‹ Les Sels De Bismuth En SyphilitérapieChapitre 12 sur 42 · ACTION SUR LA SYPHILIS RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA SYPHILIS RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES

Nous limitons ce chapitre à Paction du bismuth sur les lésions syphilitiques (syphilis primaire, secondaire, tertiaire, viscérale et cutanée ; arséno et hydrargyro-résistances ; récidives, bismutho-résistances). Nous exposons successivement les résultats que nous ont donnés les sels solubles et insolubles. Nous rapportons, en outre, des observations de malades, traités exclusivement par les composés bismuthiques depuis 18 mois. | E

Les modifications de la courbe sérologiques seront envi-

sagés dans un autre chapitre.

1° Syphilis à la période du chancre a) avec l’éther de bismuth soluble

Obs. I. — C. Henri, 19 ans. Accident primitif de la verge, gros bubon inguinal B. W = +++. :

Reçoit 14 injections intra-musculaires d'E. B. à 0,40 chaque 4

jours.

Dos >

A la 2° injection l'érosion chancrelleuse ne suinte plus.

A la 3e injection, elle s'épidermise.

A’la 4e injection, cicatrisation complète. Noyau cartilagineux persistant ; le ganglion inguinal ne diminue pas.

A la 14e injection, tache rose à la place du chancre. Induration cartilagineuse peu appréciable. Le ganglion inguinal a diminué.

Dose totale : 5 gr. 60 d'E. B.

Obs. II. — H. Adelin, 37 ans. Accident primitif diphtéroïde de l'angle fréno-préputial droit. B. W. — 0.

Reçoit 12 injections I. M. d'E. B. à 0,40 tous les 4 jours.

A la 2e injection, l'accident primitif se rétrécit. Il garde sa couleur « chair musculaire » au centre.

A la 3e injection, ilest épidermisé.

A la 4° injection, il est complètement cicatrisé.

A la 12e injection, le siège du chancre est souple. Il persiste un ganglion inguinal droit du volume d’une petite noisette. Pas de roséole.

Dose totale : 4 gr. 80 d'E. B.

b) Avec la tartrobismuthate de K et de Na insoluble

Obs. III. — B. Albert, 44 ans. Accident primitif de la langue.

Reçoit 20 injections de T. B. S. P. espacées de 4 jours. A la 3° injection, épidermisation de la lésion. A la 5e injection, la cicatrisation est complète ; l'infiltration est réduite à un petit noyau cartilagineux.

A la 11e injection, le siège de l'accident primitif est souple ; l'adénopathie correspondante, toujours volumineuse. '

À la 20e injection, ganglions sous-maxillaires gauches ; pas de roséole, Dose totale : 4 gr.

pores

Rue Syphilis à la période de la roséole

a) Avec l’éther de bismuth soluble

Obs. IV. — F. 1355, 18 ans. Roséole ; accident primitif de la fourchette: Céphalée à paroxysmes nocturnes ; douleurs osseu-

ses, clavicule gauche. B. W. — +++.

La malade reçoit 12 injections d'E. B. soluble, espacées de 4 F* Jours.

À la 1'e injection, intensification de la roséole et de la cépha-

-lée. Le surlendemain, roséole plus pâle. Céphalée et douleurs

osseuses disparues.

A la 3e injection, la roséole persiste, atténuée. L'accident primitif de la fourchette s'épidermise. :

A la 4e injection, cicatrisation du chancre.

, Ala 6° injection, roséole disparue. L'accident primitif est le sise d’une tache érythémateuse non érosive. Les ganglions inguinaux persistent. F A la 8& injection, dans l’aine droite micropolyadénie ; un gan-

glion atteint cependant le volume d'une noisette. Les ganglions

__cervicaux sont petits. Tous les accidents cutanés sont effacés.

Dose totale : 4 gr. 80.

Obs. V. — K. 1353, 19 ans. Syphilides pustuleuses acnéiformes secondaires. B.:W. — +++.

La malade reçoit 9 injections d’'E. B. soluble espacées de 4 jours. J

A la 1° injection l'éruption s'éteint.

A la 2e injection, les pustules ont disparu ; les vestiges ont l'apparence de lichen scrofulosorum.

N133 injection, il ne persiste que les éléments folliculaires. Les lésion amygdaliennes sont cicatrisées.

A la 6e injection, les éléments folliculaires persistent tou-

jours. Les ganglions inguinaux et cervicaux ne diminuent pas.

a ol —

A la 9° injection, les éléments folliculaire laissent une cicatrice ponctiforme pigmentée.

Dose totale : 3 gr. 60.

b) Avec le T. B. S. P. insoluble

- Obs. VI. — F. 1085, 17 ans. Accident primitif de la fourchette ; roséole, syphilides amygdaliennes. B. W. = +++.

La malade reçoit 12 injections de T. B.:S. P. insoluble. A la 1° injection, la roséole s'intensifie et devient confluente ; elle s'éteint le surlendemain.

A la 5e injection, cicatrisation des lésions amygdaliennes. L’accident primitif est également cicatrisé.

À la 19e . tous les accidents ont disparu.

Dose totale: 2gr. 40. :

Obs. VII. — F. 1265, 23 ans. Syphilides érosives multiples périanales et vulvaires. Syphilides séborrhéïformes du cuir chevelu avec plaque d’alopécie peladique. B. W. = +++.

