‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 85 sur 90 · FIEFS DE MARLY A PARIS ET AUX ENVIRONS · texte numérisé non relu

FIEFS DE MARLY A PARIS ET AUX ENVIRONS

Le clos de Garlande ou Mauvoisin. — Dans le cours de cet ouvrage nous avons parlé, en passant, des fiefs qui font l'objet de cette note et auxquels se rapportent divers actes des seigneurs de Marly, sans leur donner le développement qu'ils comportaient, ce qui aurait pu nous éloigner de notre sujet, et nous proposant, du reste, de réparer cette omission par cet article spécial.

Le. clos de Garlande appartenait à la famille de ce nom à qui il appartenait en partie sous Louis VI, et qui a lais=-é son nom depuis à la rue Galande. C'était un fief relevant du roi et des seigneurs de Garlande, qui appartint ensuite ou relevait du chapitre de Notre-Dame et de Sainte-Geneviève-de-Paris. Il occupait l'espace compris de la rue Saint-Jacques à celles du Fouarre, des Rats, des Anglais, du Plâtre, des Trois Portes, de Saint-Julien-le-Pauvre, à la rue Garlande. Au commencement du xiie siècle, Etienne de Garlande, archidiacre de Paris, fit don aux chanoines de Saint-Aignan, d'un clos de vigne qui lui appartenait en ce lieu, au bas de la montagne de Sainte-Geneviève. En 1 124, Guillaume de Garlande (dapifer) donna à Saint-Lazare

I. La seigneurie de Picauville (on Nonnandie) avait été donnée à Mathieu I*""" de Marly, par Phdipoe-Auguste, en récompense de services rendus.

appi-ndich:. ' 263

deux muids de vin par an à prendre sur son clos, près le Petit- Pont. En 1 134, Louis le Gros se défit, en faveur des chanoines de Notre-Dame, de la terre d'Etienne de Garlande, où étaient des vignes qu'il avait lait arracher, et de plus de la voirie, de toute la justice, des coutumes et autres droits féodaux se réservant seulement dix huit deniers de cens. En 1202, Eudes, évêque de Paris, fait savoir qu'en cas que le clos Mauvoisin (mauvais voisin) vint à être habité, il entendait que ceux qui y demeureraient fussent paroissiens de Saint-Etienne-du-Mont et de plus seraient dépendants de lui et de l'archidiacre de Paris.

Mathilde de Garlande apporta en dot, à Mathieu de Marly, un clos de vignes qu'elle avait en ce fief, et qu'en l'année 1202, son mari, avec son consentement, donna pour trois sols et huit deniers de cens, à divers particuliers, aux conditions suivantes : Qu'ils y feraient bâtir des maisons, que ceux qui les habiteraient seraient de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont; qu'ils paieraient à leur curé les dîmes grosses et menues avec tous les droits " dus par les paroissiens ; qu'à mesure qu'on y ferait des édifices, lui et sa femme pourraient en augmenter les cens et les rentes, et jouiraient de la moitié des lots et ventes, du tonlieu, rouage, forage, justice et tous autres droits seigneuriaux; mais que l'abbé et les religieux de Sainte-Geneviève ne pourraient rien exigerni des habitants de la rue qui, de la montagne Sainte-Geneviève, venait à la rivière, ni de ceux d'une autre rue donnant à la rue de Garlande. Depuis, Bouchard de Marly se défit par échange, en faveur de Garnier de Roquencourt, de six livres parisis par an de surcens qu'il prenait en ce clos.

En 1225, les chanoines de Notre-Dame-de- Paris traitèrent avec le roi Louis VIII de la taille qu'ils levaient sur le pain et le vin, par toute la terre de Garlande. Quelques années après, Bouchard de .Marly donna aux religieux de Sainte-Geneviève, pour son anniversaire, quarante sols de cens, à prendre pour ce qui lui appartenait en cet endroit-là, et Guillaume, son frère, chanoine de Paris, étant venu à mourir, Bouchard et Mathieu de Marly firent don au môme couvent de 100 sols de cens sur le môme bien pour la célébration de l'anniversaire de leur frère. Quelques temps après, Marguerite de Marly, du consentement d'Aimery de Narbonne, son mari, donna à l'abbaye de Port-Royal, dix livres tournois de rente sur le clos de Garlande pour fonder une chapelle après sa mort, c'est-à-dire que cette fondation fut ratifiée tous les ans de i23i à 1234, par son mari puis par son frère, par son oncle et par son cousin.

