SENSIBILITÉ TACTILE DES CORALLIAIRES 4I
Méduses, les Vellèles et les Beroés sont les représentants vulgaires de ce groupe, bien connus de ceux qui habitent les bords de la mer et qui s'intéressent un peu à ses habitants. On sait combien ces êtres sont sensibles au contact des corps extérieurs; cette faculté est générale, mais elle est surtout évidente et développée chez les formes à vie sédentaire comme les Polypes et les Coralliaires. Tous les naturalistes qui ont observé ces animaux dans les aquariums savent que, pour leur permettre de s'ouvrir, il faut éviter toutes les causes, même les plus légères d'excitation. Ce n'est que lorsque le calme est devenu complet que les Actinies à tentacules rétractiles étalent leurs bras aux couleurs brillantes et variées. Que de précaution ne faut-il pas aussi pour que le Corail ou les Alcyonnaires en général se décident à montrer les habitants de leurs colonies. Lorsque l'eau dans laquelle ces Coralliaires sont plongés offre le calme et la pureté nécessaires, on voit quelques individus ouvrir leur corolle si délicatement découpée; les Polypes voisins ne tardent pas à imiter ce mouvement et la colonie tout entière finit par s'étaler. Ces observations seraient déjà suffisantes pour nous montrer combien ces êtres possèdent une sensibilité générale développée. Le plus léger contact, une agitation insolite dans le milieu ambiant causent immédiatement un résultat inverse; l'Actinie rapproche brusquement ses bras, le Vérétille rétracté devient complètement méconnaissable. Les Polypoméduses, les Cténophores offrent des phénomènes semblables, mais moins observés à cause de la grande difficulté qu'offre la conservation de ces animaux. Comment devons-nous considérer cette sensibilité si
délicate? Faut-il y voir la manifestation de l'existence d'organes du toucher très sensibles, ou bien est-il préférable d'admettre une sensibilité diffuse, non encore localisée dans certains tissus?
Bien que chez les Cœlentérés le sens du tact paraisse s'exercer par toute la surface ectodermique, il n'en est pas moins vrai que les tentacules sont surtout affectés à cette fonction. Il suffit d'examiner un de ces animaux calme et complètement étalé pour voir qu'il dresse et balance ces appendices de manière à multiplier les points de contact. Si un corps étranger vient à tomber au milieu d'eux, on voit que ceux qui sont touchés se contractent les premiers; le mouvement se transmet ensuite aux voisins et finit en devenant général par entraîner la rétraction de toute la couronne tentaculaire. Nous pouvons donc supposer, par les faits que nous révèle l'observation directe de ces animaux, que le sens du toucher doit surtout s'exercer chez eux par l'intermédiaire des tentacules.
Nous savons que les Cœlentérés sont essentiellement constitués par deux feuillets blastodermiques entre lesquels une cavité générale et un appareil circulatoire ne prennent jamais naissance. Les données de l'embryogénie générale nous apprennent que chez les animaux supérieurs, le feuillet interne préside à l'édification des organes de la vie de nutrition, tandis que le systèrne nerveux et les organes des sens dérivent du feuillet cutané. Nous devons donc chercher dans l'épaisseur de l'ectoderme les éléments anatomiques qui sont chargés de percevoir les modifications du milieu ambiant. L'analyse de cette couche cellulaire externe nous permet d'y