‹ Les seins dans l'histoireChapitre 30 sur 67 · I. E S SEINS DANS I. III ST 0 1 IIE · texte numérisé non relu

I. E S SEINS DANS I. III ST 0 1 IIE

éclairer son diagnostic, joint la palpation à l’auscultation (fig. 58 De Gil Baer, du Supplément (fig. 50 bis): un praticien sérieux écrit son ordonnance, après auscultation d’une malade imaginaire, aux seins hypertrophiés : « Docteur, dites-moi la vérité, toute la vérité... je suis poitrinaire? — Mais non, mais non, vous avez la poitrine

Fig. 56. Ij’ig. 56 bis.

chargée, voilà tout». Le même artiste fait allusion à l’arrêté préfectoral de 1899, interdisant le jeu de ballon aux Tuileries. Un gardien, scandalisé de l’audace d’un jeune homme qui presse à pleines mains le corsage de sa camarade, observe : « Hé ! jeune homme ! Savez-vous donc pas que dans les jardins publics c’est défendu de jouer avec des ballons? Si je reprends madame à vous prêter les siens, je les lui confisquerai ! ». Plus tard, l'interdiction de l’entrée des ballons du Louvre dans le Métropolitain donnera lieu à de plaisantes critiques: par exemple, un employé zélé refuse de perforer le ticket d’une grosse mère, sous prétexte qu'elle cache les ballons interdits dans son corsage.

Au moment où fleurissaient les innombrables ligues pitriotiques, antisimiques (de similis, singe), etc., une estampe coloriée de L. Métivet esquisse, d’un côté, un groupe de conspirateurs avec chapeaux mous à laMorès; de l’autre, un Lovelace qui enlace une évaporée, la main gauche posée sur les seins et la droite sur la

Les rayons X, permettant d’indiscrètes investigations aux gabelous, sans découvrir les femmes, ont inspiré à Gil Baer une suite de six dessins sur l’erreur d’un préposé de la douane, qui s’excuse d’avoir pris, avec son appareil, les charmes d’une dame bien en forme, pour des oranges ou des pommes.

A propos de la distribution des récompenses aux exposants de 1900, un dessin de tête du Courrier français, dû au crayon

vaporeux et watteaureux de Willette, nous conduit à « la Section des cuirs et velours ». Le président de la République défile devant un bataillon de jolies filles d Eve, dans le costume de leur mère, et fixe au mamelon gauche, saillant, de chacune d’elles, la Croix de la Légion d’Esterhazy . En légende : « Elles aussi ? Et pourquoi pas? elles ont exposé la peau ».

Il a été déjà question de ce personnage sadique [Aneccl. hist. .

Fig. 58.

p. 91), qui se plaisait à enfoncer des épingles dans les pelotes mammaires de jeunes martyres de bonne volonté et suffisamment rémunérées pour supporter, en silence, ce supplice renouvelé de celui des esclaves romaines (I). A placer en regard du Forain reproduit, le dessin de Pollak, paru dans le Messager français, avec cette légende explicative : « Changement de pelote » (fig. (10).

En l’honneur de Mlle Chauvin, le Conseil de l'Ordre autorisa les femmes licenciées en droit à porter la robe... d’avocat. Celte révolution de Palais provoqua l’éclosion d’une foule de quolibets dans

(2) « Dans le coffret qui renferme la toilette d’une dame romaine, au milieu des colliers, des bracelets, de scarabés, se trouvaient des épingles à piquer le sein des esclaves ». E. About, Home contemporaine. Barnum, en 1901, montrait, à Paris, un homme qui avait la spécialité de se fixer aux seins des centaines d’aiguilles. C’était un genre de caresses fort prisé du maréchal de Rays, le terrible Barbe-bleue.

FAITS LÉGENDAIRES ET HISTORIQUES

les revues de fin d’année et de plaisanteries en dessin ; celui que nous reproduisons (fig. 61) prévoit un incident d audience de nouveau genre : une avocate vient d’obtenir une suspension de séance

pour fermer la bouche de son moutard turbulent qui couvrait la voix de sa mère. Comme quoi les devoirs maternels et professionnels sont assez difficiles à concilier. Les diverses phases de cet

incident font l’objet d’une série de douze cartes postales illustrées.