Saint- Louis déclara, en 1248, que la justice de ce clos appartenait au chapitre de Notre-Dame et que ceux qui y demeuraient étaient francs de toutes sortes de tailles à son égard, hormis de celles du pain et du vin eu certains temps. Les juifs y avaient un cimetière entre les rues Galande et du Plâtre, dans la terre de Henri et de Nicolas de Sens, l'un chanoine et l'autre souschantre de Notre-Dame, et chargé de quatre livres parisis de cens.

En 1203, l'abbaye de Sainte-Geneviève acheta, d'Aimery de Narbonne, tous les droits qui lui restaient en cet endroit pour sept cents livres.

Dans un terrier de l'an i536, le clos est appelé Mauvoisin.

(Sauvai. Antiquités de Paris. — Dom Félibien. Histoire de Paris, p. 168. — Hurtaut. Dictionnaire historique. H, p. 352.)

Fiefs à Meudon. — Le fief de Cottigny, sis à Meudon, consistait en huit arpents de vignes, soixante sols parisis de menuscens et un pressoir, avec trois droitures et demie. Mathieu de Marly en accorda gratis l'amortissement.

En 1385, Guillaume Champagnolle, t)Ourgeois de Paris, reconnut tenir à foi et hommage, de Philippe de Lévis, seigneur de Marly, un fief sis à Meudon.

Le fief du Colombier, assis à Meudon, lieu dit Beauvoir, était tenu, en i563 et 1564, par Etienne Brisse (ou Brice), fils de feu Martin Brisse, bourgeois de Paris et reconnu par lui, relever de la seigneurie de Marly.— (Lebœuf= Histoire du diocèse de Paris. Vin, p. 373-384-385.)

Fiefs à Chaillot. — En 1451, fut délivrée quittance pour les cens et rentes dus pour plusieurs pièces de vignes situées à Chaillot, par Philippe de Lévis, archevêque d'Auch, seigneur de Chaillot (et de Marly), à damoiselle de Bétizy, veuve de feu Gérard des Bruyères. (Inventaire des Archives de Seine-et-Oise. A., No ii56, p. 79.)

Il y eut, en 1469, un procès entre Dreux Budé, seigneur d'Yerres et Guy de Lévis, seigneur de Marly, relativement à la mouvance du fief de Jean Sauce ou de la Bietonnière, sis à Chaillot, et que le seigneur de Marly prétendait devoir lui appartenir.

Plus tard, Dreux Budé eut un procès avec le procureur du roi du Châtelet de Paris, au sujet de deux habitants dudit fief, constitués prisonniers au Châtelet. Dreux les réclamait comme étant ses justiciers à cause de la haute, moyenne et basse-justice qu'il avait sur ce fief de la Bretonnière.

APPENDICK. 265

(Inventaire des Archives de Scine-ct-Oise). A. N" 1273, p. 91. j

Voici comment la terre de Chaillot était venue aux seigneurs de Marly : Par suite d'une renonciation des seigneurs de Chaillot de la famille Roussel, conseillers au Parlement de Paris en 1450, la terre de Chaillot, comme vacante et par défaut d'hommage, fut mise en la main du seigneur de Marly-le-Chateau, nommé Gui de Lévis, seigneur féodal qui en jouit en conséquence. Mais, comme t\ l'occcasion de quelques prisonniers' détenus en 1442, dans les prisons seigneuriales de Chaillot, le procureur du roi au Châtelet conniàt que les prisonniers de ce lieu avaient accoutumé d'être amenés aux prisons du Châtelet; quant il y avait cas appartenant à haute justice ou quant le maire de Chaillot les avait gardés vingt-quatre heures, et non aux prisons de Marly, en sorte que par sentence du prévôt de Paris, donnée le 6 mars de la même année, la haute justice avait été adjugée au roi en toute la terre de Chaillot avec le droit des aubaines et biens vacants appartenants au haut-justicier.

