FRANÇOIS BOSSUET
BAROiN DE MARLY, SEIGNEUR DE NOISY , BAILLY, LES ESSAUTS ET VILLEDAVRAY (l 656-1 674)
La famille Bossuet était originaire de la Bourgogne et s'établit principalement à Seurre et à Dijon. Us étaient lissiers ou drapiers de père en fils, furent reçus bourgeois dès Tan 1460, et anoblis sous François P^ Ils avaient pris pour emblème, avant leur anoblissement, un cep de vigne rugueux avec cette devise : Bon bois Bossuet. Au xiv^ siècle vivait Jacques Bossuet, vicomte mayeur (maire) de Di)on, qui portait pour armoiries : d'azur à trois roues d'or, et fut Taïeul de Bénigne Bossuet, dont Marguerite Mochet, safemme> eut dix enfants, parmi lesqiiels ; Bénigne Bossuet, le grand prédicateur^ évêque de Meaux, se distingua entre tous.
François Bossuet était fils d'André Bossuet, établi à
Auxonne en 1607, cousin germain de Bénigne Bossuct, père de Tévêque de Meaux. Grâce au crédit de son cousin, ce dernier, doué du reste d^un grand génie, devint Tun des plus illustres prélats de son temps.
François Bossuet avait acheté une place de conseiller secrétaire du roi en ses Conseil d'Etat, direction et finances, et de secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, au prix de quatorze mille francs. Il jouissait d'une fortune de quatre millions, aussi avait-il à Paris une représentation convenable à cette fortune. Sa femme recevait chez elle tout ce que la Cour avait de plus distingué par le rang et la naissance. Ses deux filles, dont Tune fut depuis la- marquise de Fercourt et Tautre la comtesse de Pont-Chavigny, passaient pour les deux plus grands partis de Paris. L'on voyait habituellement chez lui la marquise de Sennecey, nièce du cardinal.de la Rochefoucauld, héritière de Randan, gouvernante des enfants de France dans toute l'intimité de l'amitié. Ce fut par François Bossuet que le futur évêque de Meaux fut présenté à M'"*^ du Plessis-Guénégaud, et que dès lors toutes les voies furent ouvertes au grand orateur du siècle de Louis XIV. Ce seigneur de Marly était généralement aimé dans l'exercice de ses fonctions de secrétaire des finances et doué d'une grande bonté.
Indépendamment de ses deux filles, il avait eu de son mariage un fils qu'il eut la douleur de perdre *.
Comme nos lecteurs le savent, il y avait deux seigneuries bien distinctes à Marly ; l'ouvrage que nous donnons ici n'a trait principalement qu'aux sei^^neurs châtelains