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Mineurs
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reurs
Artisans
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et tail.
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Fermiers
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libérales
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L’examen de ces deux tableaux ne laisse aucune hésitation. Les mariages sont d’autant plus précoces, et par suite la durée utile du mariage d’autant plus grande que la profession exige moins d’intelligence. A 25 ans la proportion des mariés est chez les mineurs de 70 °/0, chez les ouvriers de fabrique elle «st la même, elle tombe à 67 chez les ouvriers ruraux. Au même âge, elle n’est que de 21 chez les hommes exerçant des professions libérales, 28 chez les fermiers, 46 chez les commercants et leurs employés. La moyenne dans les professions libérales est de 31 ans pour les hommes, 26 pour les femmes; c’est-à-dire qu’on se marie après avoir dépassé l’àge où l’entrainement est plus puissant que la raison. L’influence écrasante du régime ploutocratique s’accuse nettement par ces chiffres. Les comparaisons seraient encore plus alarmantes si l’on pouvait avoir une statistique donnant le pourcentage des célibataires par profession. Je ne connais pour aucun pays de statistique sérieuse dans cet ordre d’idées, mais il est certain que le nombre de ceux qui ne se marient jamais est infiniment plus grand vers le haut que vers le bas de l’échelle sociale. Ce nombre ira d’ailleurs en augmentant sans cesse, aVec le mouvement féministe. C’est un fait très grave que les femmes les plus intelligentes profitent de leurs facultés et de leur instruction plus grande pour se faire des positions indépendantes et vivre dans le célibat. Cette sélection esi un des dangers de l’avenir.
L’indigence des documents nous force à traverser toute l’Europe pour trouver une statistique relative aux rapports de la fécondité avec l’àge des époux. En voici une qui concerne Budapest. Elle a été communiquée par M. Korosi au Congrès d hygiène tenu en 1893 dans cette ville et indique combien,
sur 100 familles de chaque groupe, il y a de naissances en un an.
MARIS âgés de
FEMMES âgées de
19 ans
24 ans . . .
Plus les couples sont jeunes, plus la natalité est élevée. Toutefois l’élévation de la natalité dépend de l’âge de la femme beaucoup plus que de celui du mari, car si l’on lit les chiffres verticalement, on les voit décroître assez régulièrement, mais la décroissance est bien plus rapide si la lecture est faite horizontalement.
En résumé : 1° la valeur intellectuelle, la capacité crânienne, la taille, les affinités avec l’espèce A. Europæus, vont en croissant du journalier au savant ; 2° les chances de laisser de la postérité croissent du savant au journalier rural. Les sélections professionnelles ont donc un caractère nettement régressif et travaillent à ramener au type psychique le plus inférieur.
Migrations. — Les migrations produisent une autre sorte de sélection. Fâcheuse en général pour le pays qui fournit les émigrants, celle-ci est très avantageuse au contraire pour la population migratrice et pour la région dont elle va augmen-
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ter les forces. Il y a une perte, en d’autres termes, mais pas pour tout le monde. Ces propositions, vraies quand l’élément migrateur est de bonne qualité, deviennent inapplicables au cas contraire : émigration des vagabonds, malfaiteurs, etc.
Il y a toujours eu des migrations. Celles des temps anciens se faisaient le plus souvent à main armée. La libre circulation des hommes, quittant un Etat pour s’agréger à un autre, était rarement permise par les législations de l’antiquité. L’Empire romain nous offre cependant le spectacle d’un immense Etat à demi dépeuplé, dans lequel l’infiltration interstitielle des Barbares maintient pendant quelques siècles le niveau de la population, jusqu’au jour de la chute définitive. Au Moyen-Age, peu de migrations. Le mouvement commence après la découverte de l’Amérique.
