XVI PRÉFACE
est mordu de cette belle passion des choses d'autrefois, il est incurable. — Maquet, à force de privations, économise chaque semaine pour acheter les premiers livres indispensables, et se créer une toute petite bibliothèque, qui est la joie de ses dimanches et de ses fêtes. — Il ne possède, à ce moment-là, qu'une instruction bien imparfaite, des notions d'histoire insuffisantes, un peu de français, presque pas de latin. C'est avec ce mince bagage qu'il entre en campagne. Et, à quelques années de là, vous le retrouvez lisant les vieux textes et déchiffrant les inscriptions comme un élève des Chartes, ferré comme pas un sur les redevances, les aveux et les coutumes. — Et, vieux français, latin, épigraphie, blason, ayant tout appris, comme disait Paliss}^, « avec les dents ». — Je ne sais pas ce qu'en pense le lecteur, moi je trouve cela tout bonnement admirable!
Tout cela ne s'est pas fait sans amasser une quantité considérable de notes, très précieuses, et qui, pour la plupart, sont relatives à ce plateau de Marly dont nous parlions tout à l'heure. Maquet les coordonne, les assemble, et le voilà en possession d'une histoire complète de la seigneurie de Marly. — Il l'imprime! — Elle est sous vos yeux.
J'insiste sur ce fait que ce que l'on va lire est son œuvre toute personnelle. Le fond et la forme sont bien à lui. — Il n'y a pas eu ici ce que Ton appelle « un nettoyeur. » Le livre eût perdu à ne pas s'offrir au public avec certaines naïvetés et rusticités de formes qui ont leur saveur et qui sont bien naturelles chez un homme plus habitué à limer ses serrures qu'à polir son style.
Donc, le livre est bien de Maquet, et de Maquet seul. — Je ne saurais assez le répéter.