TROMPE DE LA BONELLIE
que nous nous trouvons sans doute en présence d'un organe tactile fort délicat. — La trompe de la Bonellie aussi bien que celle du Thalassème est recouverte sur toute sa longueur par un épithélium à cellules cylindriques vibratiles qui peuvent être tantôt relativement assez larges, d'autres fois au contraire fort étroites et prendre alors l'aspect de simples bâtonnets. Ces éléments sont munis de prolongements basilaires simples ou ramifiés qui pénètrent dans l'épaisseur de Torgane et rencontrent souvent des cellules assez mal caractérisées comme celles de beaucoup d'Invertébrés, mais que leurs relations avec les nerfs permettent de considérer comme des éléments nerveux. Cette structure est surtout évidente au niveau du bord antérieur des cornes de la trompe de la Bonellie, là où M. de Lacaze-Duthiers a signalé l'existence de nombreux filets nerveux
On voit par les lignes précédentes combien cet organe est richement innervé et combien sont intimes les relations que les extrémités nerveuses présentent avec les pieds des cellules épithéliales. Aussi croyons-nous que l'on peut à bon droit considérer le lobe céphalique de ces Géphyriens comme un organe du toucher dans le véritable sens du mot; nous ajouterons même que, si on peut douter du rôle que Tépithélium de cet appendice joue comme organe du goût, il n'existe cependant aucune preuve que cette fonction ne puisse lui être attribuée. Enfin la structure que nous venons de décrire nous semble encore intéressante à un autre point de vue. Elle nous montre qu'ici les cellules à cils vibratiles peuvent être en relation directe avec des fibres nerveuses : ce fait nous paraît intéressant parce qu'il justifie l'hypothèse
que nous avons émise sur le rôle sensitif probable de l'épithélium à cils vibratiles des planaires.
Annélides. — Terminaisons nerveuses des téguments généraîix, — Le premier groupe que nous rencontrons dans cette classe, celui des Sangsues, ne nous paraît pas bien doué au point de vue des fonctions tactiles. Si l'existence d'une sensibilité générale n'est pas douteuse, elle paraît aussi plus obtuse que chez les animaux de la même classe et les anatomistes n'ont pas encore réussi à démontrer l'existence des éléments spéciaux qui servent à l'accomplissement de cette fonction. Les organes cupuliformes décrits par Leydig comme. siégeant dans la région céphalique ne paraissent pas remplir les conditions favorables à l'exercice du toucher, tandis qu'au contraire ils rappellent fort les corps cyathiformes des Poissons qui, pour nous, correspondent sans doute à des organes du goût; aussi renverrons-nous Tétude de ces formations à un autre chapitre.
Les organes tactiles des Lombriciens sont également mal connus. Malgré les recherches multiples dont cts animaux ont été l'objet et les manifestations non douteuses qu'ils fournissent de leur sensibilité tactile, on n'a pas encore pu découvrir dans leurs téguments les extrémités nerveuses qui servent à ces perceptions.
On est plus avancé au sujet des Annélides polychètes et aujourd'hui on peut décrire non seulement la forme, mais aussi la structure des appendices tactiles de ces Vers. Parmi les organes qu'il est permis de considérer, comme capables de remplir les fonctions du toucher, les uns dépendent du segment céphalique, les autres sont des' modifications des parapodes, enfin on peut encore trou-