C’est notre siècle qui a ouvert vraiment l’ère des migrations en masses immenses et pour des pays lointains. Il y a cent ans, l’Europe n’avait pas exporté en tout un million d’hommes dans ses colonies, et celles-ci s’accroissaient presque entièrement par l’excès de la natalité sur la mortalité. Depuis un demi-siècle l’exode tend à devenir sans cesse plus formidable, malgré les barrières qui commencent à fermer l’accès des Etats-Unis. Ceux-ci ont reçu en total plus de 16 millions d’immigrants, le Canada en a reçu 2, l’Australie à peu près autan! , le Brésil et la Plata, un peu plus de 2 millions, le reste du globe un million environ. Ces chiffres sont une moyenne approximative entre ceux donnés parBodio, Levasseur, les statistiques des Etats-Unis et de l’Argentine. En somme, une effroyable hémorrhagie pour l’Europe : 23 ou 24 millions de sujets, la plupart tout adultes, prélevés sur l’élite, emportant le meilleur du sang de leurs races. En estimant avec les statisticiens américains, la valeur moyenne d’un émigrant à 4.000 fr., les Etats-Unis seuls ont reçu un capital humain de 60 milliards
depuis 1820. La perte totale pour l’Europe va à cent milliards, et la ^ aleur économique n’est rien auprès de la valeur en intelligence et en caractère des éléments qui se sont tournés contre le vieux monde. L’émigrant d’aujourd’hui est le concurrent de demain, l’homme avec lequel il faudra compter.
L’Angleterre et l’Ecosse ont donné aux Etats-Unis trois millions d’hommes, l’Irlande plus de trois millions et demi, l’Allemagne cinq millions, la Scandinavie plus d’un million, la France, l’Autriche, l’Italie, la Russie, deux millions, chacune pour un quart. A peu près dix millions se rattachent à l’espèce H. Europæus, à en juger d’après la composition de la population dans les pays d’origine, et ce chiffre est plutôt au-dessous de la vérité, car nous verrons que l’élément migrateur n’est pas de type moyen, mais d’un type au-dessus de la moyenne. Le Canada puise presque exclusivement dans la population britannique, un dixième seulement des immigrants provient du continent. Le Brésil a reçu depuis le commencement de l’immigration, vers le milieu du siècle, à peu près 350.000 Italiens, 300.000 Portugais, 50.000 Allemands, 25.000 Espagnols, très peu d’Anglais et de Français. Le recrutement se fait dans un tout autre milieu ethnique que celui de la population de l’Amérique du Nord. L’Argentine reçoit surtout des Italiens et des Espagnols, l’immigration française vient bien en arrière, les autres pays ne fournissent que peu d’immigrants. L’Australie recrute ses immigrants en Amérique, dans les Iles Britanniques et dans la Basse Allemagne, c’est-à-dire dans des pays à peu près exclusivement de pure race européenne, H. Europæus.
Les migrations lointaines ont toujours attiré l’attention. Celles qui se produisent de localité à localité dans un même pays, de province à province, de canton à canton, n’ont pas
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semblé avoir d’importance, car les statisticiens n’ont commencé à s’en occuper que tout récemment. L’analyse ethnique des éléments migrateurs et stables montre que les conséquences de ces migrations intérieures sont d’une extrême gravité. L’albuminurie tue son malade tout comme l’hémorrhagie ; si l’Angleterre est hémorrhagique, mais se soutient par la rapidité de sa réparation, la France est albuminurique, et la déperdition invisible qu’elle subit suffirait seule pour produire une fin prompte et certaine. Un courant est établi depuis très longtemps des régions productrices d’hommes vers les régions consommatrices, et surtout vers les villes. Ce courant a pris depuis quelques décades une intensité extrême. Les chemins de fer, la diffusion de l’instruction ont supprimé les cloisons étanches qui laissaient péniblement filtrer jadis quelques milliers d’hommes d’un pays dans un autre.
En 1861 on a recensé 3.881.000 personnes hors de leur département d’origine; en 1891, il y en avait 6.117.000, soit 16.8 °/0 au lieu de 11.7. Le nombre des personnes recensées hors de leur commune d’origine est de près de 17 millions. Ces chiffres nous donnent une idée du mouvement de déplacement qui s’effectue. Les migrations ne se font pas d’une manière irrégulière ; si l’on consulte le graphique par lequel M. Turquan a figuré le mouvement d’émigration de chaque département, on constate que la flèche figurant la résultante a constamment la pointe tournée vers Paris, ( Résultats statistiques du dénombrement de 1891, p. 144, Paris, lmp. Nat., 1894). Quand il y a une déviation marquée, comme pour les Bouches-du-Rhône, on on tiouve aussitôt la raison dans l’attraction d’une grande vdle. Aussi le département de la Seine compte-t-il 57.6 habitants ü/o nés hors du département, Seine-et-Oise 42.2, le Rhône 35.0, les Bouches-du-Rhône 28.2, la Gironde 27.7. La
Bretagne, la Savoie, le massif central, les Pyrénées, régions fécondes, restent au-dessous de 10 °/0.
