‹ Les seins dans l'histoireChapitre 25 sur 67 · FAITS I, ÉC. ENRA1RES · texte numérisé non relu

FAITS I, ÉC. ENRA1RES

RT historiques

d’avoir un garçon, Nicolas II vient de recevoir du ciel une troisième fille. Mais un brave curé de Pologne — apôtre, en theone, du Crescite et Multiplicamini — a depuis indiqué, a 1 empereur de toutes les Russies, le moyen infaillible de combler ses vœux et ceux de son peuple, dans la lettre suivante :

Si Votre Majesté veut être assurée d’un héritier impérial, Elle devrait faire nourrir son dernier enfant au sein droit. Je suis prêt à fournir, verbalement ou par écrit toutes preuves de mon assertion.

Kauter, Pasteur à Ovaricza.

La recette est facile à suivre, même en voyage ; voilà le tsar avisé.

Amour filial excessif. — Aux assises, en août 1901, on jugeait Mme G., qui avait tué son mari par jalousie et manifestait, pour son fils, une tendresse sans bornes. Des témoins avaient remarqué entre la mère et son fils des privautés frisant l’inceste : « 11 lui défaisait son corsage, assure l’un d’eux, et Mme G. ripostait, comme pour l’excuser: « Je suis sa mère, il en a le droit ». En l’espèce, comme on dit au Palais, l’âge auquel il est interdit à un enfant de prendre le sein de sa mère n’a jamais été fixé.

Le régime lacté à la buvette de la Chambre. — D’après le Cri de Paris, de nombreuses légendes, généralement assez désobligeantes, courent au sujet de la buvette de la Chambre des députés, qui passe pour être fréquentée par nos « honorables » avec plus d’assiduité que la salle des séances. La vérité est que, pris en masse, en bloc, dirait Clémenceau, nos législateurs sont beaucoup plus sobres qu’on ne se l’imagine. Ce qui se consomme le plus, sur le marbre du grand bar législatif, ce sont les eaux minérales et le lait, un lait de tout premier ordre et qui vient en ligne directe, sans intermédiaires aquatiques, d’Isignv, en Normandie. Il s’en absorbe de soixante à quatre-vingts litres par jour.

Une nourrice sèche... de cœur. — Le 4 mars 1901, la neuvième chambre correctionnelle a gratifié d’un an de prison une nourrice d’un nouveau genre. Elle portait tout simplement aux

Enfants-Assistés l’enfant dont elle s’était chargée et n’en continuait pas moins à toucher les mois de nourrice. Elle eût sans doute donné de l’extension à son honnête et fructueuse industrie, sans l’importune intervention de la justice. Pour cette escroquerie, doublée d’un détournement d’enfant, le tribunal a eu la faiblesse d’accorder à la coupable, peu intéressante cependant, le bénéfice de la loi de sursis. 11 eût été préférable d’appliquer une pénalité moins forte et d’obliger la condamnée à la subir ; son délit étant de ceux qui ne méritent pas d’indulgence. 11 nous semble, comme à M. Harduin, du Matin , que les tribunaux abusent quelque peu de cette loi tutélaire.

Supercherie d’une nourrice. — Une jeune tille de dix-sept ans venait à Paris, en mars 1901, pour se placer comme nourrice. La directrice du bureau où elle se présenta convint avec elle, pour la caser plus avantageusement, de falsifier le certificat délivré par le maire de son pays, et mentionna vingt-sept ans au lieu de dix-sept. En outre, elle déclarait que la postulante était à sa seconde « nourriture ». Il n’y a qu’une nourrice qui consente à se laisser donner dix ans de plus que son âge !

La fraude fut bientôt découverte par les maîtres de la jeune nourrice, qui avait eu l’imprudence de laisser traîner une lettre où elle racontait ses exploits à sa famille. Plainte fut portée au parquet, d’où poursuite devant le tribunal de la onzième chambre, présidée par M. Monier, sous l’inculpation d’usage de faux certificat : la directrice du bureau et sa complice furent condamnées à quinze jours de prison ; mais on accorda à la nourrice le bénéfice de la loi Bérenger. On lui rendit son âge véritable, pour invoquer en sa faveur l’inexpérience et l’irresponsabilité relative de la jeunesse ( Echo de Paris).

La nourrice de Maupassant. — Le nouveau gardien du square Solférino, à Rouen, a été le frère de lait de Guy de Maupassant, durant quatre ou cinq jours ; une lettre de M“*0 Laure de Maupassant, adressée à M. Robert Pinchon, l’ami de son fils, explique dans quelle circonstance et proteste contre l’affirmation de certains journaux, qui faisaient de ce gardien autre chose qu'un frère de lait momentané ; voici cette lettre :

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