PHILIPPE DE LÉVIS
Par un acte du i 7 mai 1 388, où Philippe de Lévis est qualifié dj noble et puissant seigneur, messire Philippe de Lévis, chevalier, seigneur de Florensac et de Marlyle-Ghâtel, on voit que ce seigneur reçoit des mains de Gaucelin-Baudil, son procureur et receveur, résidant à Magny-FEssart, la somme de dix livres que Garnier Rabiolle, bourgeois de Paris, paya pour le rachat d^une certaine quantité de vignes, sises à Fontenay, qu'il avait du chef de Gilette, sa femme, et qui étaient tenus en fief de Philippe de Lévis, à cause de sa châtellenie de Magny-TEssart *.
Le 26 août de la même année, la quatrième partie de la terre de Florensac lui fut adjugée, et il acquit de Thibaud de Lévis ou d'Espagne, son cousin, les droits que celui-ci avait sur cette terre, dont il paya les quints deniers au roi de France en Tannée 1394.
Philippe de Lévis reçut aussi, la même année, une
I. Sachent tuit qui ces présentes lettres verront que: Je Gaucelin Baudil, procureur et receveur généraulx du noble et puissant seigneur messire Philippes de Lévis, chevalier seigneur de Florensac et de Mailly-le-Ghatel, cognoit et confesse avoir eu et'resceu de Garniet Robiolie bourgoys de Paris 10 frans deus pour raison du rachat de certaine quantité de vin tenu en llef de mon dit seigneur prins et resceu au lieu de Pontaney, pour ledit Garniet, à cause de'Gellette, sa femme. De laquelle somme desdits X frans je en nom de mon dit seigneur men tient encontent et en quitte ledit Garniet et ladite Gellette, sa femme, et tous ceulx à qui quittance en puet et doit appartenir; et parmy ce ai mis et mets ledit Garniet Robiolie en la suffrence de mondit seigneur jusqu'à sa venue, sauf en toutes chousses le droit de mondit seigneur et tout autre. Lequel fié est tenu de mondit seigneur à cause de son chastel et châtellenie de Maigny-Lessart juxta Chàtelf. ... (Châteaufort). Donné audit Maigny-Lessart le dimenge XVII™" jour du mois de may, Tan de grâce mil CGC IIII^^ et huit. Et parmi ce nous avons levé et levons les mains de mondit seigneur dudit fief et de tous les estant dudit fief et eschouz depuis la main mise. Donné audit Maigny-Lessart, etc., à la même date. (Gartulaire de Notre-Dame de la Roche, p. 459.)
certaine somme pour les droits qu'il avait sur la seigneurie de Picauville.
Le 14 août 1400, monseigneur Philippe de Lévis, seigneur de Florensac et de Marly-le-Ghastel , reçut rhommage de Guillaumette, femme de N Baillehache, foi et hommage que cette dame lui devait pour son fief de Voisins, assis entre Saint- Arnoult et Rochefort, ledit fief tenu et mouvant de lui à cause de son château de Lévis.
Dès Tannée 141 1, Philippe de Lévis jouissait d'une pension sur toutes les recettes des finances.
L'année suivante (141 2), il fit un échange avec Brunissende de Lautrec, dame de Garencières, de la terre de Thory relevant des Andelys, en Normandie.
On a de Philippe de Lévis une quittance donnée à Paris, le 24 mars 1412, de cent trente-quatre livres parisis payéesjpar le doyen et le chapitre de Notre- Dame de Paris ; laquelle somme ils lui devaient à cause d'un fief de dix-huit muids de vin, sis à Fontenay, mouvant dudit seigneur à cause de sa châtellenie de xMagny- TEssart.
Voici le texte de cette quittance :
Saichent tuit que nous, Philippe de Lévis, chevalier, seigneur de Florensac et de Marly, confessons, et recognoissons avoir eu et reccu de vénérables personnes et saiges, doyen et chapitre de Paris, la somme de six vins {sic) quatorze livres huit sols parisis pour les lev^eez de cinq anneez d'un fief de dix huit muys de vin de rente assis à Fontenay lez Baigneux (Bagneux), tenu, et mouvant de nous à cause de notre terre de Maigny Lessart. C'est à savoir des années M IIIl'^ VI (mil quatre cent six), IIIP VII (quatre cent sept), IIIP VIII (quatre
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cent huit), 1111° IX (quatre cent neuf) et quatre cens dix; etesquelles levée/, ils auroient esté condempnez envers nous* par certain arrêt de la Cour du Parlement, donné et prononcé en septembre derrenier passé ; et lesquelles leveez ont esté depuis taxéez, appréciecz, et avalueez à ladite somme par certains commissaires donnés par ladite Cour.
