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Ducrey rapporte 18 observations de déglobulisation, contrôlées par des examens hématologiques. Nous résumons l'une d’entre elles :
Obs. XXX. — G. A..., 17 ans, Syphilides hypertrophiques de l’anus,roséole, polyadénopathie généralisée. B.W.= +++.
Numération pratiquée avant le traitement :
Hémoglobine : normale; Globules rouges : 4.600.000; Globules blancs : 8.500. |
Du 17 février au 20 mars 1922, le malade reçoit 10 injections de 0.30 cgrs. de T. B. S. P. insoluble pratiquées tous les deux jours. Dose globale : 3 gr. en un mois environ:
A la 4° injection, diminution des manifestations syphilitiques.
A la 6° injection, liséré gingival ; apparition d'une tache pigmentaire des dimensions de un franc, siégeant sur la lèvre inférieure. Sans prodromes particuliers, éclate une symptomatologie de colite ulcéreuse aiguë avec douleurs spontanées des côlons, avec fèces mêlées à des mucosités, du sang, du pus, pas de fièvre. ER
A la 7e injection, examen hématologique :
Hémo : 85; Globules rouges : 3.000.000 ; Globules blancs : 9.000. |
Amaigrissement de 4 kg.
Ducrey attribue cette anémie à la toxicité des sels bismuthiques.
Le bismuth est-il capable de créer par lui-même une anémie toxique ? Nous avons voulu nous faire une opinion sur cette question. Sur les conseils de notre Maître,nous avons, avec la collaboration de M. Lelong, procédé à la numération des globules rouges en série, sur les malades traités dans le service. Nous nous excusons du faible nombre de
nos observations hématologiques. Il nous à fallu compter
CS
sur la fidélité et la soumission de la clientèle hospitalière et nous avons été sonvent déçus.
Avant d'exposer les résultats que nous avons constatés, nous rappelons un fait négatif important voir première partie (action du bismuth sur l’anémie syphilitique) le bismuth, correctement administré, guérit nettement l’anémie syphilitique. Cette première conclusion vient à l'encontre de l'opinion de Ducrey, généralement admise.
Sur les neuf malades que nous avons observés pendant leur traitement, quatre ont présenté une déglobulisation augmentant d'injection en injection. Cette anémie ne nous a pas paru avoir de caractère hématologique propre. En dehors de la diminution du taux de l’hémoglobine, nous n'avons relevé aucune modification essentielle : temps de saignement, temps de coagulation normaux ; pas de variation nette de la résistance globulaire. L'étude de la formule leucocytaire ne nous a pas révélé de modification constante.
Les cinq autres ont conservé une formule sanguine nor-
male malgré un traitement intense et prolongé.
CAS AVEC ANËMIE.
L'observation n° XX[X montre, après une amélioration évidente de l’anémie syphilitique, la chute du nombre des globules rouges à la 4° injection. Parallèlement une stomatite intense se déclare. Son début cadre exactement avec celui de lanémie ; l’une et l’autre se maintiennent au cours du traitement. Dès la suspension de la médication, la malade se reglobulise ; simultanément la pigmentation des muqueuses buccales s’efface; les ulcérations jugales se eicatrisent. En définitive, à une anémie passagère correspond une stomatite passagère.
CUT Re
Obs. XXXI. — F. 1423, 28 ans, roséole, syphilides érosives de la vulve et des amygdales. B. W. — +++.
16 janvier 1923, après la 14e injection d'E. B. soluble.
Hémo : 70; Globules rouges : 3.030.000 ; Globules blancs : 8.100, teint terreux, conjonctives décolorées, pâleur « bismuthique », amaigrissement, asthénie, stomatite avec taches pigmentaires ardoisées des bords de la langue et de la face interne des joues.
23 janvier 1923, 8 jours après la cessation du traitement, la stomatite s'améliore. Hémo : 70; Globules rouges : 3.174.000 ; Globules blanes ; 12.000.
29 janvier 1923, 14 jours après la cessation du traitement.
Hémo : 75; Globules rouges : 3.500.000 ; Globules blancs : 9.000.
Il ne persiste qu'un liseré gingival discret. Le nombre des globules rouges s’est élevé de près de 500.000.
Obs. XXXII. — H..., Salle St-Louis, lit n° 10. Syphilides papuleuses du gland. B. W. = +++.
Avant le traitement Hémo : 85; Globules rouges : 4.300.000 ; Globules blancs : &.300.
Après la 5° injection d'E. B. soluble.
Hémo : 70 ; Globules rouges : 2.950.000 ; Globules blancs : 7.800.
Pâleur contrastant avec l'amélioration des lésions totalement disparues. Stomatite avec ulcérations en regard des grosses
mollaires gauches.
En somme, stomatite et anémie concomitantes.
Obs. XXXIII. — J..., Salle St-Louis, lit n° 27, Dermatite polymorphe douloureuse,
2 décembre 1922, à la 26° injection de T, B. S.P. insoluble
Hémo : 70 ; Globules rouges : 2,970.000 ; Globules blancs : 12.000. }
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Résistance globulaire diminuée & ste te)
Le malade présente de la stomatite.
27 décembre 1922, à la 31e injection : S
Hémo : 70 ; Globules rouges : 2.900.000 ; Globules blanes : 7.800.
Hir= 68
Résistance globulaire diminuée 8 Ht-& 3,8
Après détartrage, amélioration de la stomatite. Le traitement »
est suspendu.
13 janvier 1923, la médication est interrompue depuis 20 jours environ. Hémo : 70 ; Globules rouges : 3.340.000 ; Globules blancs : 7.600.
La pigmentation des muqueuses de la bouche est presque disparue.
1er février 1923, 32 jours après la cessation du traitement. Hémo : 85; Globules rouges : 3,810.000 ; Globules blancs : 6.400.
13 février 1923, 45 jours après la cessation du traitement. Hémo : 85 à 90 ; Globules rouges : 4.037.000; Globules blancs : 6.000.
Plus de trace de pigmentation ; le nombre des globules rouges se rapproche de la normale, k
Dans cette observation encore, à une anémie intense correspond une stomatite intense. Elles disparaissent ensemble dès la cessa-
tion du traitement.