TIRE
Ilest permis de se demander s’il n'existe pas une relation de cause à effet entre la formation de ces lésions et la putréfaction du contenu intestinal. Ducrey pense que la résorption de petites quantités d'hydrogène sulfuré, issues de la désintégration des matières albuminoïdes alimentaires, précipite le bismuth circulant dans les capillaires à l’état ‘* de sulfure noir. Cet auteur appuie encore son hypothèse sur des données expérimentales qui en fournissent la contreépreuve. En effet, au cours de recherches toxicologiques, Meyer et Steinfeld administrèrent à des chiens, soumis à des injections sous-cutanées de citrate de bismutb, des sels de métaux lourds capables de fixer l’hydrogène sulfuré de l'intestin. À l’autopsie de ces animaux, ils ne constatèrent plus les pigmentations et les ulcérations caractéristiques de l’intoxication bismuthique.
Le rôle de l’hydrogène sulfuré dans la formation des taches pigmentaires paraît ainsi nettement établi. La réaction bio-chimique qu’il détermine serait en tous points com-
parable à celle que l’on observe avec le mercure.
Ces considérations pathogéniques offrent un intérêt pratique. Elles révèlent une des propriétés importantes des sels de métaux lourds, fixateurs d'hydrogène sulfuré. D’autre part, elles s'appliquent directement à la prophylaxie et au traitement de la colite bismuthique. :
a) Prophylaxie. — On joindra aux injections intra-musculaires de bismuth, l’ingestion quotidienne d’un cachet de
sels de métaux lourds, Nous préconisons le carbonate où le
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S. N. de bismuth dont l'absorption par les muqueuses du tube digestif est négligeable. Il sera prescrit à la dose de 1 gramme pro die.
Nous rappelons à ce sujet que Milian administre, depuis longtemps, aux malades traités par les sels de mercure 1 gramme de carb. ou de S. N. de Bi. en cachet quotidien. Ce procédé thérapeutique prévient les accidents hydrargyriques si fréquemment observés : anorexie, diarrhée et même la stomatite (Voir III° partie. Assoc. Bi. Hg.).
b) Traitement curatif. # Suspension du traitement bis-
muthique ; antisepsie intestinale.
B) Générales
19 Céphalée
Elle apparaît insidieusement lorsque le traitement est déjà avancé; elle s'étend à toute la boîte cranienne sans localisation précise. Elle est continue, gravative, sans période d’exacerbation ; son intensité croît progressivement, d'injection en injection ; le liquide céphalo-rachidien est normal. - +
Ces caractères la différencient de la céphalée syphilitique. Celle-ci existe avant tout traitement ; elle est lancinante, presque toujours localisée à la région frontale, orbitaire on occipitale. Son intensité est inégale ; elle présente ües paroxysmes diurnes ou nocturnes avec insomnie. Elle est calmée par la médication. L’hyperlymphocytose du liquide céphalo-rachidien est la règle. Nous citerons encore, pour le diagnostic différentiel, les douleurs ostéocopes secon-
daires du crâne, confondues très fréquemment avec la cé-