Les expériences scabreuses que (il M. Sanlos-Dumont avec son aérostat dirigeable (?), lui ont valu le prix de 100.000 francs décerné par l’ Aéro-Club, mais elles n’ont pu échapper à la raillerie des révuistes et des dessinateurs. La fantaisie de G. Meunier est une des meilleures (fig. 62) : une femme légère, candidate au concours ouvert par l’Aéro-Club, expose son torse, dépouillé

d’artifices, au président de ce cercle — vicieux — qui la reçoit à mains ouvertes : « Qu’est-ce que c’est.’ — Mais, monsieur, deux petits ballons dirigeables qui voudraient bien gagner le prix de 100.000 francs. » Dirigeables? plutôt dirigeants.

2° Faits relatifs à l’allaitement. — Les guides, à Rome, montrent, sans rire, dans le flanc du mont Palatin, 1 antre lupercal, où la louve allaita Romulus et Rémus ! Ils assurent avec le môme aplomb que, naguères, on voyait encore, ù 1 entrée de la

caverne, le figuier ruminai (1) qui abrita les fondateurs de liome. C’est ainsi que les deux frères sont représentés dans le Muséum de Florence, sur le revers d’une cornaline ovalaire (2), à l’effigie de Caius et Lucius César, pour indiquer l’espoir que Ion avait de voir durer éternellement l’empire et la paix. Cette légende a séduit plusieurs fois le pinceau de Rubens, dont l’imagination féconde a su varier, avec bonheur, un sujet assez pauvre. Nous avons déjà

Fig. 62. — Tirée du Rire (3).

reproduit l’une de ses compositions magistrales (4) ; les similaires, non moins intéressantes, sont à Rome, galeries du Capitole. L’une d’elles montre la louve en train de lécher ses deux nourrissons adoptifs, à l’arrivée de Faustulus, accompagné de deux personnages ; dans une autre, un oiseau tient en son bec des cerises qu’il apporte aux jumeaux ; la tête du berger est couverte d’un

(1) De Rumia, Rumina, déesse sous la protection de laquelle étaient placés les enfants à la mamelle.

(2) Voir un autre camée antique, fig. 364 de notre Histoire des accouchements.

(3) F. Juven, directeur, 9 nov. 1901.

(4) Curios., p. 161. La louve est sans doute de Sncyders, qui a peint presque tous les animaux des tableaux du maître.

chapeau de paille, au lieu du capuchon fixé à la tunique des pasteurs, costume que les moines adoptèrent par la suite.

Signalons encore l’œuvre de Pierre de Cortone : Faustulus apporte Romulus fi sa femme Acca Laurentia, assise à la porte de sa cabane, tandis qu’au loin on aperçoit Rémus, allaité par la louve ; liomvlus et Rémus, de Jean Barbiani (Florence) : la Louve, d’un fin marbre rouge d’Egypte, une des curiosités de la Villa Borgbèse, et celle du Musée du Capitole (fig. G3), de l’an de Borne 458 : l’animal, sur lequel nous n’avons pu découvrir le coup

de foudre dont parle Cicéron (1), est un travail étrusque ; mais les deux bambins ont été ajoutés plus tard ; enfin, à Sienne, la colonne de granit de la Piazza del Campo , porte la louve romaine allaitant Rémus et Romulus : ce sont les armes de la ville qui se dit fondée par les fils de Rémus ; ainsi s’explique encore la fontaine formée de loups jetant l’eau par la gueule.