Desquelles VI^^ XIIII livres VIII sols parisis nous nous tenons pour content et en quittons lesdiz doyen et chappitre et tout autre à qui quittance puet et doit appartenir. Donné en tesmoing de ce à Paris soubz nostre propre scel le XXI 11"^^ jour de Mars, Tan mil quatre cens onze. Scellé en cire rouge sur simple queue en parchemin *.
En 1416, ce seigneur de Marly avait donné à Jacques Bélier, résidant à Séez, 2o5 arpents de terre de son fief sis aux Essarts de Marly ^. Il partagea aussi ses biens entre ses enfants cette même année, le 4 mars.
Le i^"" avril 1416, Philippe de Lévis donna Tacte suiv^ant :
Philippe de Lévis, chevalier ; seigneur de Florensac, de Marly le Chastel et de Magny Lessart, à nos bailly, procureur et autres officiers dudit Maigny.
Salut : savoir faisons que aujourd'hui, honourable homme et saige, maistre Nicholas de Baye, greffier en Parlement nous a fait foy et hommaige de dix huit muis de vin de rente, prins chacun an en vendanges, sur les vinaiges, voierie, et rentes que doyen et chapitre de
1. Voyez le Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, page 460, et l'original de cet acte aux Archives nationales, section S., i63-io.
2, Les Essarts de Marly sont aujourd'hui les terres de la ferme du Trou-d'Enfer.
Paris ont en la ville de Fontenay lez Baigneux, Saint
et appartenances d'icelle ville tenuz et mouvans de nous en fief noble à cause denostre chastel, etchastellenié du* dit Maigny : à laquelle foy et hommaige nous lavons reçeu sans contredit. Si vous mandons et estroitement enjoignons, et à chacun de vous, si comme à lui appartiendra, que pour cause dudit hommaige non fait et d'adveu ou dénombrement non baillé, vous ne traveillez, grevez ne molestez ledit maistre Nicholas en aucune manière, et se aucun empeschement avoit esté mis en son dit fief pour cause desdiz hommaige non fait et adveu non baillé si le mecctez ou faites mettre à pleine délivrance et lequel nous lui délivrons à plain par ces présentes. Donné à Paris, soubz nostre scel le i^'" jour d'avril, Tan mil quatre cens et quinze, avant Pasques (scellé comme Pacte précédent) *.
Philippe de Lévis vivait encore en 1422.
Nous avons vu que le fils aîné de ce seigneur, nommé Bertrand, avait eu en partage la seigneurie de Florensac. Ayant épousé Gaillarde de Peyre, fille d'Astorg de Peyre et de dame Gaillarde d'Apchier , il en eut un fils, nommé Philippe, qui, marié à Isabeau de Poitiers, fille de Louis de Poitiers et de Polixène Ruffo, sa deuxième femme, et ayant pris part à la guerre qui eut pour résultat la prise de la Guienne sur les Anglais, fut tué au siège delà ville d'Acqs, en 146 1. Il laissait de son mariage une fille, née posthume, nommée Jeanne, mise d'abord sous la tutelle du comte de Villars, son parent; ensuite il fut décidé que i'évêquede Mirepoix en aurait la
I. Cartulaire de Notre-Dame de la Roche, page 4Ô1. Archives nationales, section S , i63,8.
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tutelle et le bail des terres. Plus tard le Dauphin, depuis Louis XI, la maria à Louis de Grussol, son favori, qui, le i8 octobre 14G1, fit hommage au roi en la Chambre des Comptes pour les seigneuries de Marly-lc-Ghàtcl, de Magny-l'Essart, de Châtcaufort, de Lévis et de Dugny ? mouvantes de la prévôté de Paris, à cause de Jeanne, sa femme*.
Le 14 mars 1465, fut donnée mainlevée de la saisfe féodale faite sur le moulin de Dionval, à Galardon, accordée au prieur de Saint-Thomas d'Epernon par Jean de la Rivière, procureur de messire Louis de Crussol, chevalier, seigneur de Marly, et gouverneur de la terre ou fief de Marly, à Galardon ^.
Ce seigneur de Marly mourut le i3 novembre 1474, laissant à sa veuve, par son testament du 18 août 1473, la jouissance de là terre de la Bastide. Il portait en ses armoiries : D'or, fascé de sinople.
Eustache de Lévis, deuxième fils de Philippe, seigneur de Florensac, avait épousé Alix de Damas, dame de Cousan, fille de Hugues de Damas, seigneur de Cousan, et de dame Alix de Beaujeu, qui lui donna les douze enfants qui suivent :
1° Philippe, archevêque d'Auch et ensuite d'Arles, cardinal en 1471, qui étant mort à Rome en 1476, fut enterré en Téglise Sainte-Marie Majeure.
2° Jean, seigneur de Cousan, Lugny et ensuite de Marly, qui suit.
