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téteront plus jusqu’à la dissolution des Chambres ». S’agit-il de la dissolution qui eut lieu en avril 1831, sous le ministère Casimir Périer ? Les collégiens, émancipés à ce moment, se mêlaient aux manifestations politiques et, par ironie, le dessinateur force la note et montre une révolte des enfants au maillot. Cette conjecture est
Fig. 83. — Musée de Cluny.
Fig. 84. — D'après la photographie communiquée par M. Paul Durai.
la seule qui nous paraisse plausible, mais nous la donnons pour ce qu’elle vaut.
Le périodique illustré allemand, Simplicissimus, a publié une caricature satirique « le Commerce et la Culture » (fig. 82), qui faisait allusion à la crise économique de l’Allemagne, en 1901, lors de la lutte entre les industriels, libre-échangistes, et les Agrairiens, protectionnistes ; l’Allemagne, en bonne mère, nourrit les frères ennemis à ses mamelles, en disant : « Ne vous disputez pas, j’ai assez de lait pour les deux ».
faits légendaires et
HISTO ÏIIQUES
Les nourrices termineront cette revue iconographique d histoire et de mœurs. La statuette en terre cuite émaillee de Pa . issy (fi‘v. 83), « exquise par le sentiment et touchante pai a naïve e du° rendu (1) », est une restitution du costume de la gent nourricière au xvie siècle.
Dans les galeries de Versailles, un tableau anonyme, des Beaubrun peut-être, qui eurent la spécialité de portraicturer Louis XIV
enfant, représente le roi au maillot, sur les genoux de sa nourrice, qui lui offre le sein. D’après M. P. de Nolhac, cette remplaçante royale ne serait autre que la dame Amelin ; elle est coiffée en cheveux et vêtue d’une robe jaune paille relevée de dentelle.
Une estampe ancienne, exposée au petit Palais, en 1901, nous donnait le portrait de la nourrice de Monseigneur le prince Ferdinand, enfant d’Espagne, troisième fils de Philippe V, roi d’Espagne et de Louise-Gabrielle de Savoye; le sein gauche émerge en entier du corsage de la nourrice, qui se prépare à remplir ses fonctions augustes.
LTne statuette (fig. 84), rapportée de Tampico par le D1' Leter, figure une Mexicaine allaitant son enfant tandis qu’elle a sur son dos,
(I) Philippe Burty.
loi
dans un panier de sparterie, deux volatiles : une pintade et un dindon.
Curieuse scène de mœurs prise sur le vif, par Boutreil : La première dent, de lait. Ce n’est pas assez d’entretenir la nourrice de savon, qu’elle vend, et de sucre, qu’elle mange : il lui faut encore le petit cadeau de la première dent, de peur quelle n’en garde une contre les parents : la nourrice ouvre la bouche d’un bébé au maillot et montre, avec satisfaction, la première incisive au père et à la mère attendris.
Notons une caricature de Klein : Quadrille échevelé , exécuté par les Clodoches de la politique, où se font vis-à-vis Chambord en Basile, Gambetta en Arlequin, d’Aumale en Ecossais et Thiers en nourrice bambocheuse, avec un bébé coiffé d’un bonnet phrygien, la troisième République ; son tablier blanc est parsemé de fleurs de lys et de bonnets phrygiens, unis aujourd’hui sous l’égide du Nationalisme.
Les Remplaçantes , de Brieux (1901), donnèrent aux nourrices une mauvaise presse (1); Albert Guillaume, dans une de ses satires crayonnées de l’événement du jour, où il excelle, imagina le Char de h Allaitement (fig. 80) pour les réhabiliter et proposa de le faire figurer dans le cortège symbolique de la mi-carême.
Les industriels jouent souvent de la nourrice pour leurs réclames : une affiche d’automobiles installe dans une de ses voitures à pneu, qui « boivent l’espace », une nourrice donnant le sein avec la plus grande sécurité. A la même série appartient un plâtre colorié, visible à la vitrine des « troquets » ; il recommande un tonique-apéritif (fig. 80) si bienfaisant, que le nouveau-né préfère la précieuse bouteille à celle de sa nourrice. Cette propagande est en opposition avec la philosophie d’un des tableaux de mœurs épisodiques d’Hogarth, Gin Lane, où l’on voit une mère donner à son nourrisson du gin à la place de lait : l’artiste moraliste a réuni dans sa composition tous les crimes du gin. De même, le symboliste Cruikshank, fait la synthèse des méfaits de l’alcool dans la Bouteille, d’où sortent tous les maux de l’humanité. Quoi qu il en
(1) Justifiée par la statistique trop édifiante du service de Pinard (maison d'accouchement Baudelocque), sur la mortalité des enfants nouveau-nés : 20 p. 100, élevés au sein ; 40 p. 100, au biberon ; 60 p. 100, envoyés en nourrice. Conclusion :
Laissons les enfants à leur mère.
faits I. R G R ND AIRES
soil, la liqueur « sans alcool (?) » sera la bien venue chez les Oncn taux qui. grâce a la finesse de Mahomet, ont résolu ces deux
Fig. 86.
graves questions : l’alcoolisme et — à la satisfaction des deux sexes — le féminisme.