‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 117 sur 146 · II. — Coiupoi^ition de siinilaritcs · texte numérisé non relu

II. — Coiupoi^ition de siinilaritcs

Augmentation du nombre des points de ressemblance. — Association du langage et du sujet du récit.

La multiplication des points de ressemblance assure le souvenir d'un objet passé, il n'y a pas lieu d'en douter. C'est un effet du principe que nous avons constaté dans le cours de la discussion de la loi de similarité, que plus la ressemblance est grande, plus sont nombreux les points de ressemblance, et aussi plus sûr est le souvenir. Si je rencontre une personne qui ressemble beaucoup à une autre que j'ai déjà connue, il est bien plus probable que je me rappellerai cette dernière personne, si à la ressemblance du visage vient s'ajouter encore celle du costume, du langage et de l'allure, ou encore de certains détails extrinsèques, tel qu'une de ses occupations, ou son histoire. L'accroissement de la ressemblance extensivement, c'est-à-dire par des rapports externes, a la même force que l'accroissement de la ressemblance intensivement, pour assurer la restauration d'un état passé. On peut contester que quatre liens faibles d'association par contiguïté soient équivalents à un fort, mais ce serait nier les résultats de l'expérience tout entière des effets de la similarité, que de contester l'utilité

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d'iuigmentor le nombre des ressemblances faibles, quand il n'en est aucune qui puisse à elle seule effectuer la remémoration. En même temps nous devons admettre que l'augmentation de l'intensité d'un point de ressemblance accroît davantage les chances de la restauration que ne pourrait le faire l'addition de nouvelles ressemblances faibles. Nous faisons plus en portant un seul point à un degré voisin de l'identité, qu'en semant sur l'image qui nous est présentée plusieurs ressemblances faibles. Mais il ne nous est pas toujours donné d'agir ainsi, et nous sommes bien heureux que, lorsque la similarité sur un point est trop faible pour suggérer le passé, l'existence de plusieurs ressemblances faibles fasse l'office d'une seule qui soit plus puissante.

A ce point de vue, on pourrait passer en revue les effets des similarités composées dans tous les genres d'exemples que nous avons examinés dans le chapitre précédent. Dans toutes les conjonctions très-compliquées, comme par exemple un paysage, il peut y avoir de nombreuses ressemblances impuissantes isolément, mais capables par leur concou de suggérer une scène analogue. Nous sommes donc obligés, quand nous voulons restaurer les choses qui se ressemblent, de faire comme pour la contiguïté, c'est-à-dire d'aller en quête de nouveaux traits pour accroître la somme des ressemblances, et par là la force avec laquelle le présent évoque l'absent. Si je veux me rappeler une situation analogue à notre état politique actuel, à supposer qu'il y en ait une, et que je l'aie autrefois imprimée dans mon esprit, il peut m'arriver d'échouer, faute d'une seule ressemblance saillante qui soit l'instrument efficace de la restauration; il faut donc que je repasse dans mon esprit les plus petits détails du présent, afin de renforcer l'attention de la similitude pour la situation analogue que j'ai oubliée.

La combinaison dont nous avons parlé à la fin de la section précédente, à savoir celle du langage avec le sujet dans une remémoration mixte, favorise la production de la similarité composée. Si un orateur a à traiter un point spécial, la conduite d'un individu par exemple, qu'il désire dénoncer par une ressemblance saisissante, il peut appuj-er son invention de quelque similarité dans les phrases qui servent à décrire l'événement, aussi bien que dans les incidents. Quelqu'un qui aura lu il y a

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