Une médaille (fig. (14), frappée en l’honneur d’un condottière de Pérouse, Nicolas Piccinino, Vice-comes Marchio Capitancus-Mux- A C-MÆRS-A ER [aller) (2) et de Braccio de Montone porte, à

(1) Or. 3-19 Contre Cat. Voici comment le plus Roquent des orateurs romains exploite ce « prodige » — accompli l’année de son consulat — contre Catilina, l’an 03 : « Vous vous rappelez, sous le consulat de Cotta et de Torquatus, les nombreux objets (pii. dans le Capitole, furent frappés de la foudre: des statues de dieux et de personnages antiques furent renversées ; I airain des tables des lois fut fondu ; la foudre toucha même le fondateur de cette ville : Romulus. qu’une statue d’or représentait, dans le Capitole, tout enfant et buvant le lait aux mamelles d’une louve... »

(2) Vicomte Marquis, grand capitaine et un autre Mars.

FAITS LÉGENDAIRES ET HISTORIQUES

l'avers, la louve des armes de Pérouse, sous la forme d une chimère nourrissant les deux fondateurs de Rome. Cette médaille est l'œuvre de Pisani. Une autre médaille italienne, frappée en 1 honneur de deux célèbres condottieri, offre, sur le revers, le môme griffon fantastique allaitant deux enfants : allusion à la double illustration que ces deux personnages avaient fait rejaillir sur leur ville natale.

Amiens, si loin de l’Italie, possédait une porte aux Jumeaux,

ainsi nommée à cause des figures qui l'ornaient, représentant les fondateurs de Rome. Elle donnait sur la grande route de Lyon à Boulogne, qu’Agrippa, gendre et favori d’Auguste, avait fait tracer dans les Gaules (1). Enfin, à Paris, au revers de la porte d’entrée de l’Hôtel de Hollande, rue Vieille-du-Temple, 47, où fut établie l’ambassade hollandaise sous Louis XIV, et où demeura Beaumarchais, on peut voir un bas-relief décoratif, par Regnaudin, rappelant la légende latine.

Peu de sujets ont été reproduits aussi souvent par la peinture, la sculpture ou la gravure, que la Charité romaine ou la Piété filiale, célébrant le trait légendaire de Péra ou Péro (2), qui

(1) Amiens monumental, Duthoit frères.

-i llugin, dans sa labié (J AA V, intitulée : Quæ piissimæ fuerunt, Rappelle Aantippe : Xantippe Ahjconi patri incluso carcere, lacle sao alimenlum vitæ

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nourrit, dosa mamelle, son père, Cimon, condamné à mourir de faim (1). On lui donne encore le titre de Charité chrétienne. A la liste de ces œuvres déjà longue (2), ajoutons une nouvelle série : Hans Sebald Beham, né à Nuremberg, ouvre la marche, dans la première moitié du xvi° siècle. Wanderverff, peintre hollandais, représente la femme debout, tenant son enfant, tant bien que mal, qui, faute de mieux, suce son pouce — le suppléant du mamelon ; Dikinson a exécuté, d’après ce tableau, une gravure en

Fig. 65. — D'après la gravure de P. Amendola.

Fig. 65 bis.

manière noire très appréciée. Même occupation de l’enfant dans le groupe en marbre de Quellin de Oude, au Musée d’Anvers ; à Naples, Musée Filangieri, dans un groupe en porcelaine, l’enfant joue au premier plan, avec un chien, tandis que la mère remplit sa fonction de nourrice paternelle. Le Musée delà même ville pos-

(1) Les artistes ont altéré le récit de Valère Maxime (liv. V. ch. IV, 7), en substituant le père à la mère.

Kotzebue, qui a visité le cachot « d’un vieillard condamné à mourir de faim », où l’on voyait les traces d’une ancienne peinture, rappelant ce trait de dévouement filial, avoue qu’ « on ne sait plus le nom de cette excellente femme ». Ce cachot, dit-il, est situé sous le maître-autel de l’église Saint-Nicolas in Carcere , élevée sur une prison construite par Appius Claudius. « Les consuls C. Quinlius et Attili ns — Acilius d’après Pline — bâtirent sur cette même place un temple consacré à Y Amour filial, devant lequel on éleva une colonne, que l’on nomma ta Colonne de lait ( Columna laclaria) et au bas de laquelle on exposa, dans la suite, les enfants trouvés ». Voir cette colonne, fig. 363 de notre Hisf. des Accouckemenls .

(2) Anecd., p. 55 et Curios., p. 57, 162 à 164.

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