U?S S IC [.ACTIONS SOCIALES. O
des Anglais, de 128 à celle des Français, de 180 à celle des Italiens! Entre temps on avait trouvé et publié un grand nombre de séries de crânes de la fin du quaternaire, de l’époque néolithique et des temps qui ont suivi, toutes accusant des moyennes bien supérieures à celles d’aujourd’hui.
A l’heure actuelle il n’existe absolument aucun doute sur ce fait que, Y Homo Neanderthalensis King mis à part, les crânes quaternaires, néolithiques et proto-historiques accusent un volume cérébral supérieur à celui des races actuelles, supériorité d’autant plus remarquable que la taille était alors moindre. Cette régression se suit très bien avec le tableau suivant :
Chancelade 1710
Cro-Magnon 1590
La Truchère 1925
L’IIomme-Mort 1606
Baye 1534
Une analyse plus exacte faite par Topinard des séries étudiées par Broca donne l’explication de l’augmentation apparente du volume cérébral des Parisiens. La série de la Cité comprenait 125 individus de la classe supérieure du xne siècle. La série du cimetière de l’Ouest comprenait 85 individus de la classe aisée, concessions à temps, et le reste de la fosse commune. C’est l’appoint de la fosse commune qui donne à la série de l’Ouest son avantage apparent, comme le montre le tableau suivant (. Anthropologie générale, p. 627) :
Gaulois 1592
Mérovingiens1 1536
Parisiens clu'xne s. . . 1531
Parisiens du xix° . . . 1559
1 . La faible capacité de la série mérovingienne est due à la présence de représentants de l’espèce H. contractus; même dans les classes supérieures l’élément gallo-roinaiu conserva longtemps la prépondérance numérique.
HOMMES
FEMMES
Sujets
Cubage
Sujets
Cubage
Cité, xne siècle, sép. aristocratiques. .
Ouest
Dill. pour l’Ouest
Ouest, sépultures particulières
Ouest, fosse commune
Diff. pour la fosse commune .
Cité
Ouest, sépultures particulières
Différence. . •
De ces chiffres il résulte que la capacité crânienne de la classe aisée n’a pas varié du xne au xixe siècle. C’est l’élément inculte et de race différente qui donne une moyenne supérieure à la série moderne. Broca d’autre part avait trouvé lui-même que la capacité était égale dans les crânes de la fosse commune actuelle et dans ceux des charniers des Innocents, dernier asile des pauvres gens depuis Philippe-Auguste jusqu’au xvme siècle. C’est donc par un phénomène de sélection sociale que s’explique le fait observé par Broca.
La capacité supérieure des crânes de pauvres gens, Innocents et fosse commune de l’Ouest, est due à la présence d’une proportion un peu plus forte de brachycéphales. Tandis que les crânes de la Cité ont un indice de 79.1 et ceux de l’Ouest 79.0, l’indice de la série des Innocents s’élève à 79.5, confirmé par celui delà grande série des Catacombes, 1.000 crânes antérieurs au xix1- siècle, 79.6. Dans la région qui fournit à Paris sa population, les brachycéphales ont une capacité cérébrale supérieure à celle des autres éléments ethniques : Auvergnats 1.598, Bretons 1.583.
U faut regarderie volume cérébral comme uu caractère surtout de race, et rejeter entièrement les conclusions tirées autrefois du travail incomplet de Broca. 11 serait toutefois inexact de dire que ce volume est sans importance. Dans une même race les individus les mieux doués paraissent avoir les plus gros cerveaux, et aussi les plus grands crânes, et d autre part si la différence de race des crânes préhistoriques comparés aux nôtres ne permet pas d’affirmer que le volume cérébral soit en régression, il ne faut pas se dissimuler non plus que la sélection tend actuellement à produire un effet de cet ordre. Broca lui-même avait connu et signalé cette tendance.
M. Manouvrier a trouvé une capacité moyenne de 1663 c.c. pour une série de 32 crânes d’hommes distingués ou de professions libérales. Cette moyenne est bien au-dessus de toutes les moyennes ethniques de races éteintes ou vivantes. On a publié depuis d’autres séries qui conduisent aux mêmes conclusions.
