‹ Les seins dans l'histoireChapitre 24 sur 67 · IRES ET · texte numérisé non relu

IRES ET

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Donc au niveau des clavicules,

Son beau plastique est déformé ;

La diva ne peut plus montrer,

Que sous maillot, ses monticules.

Ah ! plaignez son malheureux sort {bis).

Mieux eût valu cent fois la mort.

Trait de pudibonderie saugrenue (!)• — Un sculpteur de talent, M. Mulot, offrit au Directeur de l’Exposition de 1900, M. Picard, le prêt de deux statues qui représentaient des femmes nues. On les casa d’abord à la section des beaux-arts, puis on fut d’avis qu’elles feraient merveille de chaque côté de l’escalier par lequel on accédait à la salle des fêtes. Malheureusement, une femme vint à passer par là, la femme d’un ministre, elle eut une crise de pudeur particulièrement douloureuse à la vue de ces nudités, et demanda à son mari, au nom de la vertu française, de faire cacher dans quelque coin ces seins qu’elle ne saurait voir.

11 paraît que ces seins-là étaient beaucoup plus indécents que les seins des autres femmes de pierre qui s’exhibent sur nos places publiques, éternellement souriantes et luxuriantes sous l’œil des ministres éphémères.

L’austère et débonnaire ministre chargea un entrepreneur, M. Grousselle, d’enlever les statues, ce qui mécontenta fort M. Mulot. Celui-ci réclama dix mille francs de dommages-intérêts à M. Grousselle, mais la première chambre le débouta de sa plainte. Ce jugement, inattaquable au point de vue juridique, n’a pas satisfait les esprits indépendants. Ils ont trouvé que M. Mulot était. victime d’un accès de vertu déplacé dans une Kermesse, où la nudité, à peu près complète, de la femme se montrait à chaque coin d’avenue, non seulement dans l'intérieur des boutiques à plaisir, des bateaux de fleurs, mais même sur les tréteaux des différentes parades.

X’était-ce pas à regretter la disparition de M. Félix Ravaisson qui, pendant son passage au Louvre, s’était contenté d’habiller les nudités marmoréennes avec des postiches bizarres.

(1) D'après le récit du Gil Mas.

Bataille de dames. — Le 2o janvier 1900, à une heure assez avancée de la nuit, une discussion violente s’élevait au restaurant « Tabarin », entre deux amies de fête, Louise X et Renée V; l’objet de la querelle : un jockey que les deux noctambules venaient de rencontrer et qu’elles se disputaient, le couteau à la main. Louise X, qui s’était mexicanisée, en prenant un nom de guerre ronflant, à double particule, plongea sa navaja, à plusieurs reprises, dans les chairs de la poitrine de sa rivale. Poursuivie pour coups et blessures, la Mexicaine de contrebande comparut devant la onzième chambre correctionnelle, où elle se présenta avec quelques éraflures au visage, qu'elle s’était, paraît-il, faites elle-même, pour expliquer aux juges et excuser sa férocité. Bien mieux, elle aurait poussé le courage jusqu’à se mordre le sein; mais, le président, par crainte sans doute de se laisser suggestionner, comme les héliastes devant le sein phrynéen, ne l’autorisa pas à fournir la preuve de cette blessure. Le tribunal condamna la piquante et mordante Mexicaine à six mois de prison.

Le corset de la reine de Serbie. — En août 1900, le roi Alexandre, de Serbie, avait épousé, malgré le qu'en ( lira-t-on et tous les obstacles, Mme Draga Maschin, fille d’un président de district et dame d’honneur de la reine Nathalie. A l’étranger, pour justifier la décision du roi, on parlait tout bas de la naissance prochaine d’un héritier de la couronne et les mauvaises langues disaient même qu’il n’attendrait pas pour venir au monde les neuf mois réglementaires. Un corset tout spécial avait été fabriqué par l’habile Mme Cadolle, pour protéger la précieuse grossesse et n’en gêner en rien le développement; la figure 43 reproduit ce « curateur au ventre » (1). 11 fut alors reconnu que, contrairement aux prévisions du docteur Caulct, qui, en septembre 1900, déclarait constater « l’existence des signes d’une grossesse de trois à quatre semaines », la reine n’était nullement enceinte et qu on s était trouvé seulement en présence d’un état maladif, provenant du régime sédentaire prescrit par les médecins, et de nature a tromper tout le monde. Ce fut, pour le roi comme pour la reine, une cruelle désillusion ; mais, le public, peu initié aux secrets de 1 art médical,

(1) Nous en avons pris la copie sur le modèle exposé dans les vitrines de I Exposition et construit « sur lu recommandation de ses docteurs ».

