LE TOUCHER EXISTE-T-IL CHEZ LES ÉPONGES
dont ces Animaux font leur nourriture. Ces organismes rudimentaires les enveloppent de leurs prolongements pseudopodiques ; ils changent de forme pour les englober et les digérer, aussi est-il impossible de ne pas admettre que ces changements, ces transformations sont la conséquence du contact qu'ils ont éprouvé.
Les Infusoires, les Protozoaires à cuticule touchent avec leurs cils les débris de toute nature qu'ils rencontrent dans leurs évolutions accidentelles ou voulues; ils promènent ces appendices à leur surface et semblent les palper. Nous pensons qu'il est possible d'attribuer à ces formations exoplastiques des fonctions plus spécialement sensitives, sans être autorisé à les considérer comme des appendices tactiles et encore moins à les décrire comme des organes.
SPONGIAIRES. — Les êtres qui constituent cette classe mènent une existence tellement passive, ont les fonctions de relation si rudimentaires que Ton s'est demandé pendant longtemps s'il fallait les classer parmi les végétaux ou les animaux. Aujourd'hui cette question n'est plus discutée, leur place est fixée, mais leur structure reste des plus simples et leurs tissus sont fort peu différenciés.
Les Eponges appartiennent au grand groupe des Métazoaires, mais leurs feuillets blastodermiques encombrés de spicules calcaires n'ont pas évolué et ces êtres sont considérés comme appartenant au degré le plus bas de l'animalité.
Quelques zoologistes se sont efforcés cependant, par
une étude attentive de leurs tissus, d'y distinguer les éléments anatomiques sensitifs ou nerveux qui chez les animaux supérieurs président aux fonctions de relation. Plusieurs sont arrivés à des résultats négatifs, mais deux d'entre eux, MM. Stewart et Lendenfeld paraissent avoir été plus heureux. M. Stewart a montré d'abord qu'il existait, à la surface du corps des Éponges du genre Grantia^ des saillies coniques qu'il désigne sous le nom de palpocils. Ces saillies s'élèvent partout sous forme de pignons à base élargie, mais elles sont surtout nombreuses dans le voisinage de l'embouchure des pores. Ces appendices sont régulièrement longs et épais et, pour Lendenfeld, qui a vérifié les résultats de Stewart, ils sont parfaitement visibles sur les coupes, mais il est impossible de les distinguer sur les animaux vivants. Ces prolongements sont sans doute revêtus d'une cellule épidermique recourbée et on trouve tout près de leur base plusieurs noyaux ovales entourés d'une enveloppe protoplasmique irrégulière de laquelle s'échappent de minces filaments qui se prolongent jusqu'à l'extrémité du palpocil.
Lendenfeld fait remarquer la grande ressemblance que ces formations offrent avec les groupes de cellules piriformes qu'il trouve chez les Éponges calcaires, tantôt dispersées à la surface du corps, tantôt groupées autour de l'ouverture des pores. Il nomme cts dernières des synocils (fig. 1). Ils représentent pour lui un degré plus élevé du développement des palpocils ordinaires munis -chacun d'une cellule sensitive. Plusieurs palpocils simples peuvent se souder et s'entourer d'une couche relativement puissante de sub-