LES OCELLES
4( 3** Si l'on supprime l'usage des ocelles frontaux seuls, en laissant les yeux composés intacts, les Insectes diurnes ailés semblent ne pas s'apercevoir qu'on les a privés de certains organes sensoriels et paraissent se comporter entièrement comme des individus normaux.
« 4** Chez les Insectes diurnes munis d'yeux composés, les yeux simples sont d'une utilité à peu près nulle et, dans tous les cas, ne permettent à ces Animaux que des perceptions très faibles dont ils ne savent pas se servir. »
Les conclusions que le même auteur considère comme des hypothèses plausibles déjà appuyées sur un certain nombre de fôits sont :
« 1° Les Insectes diurnes chez lesquels on a supprimé l'usage de tous les yeux auraient encore des perceptions dermatoptiques.
« 2"* Ils seraient à peu près réduits à ces mêmes perceptions lorsqu'ils n'ont plus à leur disposition que les ocelles frontaux.
« y Les perceptions dermatoptiques seraient la cause première du vol ascendant chez les Insectes aveuglés lâchés à lair libre.
« 4^ Les ocelles frontaux ne serviraient ni à la perception des mouvements des objets rapprochés, ni à la perception de la lumière dans des milieux relativement obscurs.
« 5° Les yeux simples qui, ainsi que je l'ai montré, fonctionnent d'une façon déjà imparfaite chez la plupart des Myriapodes, chez beaucoup d'Arachnides et et chez les Chenilles, auraient perdu tout usage, chez
la grande majorité, des Insectes munis d'yeux composés. »
Les ocelles des Chenilles ont fait aussi l'objet des observations de Plateau et ces recherches Tont conduit à un résultat curieux. Ces larves lui ont paru capables, non seulement de distinguer la lumière de Tobscurité, mais même de voir les objets dans le véritable sens du mot. Cette vue est naturellement fort courte, elle ne dépasse pas un centimètre ; au delà, les Chenilles perçoivent de grandes masses, mais elles n'en distinguent pas la nature. Le sens visuel est aidé chez elles par un toucher des plus délicats dû à l'existence de poils, quelquefois fort longs, qui garnissent toute la surface de leur corps.
On voit par les lignes précédentes que nous possédons aujourd'hui des notions bien précises sur les facultés visuelles de la plupart des Arthropodes à vie aérienne. 11 n'en est pas de mêrne des autres Invertébrés. Nous n'avons à leur sujet que des notions vagues, fondées uniquement sur des études anatomiques et non sur l'observation directe.