PERCEPTIONS LUMINEUSES SANS YEU X
capables de fausser ses résultais. Les causes d*erreurs peuvent provenir d'une température plus élevée dans la région fortement éclairée ou bien de certaines particularités dépendant du mode d'existence de ces Arthropodes. Ces êtres ont une grande tendance à s'enfoncer dans les moindres fissures; dételle sorte que, si Ton place plusieurs lames de verre au fond d'un cristallisoir renfermant des Cryptops, on voit ces petits animaux, qui courent d'abord dans toutes les directions, s'insinuer au-dessous des cts corps transparents et ne rester tranquilles que lorsqu'ils s'y sont logés en totalité ou en partie. Une autre cause d'erreur peut dépendre du besoin d'humidité très développé chez ces Arthropodes, et qui fait qu'il suffit de placer au fond d'une boîte un fragment de papier humide pour voir ces petits êtres s'y appliquer.
En ayant soin de se mettre à l'abri de ces influences et en variant ses méthodes d'observation dans le détail desquelles nous ne croyons pas devoir entrer. Plateau a vu que les Myriapodes aveugles, aussi bien que ceux possédant des yeux, s'arrêtent de préférence dans les régions obscures. 11 en conclut que les Myriapodes aveugles perçoivent la lumière du jour et savent choisir entre la lumière et l'obscurité.
Cet observateur a remarqué de plus qu'il faut un temps assez long pour que ces animaux s'aperçoivent qu'ils ont passé d'une obscurité relative ou complète à la lumière et que la durée de la période latente n'est pas plus grande chez les Myriapodes aveugles que chez les Myriapodes munis d'yeux.
Il résulte de cette lenteur de perception que les Myria-
podes aveugles, quoique sensibles à la lumière, peuvent traverser des espaces sombres, mais de peu d étendue, sans s'en apercevoir et ne savent plus les retrouver lorsqu'ils en ont dépassé les limites.
Les observations de Plateau et de ses prédécesseurs démontrent donc que certains animaux perçoivent la lumière bien qu'ils soient dépourvus de toute trace d appareil visuel.
Ces résultats sont bien faits pour étonner ceux qui sont peu au courant de la physiologie des animaux inférieurs et on pourrait être tenté de leur attribuer plus d'importance qu'ils n'en ont en réalité. 11 ne faudrait pas croire en effet que les sensations perçues par les téguments fournissent aux centres nerveux de ces êtres autre chose que des notions d'intensité lumineuse. Ces sensations dermatoptiques ont été comparées assez heureusement à celles que nous éprouvons lorsque les yeux fermés, nous nous tournons alternativement vers une région éclairée ou vers un point obscur. Nous distinguons ainsi l'obscurité et la lumière, mais les nuances délicates et les objets nous échappent complètement.
Nous avons pensé qu'il était bon de réunir au début de ce chapitre ces faits curieux, parce qu'ils sont la première indication de la faculté de percevoir les rayons lumineux et aussi parce qu'ils occupent une place à part parmi les phénomènes dépendant des sensations visuelles.
Mais à mesure que nous nous élevons dans la série animale nous ne tardons pas à voir une région des téguments se spécialiser en vue de cette fonction et des appareils particuliers adaptés à ce rôle se montrer avec