En conséquence, Louis XI disposa de cette terre comme à lui appartenant et la donna à Philippe de Comines, sire d'Argenton et de Revescar, son conseiller et chambellan, pour les bons services qu'il lui avait rendus. Guillaume le Duc, conseiller au Parlement, s'opposa à la vérification des lettres, mais il y eut une sentence du Trésor entre eux deux; en sorte que Comines posséda cette seigneurie le reste de sa vie.

Mais le seigneur de Marly ne perdit pas pour cela ses droits féodaux. Un arrêt de la Chambre des comptes, en date du 23 juillet 1492, nous apprend qu'il fut ordonné à Pierre de Quatre- Livres, procureur du roi au Chastelet, de faire hommage pour le roi au sieur de Marly, pour la terre de Chaillot, près Paris, mais sans observer les solennités que gardent les autres vassaux : de s'agenouiller et de baiser le seigneur suzerain,

La consistance de la terre de Chaillot est ainsi expliquée dans les lettres au don fait à Comines, l'an 1474: Une tour quarrée et les prisons dessous. L'hôtel de la Seigneurie, qui était alors en masures, environ sept arpens de jardin et cerisaye qui allaient jusqu'au fossez des égouts de Paris; trois arpens de vignes en une pièce; seize ou vingt arpens de terre; trente livres parisis de gros cens, rouage des vins qui se baillent à ferme, et six ou sept arriére-fiefs tenus de la Tour-Quarrée; justice moyenne et basse, avec maire et sergent.

(H. Cocheris. Histoire du diocèse de Paris! t. IV.)

Les dames de la Visitation de Chaillot étaient devenues dames

hautes justicières de Chaillot et ensuite propriétaires des seigneuries subalternes.

On enregistra au Parlement de Paris, le 22 août 1693, des lettres patentes du roi, en leur faveur, portant union du fief de Longchamps, sis à Chaillot et de ses dépendances, à celui de Chaillot pour n'en faire qu'un seul relevant du roi, à cause de la baronnie de Marly.

(Dictionnaire historique de Hurtaut et Magny (1779). II, p. 158-159.)

NOTE No XVI

LISTE DES OFFICIERS DE LA SEIGNEURIE, DES OFFICIERS DU ROI, DES NOTABLES ET DES PRIEURS-CURES DE MARLY.

Officiers de la seigneurie.

1546-1553. Anthoine Chappelain, greffier de Maily-le- Chastel.

1546. Martin Vauguyon, fils de Jehan, greffier à Marly.

i553. Pierre Vauguyon, fils de Jehan Vauguyon de Réaulx, greffier à Marly.

16 r 7, Nicolas le Page, procureur fiscal de la seigneurie de Marly-le-Bourg.

162 1. Denis Gobin, procureur fiscal de la seigneurie de Marly-le-Bourg.

1625. Pierre Bioche, greffier de Marly-le-Bourg.

1677. Vigor Guillais , sergent fieffé à Marly-le-Châtel, le même est dit, en 1694, officier de commune du roi et substitut du procureur du roi au bailliage de Versailles.

1695. Nicolas Amour, huissier royal au bailliage de Marly.

1696. Emmanuel Champflour, procureur du roi au bailliage de Marly.

1696. Gabriel Dillery, receveur de la terre et baionnic de Marlyle-Chatel.

1696. Martin Titreville, officier du roi.

1696. Nicolas Sellier, notaire royal à Marly.

APPKNDICK.

1699. Claude de Champllour, officier du roi à Marly.

.1700. Jacques Caussard, ollicier de la feue reine.

1738. Jean Vernier, receveur des droits du roi au Port-de- Mariy.

1771. Pierre Pascault, notaire royal et commissaire de police,

1781, Maître Gourdonneau , commissaire de police adjoint.