Sur le vivant, j’ai constamment trouvé dans l’Hérault une plus grande longueur, souvent aussi une plus grande largeur du crâne, et par suite une plus grande capacité probable sur les groupes produits par sélection : urbains, intercantonaux. On verra plus tard que ces groupes ont aussi constamment un indice céphalique plus bas. Jl n’est donc pas permis de faire une comparaison légitime, puisqu’il existe une différence de composition ethnique entre ces groupes sélectionnés et la masse dont ils sont tirés. Il n’en faut pas moins remarquer la différence des phénomènes qui s’observent dans l’Hérault et à Paris : dans le Midi l’élément dolichoïde a le crâne plus capace que le brachycéphale, à Paris, c’est l’inverse. Nous retrouvons ici la question de race : dans le Nord l’élément dolichoïde se rattache surtout aux Mérovingiens dont le crâne était petit, dans le Midi il se rattache aux troglodytes néolithiques, dont
la capacité crânienne était grande. Cette observation prouve que l’étude des gros cerveaux doit être faite en rapportant chacun à sa race et non à la moyenne d’un peuple. Manouvrier n’a pas tenu compte de cette difficulté.
En Angleterre la population est beaucoup plus homogène que sur le continent, les régions les plus dolichocéphales et celles qui le sont le moins ne diffèrent guère de plus de trois ou quatre unités, tandis que l’intervalle est de dix en France. L’ensemble étant dolichocéphale, la loi d’Ammon ne s’applique guère. Dans ce pays privilégié, la comparaison des hommes intelligents et de la masse parait pouvoir, par exception, se faire sans tenir compte de l’objection soulevée à l’instant. Les matériaux, par malheur, font défaut. Les 2434 étudiants de Cambridge mesurés par le Dr Yenn l’ont été d’après une méthode fautive et avec un instrument imparfait. Les mensurations de Beddoe ( Races of Britain, p. 232) donnent aux Ecossais instruits et Anglais instruits une grande supériorité de longueur et de largeur crâniennes, mais les premiers sont au nombre de 20 seulement et les seconds de 40. C’est assez, mais il serait permis cependant de souhaiter mieux. Inutile d’ajouter que cet excès de volume n’est pas du seulement à l’influence de l’éducation, comme on l’aurait cru autrefois, que les sélections sociales et pédagogiques en sont la principale, sinon l’unique cause. L’homme instruit n’a pas un gros cerveau parce qu’il est instruit, il est instruit parce qu’il est né avec un cerveau plus gros et plus puissant.
En résumé, il est fortement probable que les gros crânes et les gros cerveaux constituent un avantage pour leurs porteurs, qu ils leur assurent des chances supplémentaires de succès dans la lutte pour la vie. Cette probabilité fùt-elle une certitude, il ne faudrait pas se hâter d’en tirer des conséquences quant au progrès de la capacité moyenne, celles-ci risqueraient
fort d’être en contradiction avec les faits. Il parait certain, en effet, que la mortalité précoce des gros cerveaux est plus grande, et d'autre part comme les classes élevées et intelligentes sont en voie d’extinction permanente, il n’y a pas beaucoup de chance d’aboutir par sélection naturelle à la multiplication des gros cerveaux et au relèvement de la moyenne.
Régression cérébrale sous l’influence de la civilisation. —
Loin que la civilisation tende à élever la moyenne de la capacité crânienne et celle, corrélative ou non, de la puissance psychique, on peut, en attendant les preuves directes, établir le contraire avec une presque certitude. A l’abri de la société les individus les plus mal doués vivent et se propagent. La pire brute peut gagner sa vie comme manœuvre ou en travaillant dans les industries où le travail infiniment spécialisé réduit chaque ouvrier au rôle de machine répétant un acte simple et toujours le même. Quelle dose d’intellect faut-il à la rattacheuse, à la finisseuse d’épingles, au terrassier ou au balayeur de rues ? Un quart au moins des métiers permet de vivre à des gens qui, nés dans les milieux où luttent les sauvages les plus obtus, ne tarderaient pas à succomber. Que faut-il en conclure? Que l’homme est soumis comme les animaux à la loi de la régression cérébrale sous l’influence de la domesticité. La démonstration faite par Darwin de l’infériorité du volume cérébral et crânien des animaux domestiques 1 per-
L l'emprunte à. ta Zootechnie générale de Cornevin (p. 289) le tableau
suivant qui résume les données leà plus récentes :
Cnpac. crin.
Diff. en fav. de la forme