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STRUCTURE DES POILS SENSITIFS II

II est un point sur lequel nous avons déjà insisté à propos des Vers et sur lequel on nous permettra de nous arrêter encore un instant en terminant ce paragraphe. En décrivant, sous le nom d organes du toucher, les appendices précédents, nous ne voulons pas dire que les sensations qu'ils perçoivent sont identiques à celles que nous qualifions chez nous par l'expression générique de sensations tactiles ; il est fort probable et il est même certain qu'à l'aide de la fonction tactile les Insectes perçoivent certaines qualités des corps que nous connaissons par l'intermédiaire d autres sens, et que même ils peuvent acquérir ainsi sur la nature des corps qui les entourent, certaines données spéciales utiles à leur existence et dont la nature nous échappe complètement. Il n'est donc pas douteux pour nous que les terminaisons nerveuses décrites dans le paragraphe précédent ou leurs similaires doivent servir non seulement à la sensation des contacts, mais aussi à la perception de certaines modifications d'ordre chimique qui sont qualifiées par nous de sensations olfactives ou gustatives. Nous allons voir en effet lorsque nous étudierons l'odorat chez lesmêmes animaux qu'il est impossible de trouver dans les organes qui servent à l'exercice de cette fonction des appareils bien différents de ceux dont nous venons d'exposer la structure. Ces faits ne doivent pas nous surprendre, ils confirment simplement l'opinion que nous avons soutenue dans un des premier^ chapitres de ce livre, sur les relations intimes qui chez tous les Invertébrés unissent les sens du toucher, du goût et de l'olfiiction. On sait d'ailleurs que les anatomistes ne sauraient distinguer parmi les poils sensitifs des Arthropodes, ceux qui

E. JouRDAN, Les Sens 8

servent au toucher, de ceux qui servent à l'odorat, au goût et même à Touïe. Ces terminaisons nerveuses offrent entre elles toutes les transitions.

MOLLUSQUES. — Ces Invertébrés sont caractérisés par des téguments si délicats qu'il est permis de supposer que leurs fonctions tactiles doivent s'exercer dans des conditions absolument différentes de celles que nous avons rencontrées chez les Arthropodes. Leur peau, au lieu d'être protégée par une carapace dure et rigide, est ici molle et couverte de mucus : aussi la plupart de ces animaux sécrètent-ils une coquille dans laquelle ils peuvent s'abriter. Ceux qui sont dépourvus de ce moyen de protection émettent, lorsqu'on les excite, du mucus en telle abondance qu'ils se recouvrent ainsi d'une véritable couche qui les abrite des contacts trop brusques et des attaques de leurs voisins. 11 est bien difficile de distinguer, chez la plupart des Mollusques, des appendices que Ton puisse considérer comme spécialement tactiles. Sans doute, les bords du manteau des Lamellibranches, les tentacules des Gastéropodes manifestent une sensibilité plus grande que celle du reste des téguments, mais ni les uns ni les autres ne sauraient mériter le nom d'organes du toucher suivant la signification que Ton donne habituellement à ce terme chez les animaux supérieurs. La faculté de percevoir les contacts est, en effet, répandue partout chez ces animaux et l'étude des organes servant à cette perception se confond avec la connaissance de la structure intime des téguments.

Lamellibranches. — Tous les Mollusques compris

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