En Angleterre, le mouvement est à peu près aussi intense. D’après le dénombrement de 1881, sur 100 habitants 74.6 sont nés dans le comte où ils résident et 25.4 au dehors. Le comté a la valeur territoriale d’un arrondissement français tout au plus, ce qui ne permet pas de comparaison exacte avec les statistiques françaises. L’inconvénient est moindre, la population ( tant à peu près uniforme dans les Iles Britanniques eu com- I araison de celles du continent.
Morphologie des éléments migrateurs. — Les éléments migrateurs ne représentent jamais l’équivalent exact des éléments stables. Leur valeur psychique est presque constamment supérieure à la moyenne, leur type morphologique assez tranché pour représenter en quelque sorte une autre population que les sédentaires.
Pour quitter son pays, sa famille, courir les aventures et s’expatrier à jamais, il faut une certaine manière de voir les choses et une trempe particulière de caractère. Le courant d’émigration entraîne bien ou plutôt charrie des individus ignorants et inertes, entraînés par l’exemple ; il en est ainsi aujourd’hui surtout que le courant est bien établi, les communications faciles : cependant l’idée de [tasser en Amérique ou au Cap n’est pas faite pour tous les cerveaux, la plupart ne peuvent l’admettre. Il faut savoir, vouloir, deux choses dont la seconde surtout exige une psychologie spéciale. Aussi les pays dolichocéphales, et surtout dolicho-blonds sont-ils à peu près les seuls à fournir des émigrants : Iles Britanniques, Hollande, Scandinavie, Basse Allemagne, Espagne et Portugal, Italie. Les Bavarois, les Suisses, les Autrichiens, les Français émigrent peu, et rarement à l’aventure. Le sang de H. Alpi-
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nus domine trop. Si l’on objecte que jadis les Français émigraient beaucoup, je répondrai qu’à en juger par leurs descendants, ces émigrants, d’ailleurs plus rares qu’on ne croit, appartenaient à une tout autre race que les Français d’aujourd’hui. C’est môme un fait bien singulier de voir l’ancienne population française survivre au Canada, alors que pour la retrouver en France il faut fouiller les cimetières, macabres archives d’un grand peuple éteint.
L’étude anthropologique des immigrants n’a jamais été essayée, à ma connaissance, par les Américains, mais les statistiques de la guerre de la Sécession ont porté sur une grande quantité d’immigrés. La taille est à peu près constamment supérieure à la moyenne du pays d’origine, l’écart parfois devient considérable. Ainsi les 89.000 Allemands de Gould donnent une taille moyenne de lm.690, les 54.944 Allemands de Baxter, 1 m . 6 9 . Cette taille est supérieure à la moyenne de la Basse-Allemagne, elle dépasse de 5 centimètres la moyenne de la Haute-Allemagne brachycéphale. Au contraire, la taille moyenne des 4.189 Scandinaves de Gould, JT. 712, n’est pas sensiblement supérieure à celle des Scandinaves européens. Les soldats fédéraux d’origine française, âgés de 21 ans, ont donné pour taille moyenne 1 ra . 69 , soit 4 centimètres de pjus que les conscrits de France. Les Canadiens, la plupart d’origine française, ont donné lra.70. La taille des soldats d’origine espagnole, lm.674, est sensiblement supérieure à celle des Espagnols d’Europe : la taille moyenne de l’armée espagnole est, d’après MM. Aranzadi cL de lloyos Sainz, lm.G2 (■ Lecciones d’Antropologia, Madrid, 1894). Si l’on étudie les séries d’âge plus avancé, on trouve que les Canadiens complètement adultes atteignaient en moyenne ln,.73, près de 10 centimètres de plus qu’un réserviste français.