A la 1'° injection, aucune modification,

A la 2e injection, trépomènes très mobiles dans la sérosité des lésions vulvaires.

- À la 3 injection, épidermisation fragile et incomplète.

À la 4e injection, les lésions vulvaires sont asséchées ; la roséole est très effacée.

À la Ge injection, les syphilides érosives vulvaires sont épidermisées complètement ; 1l persiste à leur place une papule violacée très aplatie.

Dose totale : 1 gr. 80.

Obs. VIII. — F. 1299, 25 ans, syphilides psoriasiformes généralisées. B..W. — +++.

À la 2e injection, les éléments psoriasiformes s'aplatissent et pâlissent,

Alage injection, leurs squames se détachent facilement ; elles reposent sur des téguments souples non infiltrés. A la 6° injection, il persiste à leur place une macule cuivrée. Dose totale : 1 gr. 60.

En résumé, les composés bismuthiques ont une action rapide sur les lésions syphilitiques primaires et secondaires.

Dès la 2° injection, l’évolution vers la guérison est mani-

feste. À ce moment les syphilides suintantes commencent

à s’assécher. Elles sont épidérmisées vers la 4° injection et cicatrisées aux environs de la 6°. La roséole pâlit rapidement ; cependant, dans certains cas (Obs. IV et VI) on observe, après la première injection, une exagération de la teinte rosée qui s'accompagne d’une légère élévation de température (voir 2° partie, art. « Fièvre »). Sa durée est éphémère.

Les syphilides papuleuses ou papulo-squameuses gardent leur infiltration jusqu’à la 4° injection. Elles disparaissent vers la 6°, en laissant une macule pigmentée, très persistante.

Les syphilides pigmentaires ne sont pas influencées.

L’adénopathie primaire où secondaire est encore appréciable, à la palpation, après la 1'° série d’injections.

On retrouve le bubon principal légèrement diminué de volume.

Les phénomènes généraux, céphalée, courbature, douleurs ostéocopes, s’atténuent dès la 2° injection pour disparaître définitivement.

De l'analyse de ces observations, il ressort que les sels so:

lubles, injectés à des doses d’une teneur en bismuth propor-

tionnellement égale, paraissent nettement plus actifs que les sels insolubles. Leur action cicatrisante est manifeste le lendemain de la 1'° injection et totale aux environs de la 4° ; mais ils ont un pouvoir stomatigène très accentué, et leur administration doit être espacée dans une mesure telle qu'ils perdent le bénéfice de leur avantage.

3° Syphilis tertiaire a) Cutanée

Obs IX. — H. 1678, 63 ans. Glossite seléreuse superficielle, achilléens abolis ; pupilles irrégulières, réagissant normalement. Cicatrice ancienne de chancre. Ganglions inguinaux bilatéraux. Cicatrice, en coup de plomb, des deux jambes. BAANNE— LEE

Le malade ignorant sa syphilis vient consulter pour une folliculite de la barbe.

Il reçoit 7 injections d'E. B. soluble.

À la 2° injection, l’état de la langue est stationnaire.

A la 4e injection, ses fissures se cicatrisent.

À la 7° injection, la langue est guérie. Il persiste seulement des zones opalescentes de leucoplasie.

Le malade quitte le service pour ne plus revenir.

Obs. X. — F. 14, 16 ans. Gomme syphilitique de la face externe de la jambe droite avec nodules tuberculo-squameux à la périphérie de la lésion. Syphilis héréditaire probable. B. W.—0. La malade reçoit 10 injections dE. B. soluble.

A la 2° injection, le centre de la lésion est détergé ; les tubercules périphériques sont encore infiltrés.

A la 4° injection, la gomme se comble par la profondeur ; les syphilides tuberculeuses ne sont plus infiltrées.

A la 6° injection, réparation complète.

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Quelquefois les lésions gommeuses ou ulcéreuses de la période tertiaire,avant de se réparer,augmententde surface dans les jours qui suivent la première injection. Leur extension temporaire est une manifestation de la réaction d’Herxheimer. Nous en avons observé un cas typique chezune malade atteinte de syphilide ulcéro-croûteuse ostréacée de la face externe du bras gauche. Deux moulages, exécutés avant et après l'intervention médicamenteuse, ont fixé ces modifications. Ils figurent au musée de l'hôpital St-Louis, dans la collection de notre maître (moulages n° 3074 et 3075).

| b) Viscérale

Aortite. — De nombreux auteurs ont signalé les résultats favorables qu’ils ont obtenus, avec le bismuth, sur Îles lésions cardio-vasculaires d’origine syphilitique.

Fournier et Guénot ont publié l’observation d’un anévrisme de l’aorte ascendante avec saillie préthoracique. qui se-serait rapidememt affaissée après des injections de T. B. S. P. insoluble.

Laubry et F. Bordet ont traité la plupart des formes cliniques de l’aortique avec l’iodobismuthate de quinine (Aortites simples,ascendantes ou thoraciques postérieures,abdominales,

ectasiques, avecangine de poitrine ; aortites plus ou moins compliquées d'insuffisance cardiaque ou rénale ou d'hypertension très accusée). Chez les sujets vierges de toute thérapeutique antérieure, ces auteurs ont obtenu lPamendement des troubles fonctionnels que le degré d'ancienneté ou l’étendue des lésions ne permettait cependant pas d'espérer. L’action des sels de bismuth leur a paru presque aussi rapide que celle des arsénobenzènes à forte dose : « L'amélioration se se

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