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Les exotiques nous fournissent quelques exemples intéressants. Au Muséum, nous avons vu la photographie d’une aborigène du Queensland, qui ne porte que quelques incisions horizontales entre les seins. A côté, une Australienne de la tribu des World présente deux fortes cicatrices produites par un morceau de bois fiché sous la peau des mamelles (fig. 29). Ce sont les tatouages les plus discrets que nous ayons rencontrés; ils n’ont rien de décoratif et
seraient plutôt des tabous ou préservatifs contre les mauvais esprits.
En Tunisie, l’emploi du fer rouge, pour le traitement de la toux persistante, laisse des traces indélébiles sur le thorax des tuberculeux ; ces cicatrices saillantes, véritables chéloïdes, dessinent, le plus souvent, sur la poitrine, une croix saillante à plusieurs branches (1).
Les femmes fellahs, trop pauvres pour posséder des bijoux, se font graver, en bleu, des bracelets aux poignets et aux chevilles et des parures de perles sur la poitrine. Le D1' Georges Schwein-
Fig. 31
Fig. 32.
(1) Dr Félix Régnault; Le Correspondant medical.
FAITS LÉGENDAIRES ET HISTORIQUES
furlh, dans Au cœur de l'Afrique , reproduit le tatouage élégant de Mounza, épouse de Bouroua, se composant de lignes pointillées,
avec de larges croix au milieu et sur les épaules, sous forme de nœuds.
Aux Philippines, chez les Igorrdes (fig. 30), les tatouages prennent la forme d'un « complet » inusable : la poitrine semble revêtue d’un canezou léger ; les Indiens Négritos (fig. 31 et 3 2), des mêmes îles, hommes et femmes, se font couvrir le corps d’arabesques plus primitives. La poitrine des femmes, au pays des Bangouens, est couverte d’un très vilain et très compliqué tatouage, produit par des excroissances de chair, teintes en bleu, analogues à celles des femmes Worki, mais beaucoup plus nombreuses.
Chez les Papous de la Nouvelle-Guinée, ce sont des dessins de lignes ponctuées, enduites de couleurs variées (fi*. 33^ • ies motif* diffèrent sur chaque sein. Bacinet, dans Y Histoire du Costume,
LES SEINS DANS pHISTOIlIE. — I.