Cette éludé de la taille montre que les éléments d’origine
française, allemande, espagnole, émigrés aux Etats-Unis, sont entièrement différents de la moyenne de leurs compatriotes. II n’y a pas à plaider le développement par changement de milieu, la même différence se trouve quant à la couleur. Les statistiques américaines attribuent aux combattants d’origine française 36.4 °/0 de cheveux blonds ou clairs, 70.7 d’yeux clairs, dont 44.3 d’yeux bleus. Je ne connais pas une région en France qui donne une pareille proportion de sujets clairs. De la manière la plus évidente, nous sommes en présence d’un groupe sélectionné, où prédomine H. Europæus. Ces moyennes de coloration répondent exactement à celles des Ecossais, mais n’ont absolument rien de français. De même pour les Espagnols. Les soldats d’origine espagnole ne comptent que 3.1 °/o de cheveux blonds ou clairs, mais en revanche 42.4 d’yeux clairs, dont 23.9 bleus. Si l’on songe que les Portugais, les Brésiliens, figurent comme appoint dans cette catégorie, et que le sang nègre existe presque toujours en quantité dans leurs veines, on verra combien les vrais Espagnols de l’armée du Nord étaient plus riches en sang aryen que ne le sont leurs frères d’Europe. D’après l’ouvrage précité de MM. Aranzadi et de lloyos la proportion des yeux bleus varierait de 17 % en Castille à 6 °/o en Asturies, et la moyenne de l’Espagne serait 10.3.
Il est très regrettable que nous n’ayons pas les indices céphaliques; les anthropologistes américains n’ont pris que des courbes, mais celles-ci indiquent en moyenne 2 centimètres de circonférence de plus ({ue sur les congénères européens des sujets mesurés. La courbe inio-sourciliôre, d’une longueur insolite, semble indiquer une dolichocéphalie supérieure aux moyennes européennes. Cet indice marque une fois de plus la direction dans laquelle s’est faite la sélection qui a poussé vers les Etats-Unis tant de millions d’émigrants eu-
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ropéens. L’élément européen est parti, l’élément alpin est resté.
Il serait très précieux d’avoir pour toutes les colonies de bonnes statistiques anthropométriques. En ce qui concerne les colonies françaises, nous savons déjà que les Canadiens se rattachent à VH. Europæus. Nos colons des Antilles et de la Réunion paraissent avoir la même origine. Dans toutes ces îles, la dolichocéphalie franche des créoles est la règle. Ils sont au point de vue crânien aussi éloignés des Français actuels que le Corse de l’Auvergnat. Les descendants de fonctionnaires récemment immigrés, ou de soldats, font exception, mais on en comprend la cause. Pour la couleur, la différence est moins évidente; la plupart des familles créoles de la Réunion avouent du sang nègre; aux Antilles, les dénégations des intéressés ne font souvent que confirmer les soupçons. Une très petite quantité de sang nègre suffît pour foncer les cheveux et les yeux. Beaucoup de créoles, plus peut-être que de Français, ont cependant des traces de blond dans la chevelure ou la barbe, et souvent leurs yeux sont bleus.
Pour l’Algérie, 234 Français nés dans la colonie ont donné une moyenne de 79.2. En excluant les sujets qui ne sont pas d’origine authentiquement et entièrement française, il reste ■174 sujets avec une moyenne de 80.9, inférieure de près de 4 unités à la moyenne de la France 83.57. L’indice des Italiens établis en Algérie est de plusieurs unités au-dessous de celui de l’Italie, et oscille autour de 78. Celui des Espagnols au contraire est inférieur d’une unité au plus à la moyenne de l’Espagne.
Les Espagnols ont colonisé les Canaries. M. Lajard {La Race Ibcre, B. de la Soc. d’ Anthropologie de Paris, 1892) a mesuré 50 crânes masculins de créoles canariens. Leur indice céphalique est de 74.5. Don F. Oloriz dans sa remarquable Distri-
bucion geografica del indice cefalico en Espana (Madrid, Moya, 1894) indique pour indice moyen de 95 crânes espagnols modernes 76.43, et pour indice de 8368 vivants 78.1. La population espagnole est d’une homogénéité remarquable : sujet le plus dolichocéphale 63.7, le plus brachycéphale 94,4 ; province la plus dolichocéphale, Alicante 76.5, la plus brachycéphale, Oviedo 80.3.
L’indice des Canariens est ainsi de deux unités au-dessous de celui des Espagnols. Cet affaiblissement ne provient pas d’un mélange avec les anciens indigènes, l’indice des crânes de ceux-ci, d’après les nombreuses mensurations de Verneau, est supérieur à 76. Les créoles de l’Amérique espagnole, exempts de sang indien, sont-ils plus dolichocéphales que les Espagnols d’Europe, je n’oserais l’avancer, le nombre d’observations dont je dispose étant très faible, mais la fréquence des cheveux clairs et des yeux presque bleus chez les purs descendants des conquistadores permet d’affirmer que ceux-ci possédaient plus de sang aryen que les Espagnols actuels.
