I. — RÉCITS A. — Faits généraux
i° Sur les Seins. — Arrachement des seins. Suspension par les seins. — Nous ne rapporterons ici que les atrocités commises par des tyrans, par la foule égarée ou par la soldatesque, réservant pour une autre série (1) les supplices infligés aux martyrs de la foi chrétienne.
Amestris, femme de Xerxès, ordonne, dans un accès de jalousie, d'arrêter la propre belle-fille du roi, de lui couper les seins, le nez et la langue, et de faire manger ces débris sanglants par les chiens, sous les yeux de l’infortunée princesse (2).
En 415, la philosophe Hypathia, une des gloires de l’école platonicienne d’Alexandrie, fut livrée, par le patriarche saint Cyrille, à des forcenés, qui l’entraînèrent dans l’église appelée la Césarie; là elle fut mise à nu, puis son corps, d’une merveilleuse beauté, fut dépécé avec des coquilles tranchantes : on commença naturellement par les mamelles, dont les éminences gracieuses et fermes s’offraient, les premières, en sacrifice à ces cruels fanatiques. Ces débris palpitants furent ensuite promenés dans la ville, comme ceux de la princesse de Lamballe, en 17 32, et brûlés sur la place Cinaron (3).
(1) Les Seins à l'E(jlise et an Théâtre.
(2) Gustave Le Bon, les Premières civilisations.
(3) Grand Dict. univ. du X1X° siècle.
La môme aberration avait poussé Théodose, appelé le Grand, (est-ce par dérision ?) à détruire le sérapéum de Ptolémée (1) et les temples égyptiens. Les sculptures des monuments échappés à la destruction portent encore la trace de ces profanations artistiques : les marteaux des vandales, précurseurs de Tartufe, exerçaient surtout leur rage sur les mamelles des déesses, proh pudor (2)! Lors du sac de Rome, en 1527, les soldats allemands et espagnols, entre autres distractions intelligentes, mettent en pièces les tableaux d’églises, sans distinction de signatures, et, couverts des ornements pontificaux, vont prendre des religieuses qu’ils exposent nues aux regards de leurs camarades (3).
Au cours des guerres de la Ligue, la ville protestante de Marvejols ayant capitulé, les assiégés subirent, malgré les promesses de l’amiral de Joyeuse, les plus horribles traitements. On ne voit partout que viols et meurtres : « Une femme se défend contre les violences des soldats ; on la saisit, on lui arrache un sein, on la jette dans un puits. Passent deux gentilshommes, qui l’en font sortir par ceux-là mêmes qui l’y ont précipitée; à peine ont-ils disparu, que les meurtriers l’attachent à un arbre, la tuent, et, ce fait, la jettent dans la rivière ». Ainsi fut punie, de son protestantisme présumé, une femme qui était peut-être une fervente catholique : car il y avait aussi des apostoliques à Marvejols. Dans les guerres de religion, nous le savons, c’est à Dieu à reconnaître les siens.
Le Léo Belgicus (1583), de Michel Aitsinger, illustré par le graveur flamand Hogenbert, est une courageuse protestation richement documentée, contre la guerre stupide et lâche, surtout quand il s’agit de querelles religieuses, où de « braves » spadassins, armés jusqu’aux dents, égorgent et étripent de malheureuses victimes sans défense; singulière manière de comprendre et d’appliquer le précepte du Dieu de paix, qu’ils ont la prétention de défendre : Aimez-vous les uns les autres ! Mais il n’est que trop vrai, comme le remarque Anatole France dans Thaïs, « toutes les religions enfantent des crimes ». Une vieille estampe, les
(1) V. Grand Dict. histor., de l'abbé Morery ; t. I, p. 118.
(2) A la prise de Harlem, 1572, sous le même fanatisme religieux, les Espagnols jetèrent au feu tous les tableaux de llemskerck, le Raphaël protestant. Dans un autre ordre d'idées, la femme de Monsigny brûla, par dévotion, plusieurs manuscrits de son mari, entre autres l’opéra de Battais et Philémon.
(3) De Stendhal, Promenades dans Rome .
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FAITS LÈGEN DA IRE s RT HISTORIQUES
Massacres d’Anuers (fig. 1), expose, dans le compartiment de gauche, une femme suspendue par les seins à laide de crochets,
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« épreuve de courage » conservée, de nos jours, chez les Indiens Pieds-noirs (1).
Autre exemple d’atrocité religieuse , mais cette fois attribuée aux
(1) Aneccl., hist., p.23.
huguenots, qui pendant leurs accès de delirium religiosum, ne le cèdent en rien aux catholiques, quand il s’ag'it de raffinements de barbarie. Nous le tirons du Théâtre des cruauté z des héréticques denostre te ms, traduit du latin en français , 5° édit. Anvers, 1607 . François du Casse élant lieutenant « pour le roy de Navarre », à Bazas, en Gascogne, deux de ses soldats saisissent une femme catholique, lui coupent les seins, puis lui emplissent la partie honteuse de poudre à canon et y mettent le feu, « ce qui luy feit crever le ventre et épandre les entrailles dehors. » Etait-ce pour tourner en ridicule les « canons » de l’Eglise, ou par plaisanterie de corps de garde, que ces tortionnaires s’ingéniaient à transformer un vagin en pièce d’artillerie? N’a-t-il pas cent fois raison le moraliste qui a dit que la religion était un brandon de discorde, non seulement entre les nations, mais entre les citoyens d’un même peuple?
Ainsi se trouve justifiée l’observation du D1' Quercy qui, dans sa Pathologie de la Révolution (1), constate qu’aux actes sanguinaires se mêlent les actes lubriques et cite, à l’appui de sa thèse, ce nouvel exemple : Aux massacres de septembre (1792), les assassins de la princesse de Lamballe lui coupèrent les seins et les parties sacrées « le pauvre mystère de la femme, dit Michelet, qu’ils auraient dû voiler de la terre, ils le mirent au bout d’une pique et le promenèrent au soleil ». Autre supplice hideux rapporté par notre grand historien national : « C’était, écrit-il, une bouquetière bien connue du Palais-Royal, détenue pour avoir mutilé un garde française à la façon d’Abélard. La plupart de ces femmes et filles du Palais-Royal étaient royalistes, regrettant le bon temps, les nobles qui les payaient mieux. On supposa que celle-ci, royaliste autant que jalouse, avait voulu avilir un amant révolutionnaire, outrager en lui la Révolution. On la punit par le sexe autant que possible ; on lui passa un bouchon de paille dans les parties naturelles, comme on en met aux choses à vendre. La malheureuse s’agitant dans cette extrême douleur, on 1 attacha toute nue ù un poteau, et on lui cloua les pieds; puis on lui coupa les seins et l’on mit le feu à la paille ».
En 1900, le mouvement des Boxers contre les étrangers com-
(1) Médecine internationale illustrée.