3° Eustache, d'abord abbé de Montmayor, ensuite archevêque d'Arles, après son frère. Il mourut à Rome
1. Archives nationales. Registres des hommages anciens de France.
2. Archives d'Eure-et-Loir. Titres d'Epernon. Communications de M. A, de Dion.
2o6 LES S?:iGNEURS DE MARLY.
le 22 avril 1489 et fat enterré dans Téglise de Sainte- Marie Majeure, dans le même tombeau que Philippe, son frère.
4^ Guy, seigneur de Quélus. Son oncle Philippe de Lévis, archevêque d'Arles en 1462, lui fit don des seigneuries de Marly, Magny et Amblainvilliers, comme nous l'avons rapporté précédemment.
En l'année 1460, la terre de Chaillot, faute d'hommage, avait été mise entre les mains de Guy de Lévis. L'an 1466, ce même seigneur reçut Thommage d'Antoine Sanguin pour la terre de Meudon.
Quelque temps auparavant, Guy de Lévis avait rendu hommage au roi pour sa seigneurie de Magny-l'Essart,
en ces termes Sachent tuit que je, Guy de Lévis,
escuyer, seigneur de Marly le Chastel et de Magny Lessart, avons à tenir en foy et hommage du Roy, mon souverain Seigneur, à cause de sa vicomte de Paris, ma terre, chastel, et chastellen3^e de Magny, tenant cens, rentes , prouffits , revenus , émoluments, droits, domaines, justice et juridiction, etc. Cet hommage est du 28 septembre 1463 ^
Au mois de septembre 1469, entre Bertrand II de Lévis, seigneur de Florensac, d'une part, et Jean et Guy de Lévis, tous deux frères ; fils d'Eustache de Lévis d'autre part; fut fait un accord par lequel Bertrand et Jean de Lévis cédaient à Guy, seigneur de Marly, les terres ou la part qu'ils avaient sur les terres de Quélus, Villeneuve, Périgny et la Gremade -, et celui-ci leur cédait à son tour les terres de xMarly, Magny et autres
I. L'original aux Arcliives de Scine-ct-Oisc, canton de Chcvreuse, 37* liasse.
1 24 Terres situées en Languedoc.
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lieux. Par cet échange, qui changeait totalement les dispositions de Philippe de Lévis en faveur de son neveu, Jean de Lévis, seigneur de Gousan, devint seigneur de iMarly *.
En Tannée 1492, Guy de Lévis, seigneur de Quélus, reçut rhommage de la terre de Ghaillot qui fut ordonné être fait au nom du roi, sans agenouillement ni baiser.
Guy de Lévis avait épousé, le i5 février 1475, Marguerite de Gardaillac, dame de Vareyres et de Privasac, fille de Guillaume de Gardaillac et de Marguerite de Narbonne, dont il eut
1° Guillaume, baron de Quélus-,
2" Catherine, mariée à Pierre de Gardaillac, seigneur de Bioulle ;
3'^ Marguerite, mariée à Gaston, vicomte de Lomagne, seigneur de Glaux ;
4^ Jeanne, mariée à Antoine Ébrard de Saint-Sulpice;
5° Madeleine, morte sans alliance^
Guy de Lévis, baron de Quélus, seigneur de Périgny, Villeneuve et autres lieux, mourut vers i'an i5o8*,
Les autres enfants d'Eustache de Lévis et d'Alix de Damas étaient :
5° Jean, qui fut religieux en l'abbaye de l'Ile-Barbe;
6° Marie , mariée à Guillaume Rollin^ seigneur de Beauchamp, frère du cardinal RoUin^ evêque d'Autun*,
7° Gharlotte, mariée à Jean de Lévis, quatrième du nom, seigneur de Mirepoix, dont elle fut la deuxième femme ;
8° Marguerite, mariée, le 5 septembre 1471, à Guil-
I. Nous avons vu que Philippe de Lévis avait donné en fief 2o5 arpents, sis aux Essarts de Marly, à Jacques Bélier. En 1482, Guy I •traita avec les enfants de Jacques Bélier pour la cession de ces biens.
2o8 LES SEIGNEURS DE MARLY.
laume d^Albon, seigneur de Saint-Fargeau, qui mourut en 1474. Cette dame se remaria au seigneur de la Queille, en Auvergne ;
9° Catherine, mariée à Jean de Pérusse des Cars, fils puîné d'Audouin IV de Pérusse et d'Hélène de Roquefeuil \
10° Isabelle, mariée en 1496 à Bertrand d'Alègre, seigneur de Busset, baron de Puysagut, fils puîné de Yves de Tourzel, baron d'Alègre, et de Marguerite d'Apchier ;
1 1° et 12*^ Agnès et Jeanne, mortes toutes deux sans alliances.