De même pour les Portugais. M. Ferraz de Macedo a obtenu une moyenne de 75 sur 494 crânes portugais masculins. Les Açoriens, d’origine portugaise, ont d’après 20 crânes mesurés par M. Lajard 73.5 seulement.
Migrations intérieures. — La différence morphologique des .éléments stables et des éléments migrateurs n’est pas propre aux gens qui traversent les mers. On la retrouve entre ceux qui passent simplement d’une province à une autre et leurs compatriotes d’esprit casanier, demeurés au foyer natal.
Les premières constatations de cet ordre paraissent avoir été faites par les anthropologistes américains. Sur 1.104. 841 soldats et marins de l’Union, la taille moyenne observée a été de lm.73, supérieure de 0m.03 â celle des Anglais et des Ecos-
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sais d’Europe. Qette moyenne générale est aussi celle des Yankees de l’Est. Dans les états du centre, dont le noyau de population a été formé par une double sélection, c’est-à-dire par des Yankees émigrés il y a deux ou trois générations dans l’intérieur, la taille devient bien plus grande, elle dépasse la moyenne d’aucun pays civilisé : 1 m . 7 5 , et même lm.76 dans le Kentucky et le Tennessee.
M. Topinard (. Anthropologie générale , p. 451) a signalé ce phénomène, et le suivant, qui l’explique. « Les mêmes statistiques nous apportent une autre observation curieuse reposant aussi sur des nombres considérables. Les sujets américains enrôlés dans un Etat autre que celui dans lequel ils sont nés, et y ayant élu domicile depuis un temps plus ou moins long, sont, en moyenne, plus grands que ceux engagés dans l’Etat même où ils ont pris naissance... Quelle explication en donner ? Est-ce l’excitation produite par le changement de milieu, l’activité plus grande qu’exige la vie nouvelle que Témigrant ou sa famille se crée ainsi, dans la période du développement de la taille? Ou est-ce une sélection qui s’établit en faveur des mieux doués au physique, si toutefois la haute taille répond à une certaine supériorité pour le reste? Ne serait-ce pas plutôt la disposition au mouvement, l’un des caractères de la race blanche de haute taille, qui pousse les sujets grands à émigrer de préférence à ceüx de petite taille qui descendraient de la race celtique ou brune aux goûts sédentaires? Quoi qu’il en soit, le fait persiste. La distance du déplacement ne change rien au résultat. L’accroissement de la taille se produit aussi bien en passant de l’Ohio dans l’Indiana, deux Etats qui se touchent, qu’en allant des Etats de la Nouvelle- Angleterre ou de New-York dans le Far-West. »
L’observation est juste. 11 résulte du tableau dressé par M. I opinard que l’excès de taille des Américains migrateurs
sur les sédentaires varie, suivant l’âge, de 0m.(X)4 à 0m.009 pour les originaires de la Nouvelle-Angleterre et de 0m.007 à Om.0 1 6 pour ceux de l’Etat de New-York. On pourrait croire que M. Topinard, d’après la citation ci-dessus, va se décider pour l’interprétation sélectionniste. Il n’en est rien. Comme Durand de Gros, qui est passé si près de la vérité dans ses sagaces recherches, il se prononce pour l’interprétation variationniste, pour l’influence des milieux.
En calculant les indices cantonaux du département de l’Hérault, j’ai été de bonne heure frappé par la différence des moyennes obtenues, suivant que les individus étaient mesurés sur place ou non. Sans avoir de chiffres précis, j’ai commencé à enseigner dès 1886 que les éléments immigrés des départements voisins dans l’Hérault, ou d’une région de l’Hérault dans une autre, représentaient un élément sélectionné, plus riche en dolichocéphales, et d’un volume crânien sensiblement plus considérable. La série des observations n’étant pas clore, il ne m’est pas encore possible de donner des résultats défi iitifs, mais il est aisé d’en préjuger le sens d’après certains résultats partiels.
M. Closson, chargé de cours à l’Université de Chicago, a bien voulu calculer l’indice des originaires de départements méridionaux mesurés dans l’Hérault. Ces sujets sont malheureusement peu nombreux, parce que j’ai négligé la plupart des occasions de mesurer des hommes étrangers au département dont je préparais la monographie. Les résultats sont les suivants :
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