SENSIBILITE TACTILE DES INSECTES I
ganglion sous-oesophagien, leur innervation est semblable à celle des organes antennaires. On voit que nous sommes fort pauvres en observations sur le sens du toucher chez les Myriapodes. Les études anatomiques que nous venons de résumer nous font connaître des faits sans doute importants, mais ils ne nous* apprennent rien de précis sur les fonctions réelles de ces petits appareils terminaux.
Insectes. — De tous les Arthropodes, ceux qui sont contenus dans cette classe sont certainement les mieux connus; aussi nous sera-t-il facile d'exposer les faits qui démontrent l'existence de cette sensibilité grossière que Ton peut considérer comme la plus élémentaire de toutes et qui est désignée sous le nom de sens du toucher. Nous suivrons l'ordre que nous avons toujours adopté dans les différents paragraphes de ce chapitre, c'est-àdire que nous étudierons d'abord la sensibilité tactile non spécialisée celle qui n*est pas localisée dans des organes particuliers, et ensuite les appendices mobiles à l'aide desquels l'Insecte s'efforce d'apprécier quelques qualités des corps avec lesquels il entre en contact.
Tous les animaux de cette classe perçoivent la présence des corps qui les touchent par toute la surface de leurs téguments. Mais on doit reconnaître que cette sensibilité cutanée ne saurait être la même chez les Coléoptères revêtus d'une forte carapace rigide et chez ceux des autres ordres dont la peau est plus fine. Nous empruntons encore la plupart des données qui suivent au mémoire de Forel dont nous avons déjà cité un passage : cet auteur fait remarquer que ce sens est distribué irrégulièrement à la surface de la peau. Certaines parties
comme les ailes, les élytres paraissent en grande partie insensibles. C'est ainsi que Ton peut couper, vers le milieu, les ailes d'une Guêpe sans qu'elle s'en aperçoive. Plus loin le même naturaliste dit encore : « Les sensations de douleur sont bien difficiles à distinguer chez ces animaux* de celles du toucher. Ils donnent cependant des signes non équivoques de malaise surtout lorsqu'on pince leurs antennes ou lorsque certaines substances corfosives ou certaines odeurs fortes viennent maltraiter leurs terminaisons nerveuses. On observe la même chose lorsqu'une substance amère a été mêlée à leurs aliments. Mais en somme je crois qu'on peut dire que la douleur est moins bien développée chez les Insectes que chez les Vertébrés à sang chaud. Sans cela on ne verrait ni une Fourmi, à laquelle on vient de couper l'abdomen ou les antennes segorger de miel, ni un Bourdon auquel on vient de couper les antennes et tout le devant de la tête, aller butiner dans les fleurs, ni une Araignée à croix dont on vient de casser la patte se repaître immédiatement de cette propre patte, ni enfin une Chenille blessée à l'anus, se dévorer elle-même en commençant par derrière^ comme je l'ai observé plus d'une fois. »
Forel fait aussi observer que cette variété du sens du toucher qui est désignée chez nous sous le nom' de sens de la température, paraît aussi exister chez les animaux qui nous occupent. Cette notion est utilisée par les Fourmis pour l'élevage des larves et des nymphes qui ont besoin d'une chaleur douce et égale. C'est pour cela que l'on voit les ouvrières les déménager constamment suivant les heures du jour et suivant les saisons et les