Voyez la note n« 12 relative à Pierre de Gondy
entre autres enfants : Jean-François-Paul de Gondy, cardinal de Retz, coadjuteur de Jean François de Gondy, son oncle, premier archevêque de Paris.-
Philippe Emmanuel de Gondy s'était distingué contre les corsaires barbaresques, en 1619 et en 1622. Il dirigea un combat naval contre la ville de la Rochelle, et était encore plus connu par sa grande piété, ainsi que son épouse. Ce fut chez lui que Vincent de Paul, appelé à être le précepteur de ses enfants, élabora sans doute les grandes œuvres de charité et d'humanité qui subsistent encore après lui depuis des siècles, qui en ont fait un saint, et le type de la charité portée à son plus haut degré. C'est grâce à la protection et au crédit de cette famille qu'il put entreprendre toutes ses bonnes œuvres; elle lui ouvrit Taccès des grandes maisons du royaume et lui assura Tappui de Henri de Gondy et de Jean-François de Gondy, archevêques de Paris, frères d'Emmanuel ^
En 161 7, M'"® Emmanuel de Gondy parvint à faire donner par l'archevêque de Paris le collège des Bons- Enfants, près la porte Saint-Victor, à la congrégation de la Mission fondée pour l'instruction du pauvre peuple des champs. Elle-même, par contrat, accorda une somme de 45,000 francs dont les revenus devaient servir à l'entretien des missionnaires. Ce fut le dernier acte de cette pieuse femme, qui mourut au mois de juin 1625.
40 Jean François de Gondy, premier archevêque de Paris, et seul seigneur de Noisy et Bailly-en-Cruye.
Nous ne nous occuperons pas des sœurs de ces seigneurs, qui n'ont aucune part à notre histoire. Albert de
I, La misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul, par M. Alphonse Feillet, pages 211, 212 et 219.
Gondy, laissait en mourant, ses enfants mineurs, et Henri l'ainé de ses fils fut placé sous la tutelle d'Henri, son oncle, évêque de Paris. Celui-ci prit la qualité de seigneur de Noisy et Bailly pendant la minorité de son neveu, comme il appert de plusieurs actes, depuis 1604 jusqu'en 161 5. A cette dernière date, Henri de Gondy, devenu majeur, prend dans différents actes les titres de duc de Retz et de Baupréau, marquis de Belle-Ile et des îles dTères, comte de Chemillé, baron du Plessis-le- Ghâtel, de Beaumanoir, de Marly-le-Châtel, seul seigneur haut justicier de Noisy, Bailly, Versailles , la Grange Lessart et les Essarts.
Henri devint duc de Beaupréau par mariage contracté le i5 mai 1610, avec Jeanne de Scépeaux, duchesse de Beaupréau, comtesse'de Chemillé, fille unique de Guy V de Scépeaux, duc de Beaupréau, comte de Chemillé. Il fut ensuite nommé chevalier des ordres du roi, en 16 19, et mourut à Prinçey, en Bretagne, le 12 août 1659, âgé de soixante-neuf ans.
Par un acte du 3o septembre 16 19, il avait vendu, à Henri de Gondy, cardinal-évêque de Paris, et à Jean- François de Gondy, maître de la chapelle du roi, ses oncles, la baronnie de Marly-le-Châtel et les seigneuries de Noisy, Bailly, Versailles et autres lieux environnants.
Le cardinal de Retz, Henri de Gondy, mourut le 3 août 1622 à Béziers, où il avait suivi le roi qui, par ses conseils, marchait les armes à la main pour réduire les huguenots.
Jean- François, son frère, lui succéda dans tous ses biens.
Il est qualifié dans un acte du i3 août 1626 ; baron
ALBbiRT l)l-: GONDY. 22 5
deMarly-lc-Chritel, seigneur de Noisy, Bailly, Versailles, la Grange- Lessart, et autres seigneuries.
Toutefois, en i()23 il avait vendu à Pierre de la Martelière, écuyer, seigneur du Fay, avocat au Parlement de Paris, la terre et le château de Bailly, avec toutes ses dépendances. Il accorda les droits honorifiques dans rëglise de Bailly, au seigneur de la Martelière, pour lui et ses successeurs, et se réserva, malgré cette vente, la qualité de seigneur de Bailly.
Par un contrat passé le 8 avril i632, il vendit la terre et seigneurie, de Versailles, avec le fief de la Grange- Lessart, au roi Louis XIII, qui le fit commandeur de ses ordres, en i633.
Il mourut à Paris le 21 mars 1654, âgé de soixantedix ans, et fut enterré en son église cathédrale, dans la chapelle de sa famille.
Après ce prélat, la baronnie de Marly sort de la maison de Gondy.
Les héritiers bénéficiaires de Jean-Francoisde Gondy étaient : Philippe - Emmanuel de Gondy, comte de Joigny, seigneur de Villepreux , prêtre de l'Oratoire , et Henri de Gondy, duc de Retz, capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances du roi^ Tun frère et l'autre neveu du prélat. Ils vendirent, par contrat d'échange en date du 28 juin i656, passé par devant Le I Cat et le Roux, notaires au Châtelet de Paris, et par procuration, la baronnie de Marly-le-Châtel et les sei- , gneuries de Noisy et de Bailly avec le fief des Essarts, à François Bossuet, pour la somme de cent cinquantetrois mille huit livres, vingt-trois sols, quatorze deniers de rente. François Bossuet était tenu, en plus, d'accomplir les choses réelles et foncières non rachetables dont
pouvaient être tenues ces seigneuries; les principales de ces cliarges étaient particulièrement :
1° Huit cents livres en deniers, quatre muids de blé méteil, quatre milliers de fagots et cotterets, le tout par chacun an à donner aux Pères Cordeliers de Noisy ;
2° Deux cents livres de rentes envers Tabbaye des Vaux-de-Cernay ;
3*^ Cent livres de rente!! envers l'œuvre et la fabrique de réglise de Marly ;
4° Six cents livres de pension viagère pendant la vie de dame Jeanne de Gondy, sœur d'Emmanuel de Gondy, prieure de Tabbaye de Poissy, et pareille rente viagère à dame Louise de Gondy, religieuse en ladite abbaye et sœur de la prieure.
En terminant ce rapide exposé historique sur la famille de Gondy, rappelons que le coadjuteur de Retz, Jean- François de Paule de Gondy, acheta, en [643, tous les biens que les religieux des Vaux-de-Cernay possédaient à Marly, et que ce même prélat affecta, chaque année, une rente de cinquante livres pour marier une pauvre orpheline au même lieu.