LES YEUX DES ANNELIDES, LEUR SITUATION
Le genre Polyopbtbalmus est bien connu par cette particularité anatomique. Ces yeux sont tantôt fort volumineux et saillants comme dans le genre Alciope, tantôt très réduits et situés dans l'épaisseur des téguments comme chez les Euniciens. Dans ce dernier cas, il n'existe pas de nerf optique, Tœil est comme enchâssé, de chaque côté, dans une dépression du cerveau et ses éléments sont en rapport immédiat avec les cellules nerveuses.
Si on s'en rapporte aux recherches de Tauteur qui a le mieux étudié ces appareils visuels et qui les a examinés chez le plus grand nombre de types, à Graber, on voit que les yeux des Vers annelés diffèrent peu les uns des autres par leur structure intime et qu'il est permis de les rattacher à deux formes principales suivant qu'ils possèdent un cristallin ou qu'ils en sont dépourvus.
Nous décrirons d'abord l'œil tel qu'il existe dans les cas où il est muni de toutes ses parties essentielles, c'est-à-dire lorsqu'il possède un cristallin ; il nous sera ensuite bien facile d'indiquer les modifications qu'il offre dans les autres formes. Nous prendrons pour type de cette description l'appareil visuel des espèces du genre Eunice: ces Vers sont, en effet, plus faciles à se procurer que les Alciopiens et on pourra plus aisément vérifier les détails qui sont consignés dans les lignes suivantes.
L'œil présente dans son ensemble une forme parfaitement sphérique chez YEunice iorquata, tandis qu'il prend, chez YEunice Harassii, l'aspect d'un tronc de cône ou d'une pyramide irrégulière à arêtes mousses. Ces yeux sont en contact immédiat avec le cerveau, ils
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ne possèdent rien de semblable à une sclérotique, et ils ne sont visibles à l'extérieur que grâce à une légère saillie des téguments; la cuticule à leur niveau n'offre aucune modification apparente qui permette de lui donner le nom de cornée ; elle ne s'amincit même pas et présente une épaisseur toujours égale. Au-dessous de cette cornée cuticulaire on ne note rien de semblable à un iris, elle est en contact sur ses bords avec les cellules de rhypoderme, tandis que, au niveau de son centre, elle touche le cristallin.
Les milieux réfringents de Tœil comprennent un cristallin occupant le centre et la région antérieure de l'appareil visuel et un corps vitré lui formant une sorte de calice qui ne manque que dans le point où le cristallin est en contact avec la cuticule. Graber a pensé que le cristallin était une dépendance de cette membrane; on pourrait, en effet, le considérer comme une sorte de bourgeonnement sous-cuticulaire (fig. 35). Une étude attentive des coupes en série laisse distinguer à la limite du corps vitré et du cristallin la section d'une membrane qui constitue à la lentille cristallinienne une sorte de coque. Cette enveloppe est seule en continuité directe avec la cuticule; le corps du cristallin qui y est renfermé pourrait alors être assimilé à une masse visqueuse indépendante de la cuticule et extérieure à elle.
La capsule du cristallin est entourée d'une couche formée de bâtonnets hyalins juxtaposés et qui n'est autre que le corps vitré. Ces bâtonnets réfringents sont disposés en palissade les uns à côté des autres, et leurs limites sont faciles à apercevoir à cause de leurs contours fortement colorés par les réactifs. Ces bâtonnets sont