STRUCTURE DES POILS SENSITIFS IO
transporter souvent des étages supérieurs aux étages inférieurs de leurs nids.
La sensibilité générale des Insectes semble aussi caractérisée par quelques particularités. Forel fait remarquer que ces animaux sont en somme fort petits et aussi très légers. La surface de leur corps est aussi raide et dure, de sorte qu'un attouchement ou un souffle a moins pour résultat de comprimer une portion localisée de la peau que de donner à Tlnsecte entier une secousse qui le déplace. On peut en conclure que le sens musculaire doit être chez eux fort développé et qu'ils sont capables de distinguer la nature des différentes sortes d'ébranlement par lesquels ils sont secoués.
Enfin le même observateur fait rentrer dans le groupe des variétés de la sensibilité tactile, des sensations encore mal spécifiées, comme les perceptions dermatoptiques, et les perceptions d'odeurs fortes ou corrosives par les terminaisons nerveuses les plus diverses.
Les appendices divers que les Insectes possèdent sont plus aptes que la surface générale de leurs téguments à percevoir les contacts. Cest ainsi que les antennes qui sont les organes spéciaux de l'odorat sont aussi le siège d'un sens tactile très développé ; la même fonction est également développée au niveau des palpes, des trochanters, des tarses et des appendices qui garnissent quelquefois l'extrémité postérieure de l'abdomen.
Tous ces organes sont garnis de poils chitineux qui sont considérés depuis longtemps, comme les appareils nerveux terminaux du sens du toucher. Plusieurs auteurs se sont occupés de leur anatomie et aujourd'hui leur structure est bien connue. Leydig a démontré pour la
première fois que les poils des téguments de la larve de la Corethra sont en rapport avec une fibre nerveuse. Depuis lors, Hensen, Landois, Jobert, Hauser, Kùnckel et Gazaniaire, et enfin Viallanes ont étudié successivement ces poils sensitifs (fig. lo et 1 1). C'est surtout à ce dernier auteur que nous empruntons les faits exposés dans les lignes suivantes.
FiG. lo. — Poils tactiles du palpe maxillaire du Grylloiatpa vulgaris. — », Renflements nerveux fusiformes. — *, Cellules de l'hypoderme. — c. Couche de chitine avec base d'implantation des poils.— ^. Poils tactiles. (D'après Jobert).
On trouve à la surface de la peau des Insectes des poils de deux sortes. Les uns, situés dans les intervalles des dessins polygonaux cuticulaires qui correspondent à tout autant de cellules hypodermiques, sont de simples ornements n'ayant aucun rôle dans la perception des sensations; les autres correspondant à un de ces dessins sont de véritables appareils tactiles terminaux, ils portent le nom de poils sensitifs.