MATE
Hémo : 80; Globules rouges : 4.140.000; Globules blancs :
Résistance globulaire normale,
Le malade, n'a pas eu d'anémie. Notons en même temps qu'il n'a pas présenté de stomatite malgré la prolongation anormale du “traitement.
Obs. XKXV: 7 D:; salle St-Louis. Tabès avec ataxie et artropathie tabétique. Numération pratiquée après la 20° injection de T. B.S. P. insoluble.
Hémo : 80 ;. Globules rouges : 4.200.000 ; Globules blancs : 5.600. |
Résistance globulaire normale.
Le malade présente un liseré bismuthique très discret, localisé aux incisives inférieures médianes ; pas de stomatite, pas d'anémie.
Obs. XXXVI. — H. 1561, 60 ans. Chancre syphilitique en mai 1921, Neuro-récidive avec paralysie faciale en janvier 1922,
Le malade reçoit 28 injections de T.S. B. P. insoluble à . 0,20 eg. tous les 5 jours. Numération globulaire pratiquée à la
28e injection.
Hémo : 85 ; Globules rouges : 4.550.000 ; Globules blancs : 7.200. |
Etat général excellent ; Ziseré bitsmuthique très léger. Pas
— d'anémie.
Obs. XXXVII. - Salle St-Louis. Tabès avec ataxie,
Numération pratiquée après la 25° injection de T. B. S. P, insoluble,
Hémo : 80 à 90 ; Globules rouges : 4,720.000 ; Globules blancs : 7,200. —
Résistance globulaire normale,
Liséré ardoisé ; pas de stomatite, pas d'anémie.
D’après ces observations un premier ordre de faits nous paraît évident ; l’anémie et la stomatite se présentent en même temps et ont une évolution parallèle.
La déglobulisation est toujours constatée lorsque les muquêéuses de la bouche sont largement pigmentées. Elle augmente progressivement dans la mesure où l’on poursuit la médication stomatigène ; son intensité est proportionnée à l'intensité de la stomatite. Elle disparaît dès la suspension du traitement ; en même temps, les lésions buccales se cicatrisent et s’effacent. Stomatite et anémie sont conditionnées par les doses médicamenteuses et la fréquence des injections. Voilà une constatation indiscutable. Reste maintenant à approfondir la question de leur relation réciproque.
S'agit-il de deux complications différentes, à évolution parallèle mais autonome, que le bismuth provoquerait direetement et séparément ? Ou bien l'anémie, étroitement liée en fait à la stomatite, est-elle simplement un de ses symptômes, le bismuth intervenant comme cause indirecte ?
Nos observations ne nous ont pas permis de constater une anémie bismuthique isolée ; elle nous a paru coïncider, dans la majorité des cas,avec la stomatite, avoir une intensité proportionnelle à celle-ci et disparaître dans la mesure où en disparaissaient les symptômes. On peut concevoir qu’une stomatite assez intense puisse engendrer de ï’anémie. On sait déjà depuis longtemps que les lésions buccales provoquées par le mercure, s’'accompagnent d’une déglobulisation accentuée, confondue dans des signes généraux plus on moins graves : fièvre, abattement, prostration.
Leur pathogénie est complexe. On pense actuellement que
ET Éne
les Stomatites dites « médicamenteuses » sont des « spirilloses » dans lesquelles la toxicité propre du mercure et du bismuth jouerait un rôle de second plan (Milian, Achard). Cependant nous devons admettre, avec Milian, qu’il peut exister de l’anémie avec asthénie, anorexie, amaigrissement sans stomatite ; mais on l'observe dans des cas définis ; principalement lorsque le bismuth est administré à des doses excessives où en cure ambulatoire.
En définitive, à côté d’une anémie fréquente — qu’on nous permette ce néologisme — stomatitique, il existe une
anémie d’origine toxique, plus rare.
Ces considérations pathogéniques ont des déductions pratiques importantes. Elles imposent des directives prophy-
lactiques et thérapeutiques.
a) Prophylaxie. — Dans la plupart des cas, l’anémie à l’étiologie de la stomatite. Son apparition est conditionnée par les doses employées, la fréquence des injections, l’état de la bouche et les dents du malade. Il faut donc, d’une part, espacer judicieusement les injections, d'autre part, prévenir la stomatite. La déficience accentuée de la denture sera une contre-indication absolue à tout traitement
bismuthique quelles que soient les doses,
b) Traitement. — On suspendra les injections, on soignera la bouche. Il n’est qu’accessoire de joindre à ces prescriptions une médication symptomatique hématopoïétique.