Officiers du roi,

1623. Monsieur du Tilloy, huissier de la maison de la reine, à Marly.

1694. Louis Bacarit, inspecteur du château de Marly.

1696. Alexandre Bontemps , conseiller du roi et son premier valet de chambre ordinaire, intendant des parcs, châteaux et domaines de Ver" sailles, Marly, Noisy, Bailiy

' et leurs dépendances, etc.

1696. Claude-Alexandre Bontemps, conseiller du roi et son premier valet de garde robe, intendant ordinaire des pa;cs et châteaux de Versailles.

1696. Louis Bontemps, conseiller du roi et son premier valet de chambre ordinaire.

— Ces deux derniers, fils du précédent.

Notables de Màrly.

1694. Louis- Hector Caillier , garde de la porte du roi.

1694. Charles Hollande, officier, garçon du garde-meuble du château de Marly.

1694. Mathurin Pellerin, trompette des gendarmes du roi.

1694. Philippe Pellerin, sieur d'Aunois, gendarme du roi.

1742. Hector -Louis Caillier, écuyer, sieur de !a Pommeraye.

1760. Louis de Brie.

1760. Joseph Renard, écuyer.

1761. N. Pigrâis, garçon ordinaire de la chambre de la

reine.

1762. Mr Lévesque de Champeaux.

1762. Mr de Renneville, demeurant au port de Marly.

1763. Le chevalier de Miremont.

1765. Mr de Soulaigres , du port de Marly.

1766. Mr de Villeneuve.

1771, L'abbé de Chamillard.

i78o. Jacques Michaux, sergent des Suisses du roi, à Marly.

Curés et prêtres de V église de Saint-Vigor.

1546. Nicolas Chaufuz, curé; Martin Chappelain, et Gilles Durban, vicaires.

1554. Lubin Chausson, curé; Martin Chappelain et Nicolas Fongeron, vicaires.

i565. Loys Calençon, curé, docteur en théologie.

1596. N... Chardonnier, curé.

1598. Guillaume Duchâtel, id.

i6i3. Thomas Guichard, curé.

i63o. Laurent Cuissard, curé.

i665. Jacques Papelard, curé.

1676. Claude Champflour, id.

1680. Colbin, prieur-curé.

1688. N... Cottin, curé.

François Cottin, vicaire ' .

1696. N... Beaufils, vicaire.

1702. Morand, prieuré-curé.

1702. Osmond, vicaire.

1738-1746. Jacquesson, curé.

1738. F. de Fleury, vicaire.

1739. Brasay, vicaire, Guérin et de Blanc, prêtres.

1741. N... Houdon, prêtre.

1745. Billard, Boulin et Delusas, prêtres.

174S. Charles Filz et N. Mon-

tagut, prêtres.

1749. N... Leleu, prêtre.

1765. Gaultier, prieur-curé. — N. Guitard, premier vicaire.

1780. N... Quesnel, Malus, Massard et Hiie de Grammont, vicaires.

1789. Fourmentin, prieur-curé.

1789. Le Bastard, Caussin et Simon, vicaires.

Curés et prieurs de Saint- Etienne.

1598. N... Le Maire, curé.

I 599-1617. Guillaume du Château, curé.

1617. Pierre Martin, curé.

1617. N... Brandt, vicaire.

1621. N... Delineuve, curé.

1623. N... Demitre, curé; N...

Jallot, vicaire.

1627. Isaac Vaillard, curé.

i633'. N... Considéré, curé.

3634. Philibert Foucquet, vicaire.

1637. Guillaume de Linet,curé.

i665. N... Ruelle, prêtre.

1666. Louis Aubouyn, curé.

1668. Claude de Champflour.

I. Sous i'abhé François Cottin, devenu curé de Marly, le prieuré de Marly-Ie- Bourg réuni a la cure de Saint-Vigor valait quatorze cents livres de revenu, (Mémoires des Intendants sur les Généralités de France, 1. 1, p. ^4.)

APPENDICK. 26b

NOTE No XVII

Page 1