette abbaye à Marly, nous leur consacrons. un chapitre spécial parmi les notes qui sont ajoutées à cet ouvrage ^.
Le samedi après la Saint-Martin d'été. Tan i327, fut rendue une sentence du Chcitelet de Paris, par laquelle les abbé et religieux de Saint-Denis étaient maintenus aux droits d'épaves dans l'étendue de la rivière de Seine, depuis le Blanc-Port jusqu'à Ghambly (?), à l'encontre des sieurs et dame de Marly qui avaient fait arrêter du mairien comme épaves au rivage de la rivière au port de la Loge.