FAITS LÉGENDAIHKS HT

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apprit avec quelque étonnement qu’il pouvait exister une grossesse nerveuse, une grossesse pa Ajoutons quelques détails coin

ration signée par le D' Caulet, principales villes serbes et des comités s’organisèrent pour offrir

à la reine, « bénie entre toutes les femmes », un berceau. Seize berceaux furent ainsi envoyés à Belgrade, dont un en argent ciselé, offert par la ville de Nisch : Gavroche dirait que c’est une nisch qu’on fit à la reine. Ces berceaux attendent et attendront probablement longtemps, sous l’orme de Konak, le Messie serbe, car le temps des miracles est passé et l’ange Gabriel n’ « obombre » plus les vierges ni même les demi-vierges.

Par une coïncidence des plus curieuses, l’année suivante, le cas de la reine Draga s’observa chez l’impératrice Alexandra : l’accouchement qui devait donner un héritier au trône de la Russie, n’a pas eu lieu ; il s’agissait d’une illusion, présentant toutes les apparences et les symptômes de la grossesse ; c’est d’ailleurs la seule sympathie entre ces deux souveraines. Ces grossesses illusoires Fig. 43.

suggestion.

plémentaires. Aussitôt la déclala nouvelle se répandit dans les

ont existé de tout temps chez les souveraines, témoin Marie Tudor qui, se croyant sur le point de donner un héritier à la couronne d’Angleterre, annonce officiellement sa grossesse, provoque des réjouissances publiques et finalement accouche « du vent » : parlurient montes !

Remplaçante royale. — La campagne de Brieux, en faveur de l’allaitement maternel, 11e nous semble pas avoir fait des prosélytes dans les cours d’Europe; que l’on en juge par ce qui vient de se passer en Russie et en Italie, où les souveraines en gésine

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ont, fait choix de « remplaçantes » pour le rejeton attendu.

En Italie, c’est M. Guido Bacelli, ancien ministre de l’Instruction publique, qui, au cours d’une villégiature en Toscane, dénicha l’oiseau rare — rara avis — destinée à la suppléance de la reine Hélène; ce personnage historique a nom Madeleine Cuiti. Voici, d’après Y Illustration, les émoluments et les avantages attachés à sa charge: un fixe de 130 francs par mois; 10 000 francs à la première dent de son nourrisson, autant à son premier mot et à son premier pas ; après avoir achevé sa nourriture, une gratification de 20 000 francs et, sa vie durant, une rente mensuelle de 100 francs. Que d’envieuses elle a dû faire! Ainsi Infortune de cette prolétaire aura tenu uniquement au galbe et au prestige de ses mamelles, qui, dans ce cas surtout, méritent bien le nom d’ « avantages ».

Un journal français rédigé, vraisemblablement, par des reporters fantaisistes, annonçait que la princesse Venosa était, avant l’événement, partie pour Albano, à la recherche du merle blanc, accompagnée de tout un cortège d’experts : un médecin, un chirurgien et un photographe ; il n’y manque que l’astrologue pour en faire une caravane d’opérette. Le photographe était, paraît-il. chargé d’examiner minutieusement, par le moyen des rayons X (!), l'état de l’ossature des jeunes femmes d’Albano, qui aspiraient à l’honneur de nourrir de leur lait l’enfant royal ; nous ne voyons pas bien le transport de la dynamo nécessaire à la production des rayons Rœntgen. Le même journal, en veine d’actualités, ajoute que le choix du grotesque aréopage s’est fixé sur une brune et forte femme qu’on a emmenée, séance tenante, à Rome, après lui avoir fait signer l’engagement de ne voir son mari ni aucun membre de la famille pendant deux ans. Pourquoi ne pas lui appliquer, durant ces deux ans de réclusion, une ceinture de chasteté ? Il n’en manque pas et certes des plus sérieuses au musée de l’Arsenal de Venise, sous l’étiquette : ostacolo , l’obstacle.

Au Quirinal, on s’attendait à un prince, mais, amère déception, ce fut une princesse, Yolande-Marguerite, qui arriva, toujours comme à Pétersbourg; on en fut quitte pour remplacer dans la layette le bleu par le rose.

Recette poux’ avoir un dauphin. — Malgré son ardent désir

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